‹ Histoire des ArabesChapitre 41 sur 88 · DE LA PHILOSOPHIE CREZ LES ARABES · texte numérisé non relu

DE LA PHILOSOPHIE CREZ LES ARABES

la philosophie cette forme systématique qui lui a été conervée par leurs successeurs. Ebn-Bajah (Avenpace), Athir- Iddin-Alabhar, Ali-al-Khowenji, Abou-Roschd (Averroès), .boul-Salat et principalement Nassir-Eddin de Thous, suivient leurs traces et pénétrèrent plus tard dans les écoles de Occident. Il ne faudrait pas croire pourtant que les Arabes 3 bornèrent à commenter Aristote ; ils connaissaient le Phéon, le Cratyle de Platon, et particulièrement son grand ourage sur les lois; ils possédaient plusieurs livres attribués à ythagore, et attachaient la plushaute valeur à ses préceptes. - Ils citent, parmi les anciens, Orphée même et Homère ont les poésies étaient empreintes d’une philosophie divine , îs sept sages, Empédocle et Anaxagore, Iléraclite et Démorite, les éléates, Socrate et ses disciples, Euclide, Antisthène, iogène le Cynique, Aristippe, Épicure et les stoïciens; ils nt des notions très-exactes sur ce qu’ils appellent la seonde partie de l’histoire de la philosophie, pour tout ce ui concerne les continuateurs , les commentateurs d’Aris- )te et l’école d’Alexandrie , et ils affectionnent partiulièrement Thémistius , Alexandre Aphrodisias , Ammoius et Porphyre ; Plotin et Proclus jouissent de la plus aute faveur auprès d’eux; les propositions d’Apollonius de hyane, de Plutarchus, de Valentinien, leur sont familières; a voit qu’ils jugent les anciens d’après les idées néoplamiciennes et néopythagoriennes, et ils forment évidemîent la chaîne qui joint l’ancienne philosophie à la scolasque. C’est ainsi que la dispute qui a duré des siècles entiers ître les nominalistes et les réalistes séparait déjà les écoles dentales; les Arabes avaient leurs réalistes, leurs nomialistes, leurs conceptualistes, ou, comme ils les appeient, motazélitesbashriens, motazélites de Bagdad et philo- •phes. Les doctrines d’Albert le Grand pourraient être avec ison revendiquées par les Arabes dont l’influence s’est it sentir jusque sur les mystiques du moyen âge comme int BonaventureL

l. Jourdain, Essai sur les traductions] d’Aristote. Eugoge, i. e.. Breve inii'Ociorium arabicum in scienliam logices , etc., Rome, 1625 ; Synopsis prositorum sœpientiæ arabum philosophorum inscripta spéculum mundiim ressentons, d’Abraham Ecchellensis, Paris, 1641 ; Tabula Cebetis, Lugd. BataV.,

JLcs motazélltes. les motakhallims , les mystiques, etc,

Il ne faut pas supposer, d’un autre côté, que les philosophe i proprement dits, qui faisaient abstraction de la religion, vé4 ritables précurseurs de Locke et de Wolf, constituassent um école distincte et généralement acceptée. Ils avaient de re-j doutables antagonistes. Les motazélites plaçaient les exi-j gences de la raison au-dessus de la foi , tout en cherchant i\ les accorder. Les motakliallims considéraient au contrainj les dogmes de la religion comme les bases du raisonne-) ment; les mystiques enfin ou soufis, rejetant tout raison nement comme conduisant à l’erreur, se laissaient guideij par les seules inspirations de la foi. î|.

C’est à cette dernière école qu’appartenait Al-Gazzalj (Abou-Hamed-Mohammed fils de Mohammed), né en 1 058j à Thous, où son père faisait le commerce de fil de cotonj (Gazzal) ; après avoir étudié à Djordjan et à Nischabour, iil fut appelé à une chaire de théologie à 'Bagdad et professa avec le plus grand succès ; plus tard, il se fixa à Damas, el| se voua pendant dix ans à la vie contemplative ; il reprit ensuite la carrière de l’enseignement à Nischabour , et \j mourut en 1111. On peut comparer sa logique, publiée par Petrus Liechtenstein en 1506, avec celle d'Avicenne , tra-j duite par Vattier en 1658 ; elles offrent peu de différence j Al-Gazzali était un homme éminemment religieux; ses ou vrages, dont on compte près de cent, eurent tous pour hui principal de relever le mahométisme. Le plus important, in-, titulé : Vérification des sciences de la religion , qui lui valut le surnom de Hujiat al islam (preuve de l’islamisme), eulj une telle vogue que les fidèles avaient coutume de dire que si tout l’islam venait à se perdre, la perte serait peu de chose, pourvu que ce livre restât. — Pour Al-Gazzali la révélation ne peut être révoquée en doute; il reconnaît les droits sacrés de la raison; mais, ajoute-t-il, « les vérités consacrées par la raison ne sont pas les seules ; il y en a, d’autres auxquelles notre entendement est absolument in-

1640 ; Documenta philosophie: Arabum, Ed. Schmolders Bonnæ, 1836 ; Philosophas autu-didactus siveepistola Abi-Jaafar-Ebn-Tophail, eic.,td F. Pococke. Genève, 167 1 et 1686.

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