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bre, le duc d’Orléans franchissait ce pas redoutable et revenait à Alger paf le pays de Hamza. Les Hadjoutes, alliés d’Abd-el-Kader, paraissent en armes et livrent les combats de la Chitfa et d’Ouad-el-Alig ; bientôt les hostilités sont reprises sur toute la ligne. Blidah , mise en état de défense, est l’objet de vives attaques de la part des Arabes qui éprouvent plusieurs défaites successives en décembre 1839, et la campagne de 1840 s’ouvre de nouveau pour la France sous les plus heureux auspices.
Tandis que, dans la province d’Oran, le général Lamoricière multiplie les razzias, tandis que la belle défense de Mazagran (2 février 1840) fait ressortir l’héroïque courage de nos soldats, la province de Constantine reste tranquille ; Ben-Ghanah met en fuite au combat de Selsous (24 mars) un lieutenant d’Abd-el-Kader, et le châtiment infligé aux Haractah et aux Kabyles de Beni-Moussa (22 avril) fait cesser tout mouvement parmi les tribus; Ghelma et Sidi-Tamtam sont fortifiés et le camp d’Ain-Turk est établi à sept lieues de Sétif (15 mai).
Le feu de la guerre se concentre dans la province d’Alger ; Cherchell est occupée le 16 mars à la suite du combat de Miserguin ; au mois d’avril, l’expédition de Médéah à laquelle prennent part le duc d’Orléans et le duc d’Aumale, et dont les deux événements principaux sont le combat de l’Afroun et le passage du col de Mouzaia, a pour résultat la prise de possession de cette ville (17 mai), et celle de Milianah (8 juin) ravitaillée le 7 octobre et le 11 novembre de la même année. Abd-el-Kader ne fait plus qu’une guerre de déprédations et d’attaques isolées. Mais il organise des bataillons réguliers et paraît toujours redoutable.
Le 22 février 1841, le général Bugeaud remplace le général Yalée ; il veut terminer la guerre en détruisant le siège principal de la puissance de l’émir. Bejoint par le duc de Nemours au mois de mai, il se dirige vers l’ouest, s’empare de Tagdempt le 25 et de Mascara le 30 ; vainqueur le 1er juin au combat d’Akbet-Khedda, il reste maître de sa conquête ; pendant ce temps l’expédition de Msilah à vingthuit lieues de Sétif, nous faisait faire un pas déplus vers l’est;
au centre, Médéah et Milianah étaient encore une fois ravitaillées, et le général Baraguay-d’Hilliers détruisait Boghar et Taaza. A la fin de l’année 1841, Abd-el-Kader était réduit sur tous les points à la défensive. Les campagnes de 1842 et de 1843 consolident la domination française; la colonisation se développe de plus en plus ; on touche déjà à l’entrée du Sahara; les populations se soumettent; elles semblent fatiguées de leur longue résistance. La prise de la smala d’Abd-el-Kader aux environs de Taghlin par le duc d’Aumale (14 mai 1843), porte un nouveau coup à l’émir, sans l’abattre. Fertile en ressources, il cherche de nouveaux alliés, et on le verra bientôt engager le Maroc dans la cause de l’indépendance arabe.
A partir de 1844, les progrès de notre puissance sont de plus en plus appréciables ; les tribus sont assujetties à un régime administratif régulier ; le cercle de nos conquêtes s’étend chaque jour davantage : à l’est, parla prise deBiscara, par la soumission des Ziban,duBelezma, de l’Aurès ; à Alger, par les expéditions de Laghoua et d’Ain-Madhi, l’occupation de Dellys (29 avril) , la création du poste d’Aumale et la réduction du Sebaou ; à l’ouest, par la possession de Sebdou, de Nemours (Djema-Ghazaouat),de Lella-Maghnia, deDaya, de Sidi-bel-Abbès, par l’invasion des Kessours, etc. Le duc d’Aumale, commandant de Constantine , reconnaît la ligne frontière qui nous sépare de Tunis ; on s’avance à cent vingt lieues au sud d’Alger. On punit l’empereur du Maroc qui protège Abd-el-Kader , de ses infractions aux traités qui le lient; le 30 mai, les Français opposent aux Marocains le camp de Lella-Maghnia; ils occupent Ouchda; le 6 août, Tanger est bombardé; le 14, le général Bugeaud gagne la bataille d’isly et le même jour le prince de Joinville renverse à coups de canon les remparts de Mogador. Muley- Abderrahman demande merci , et la convention du 10 septembre est changée en paix définitive le 18 mars suivant.
En 1845, l’insurrection du Dahra éclatait et une terrible répression ne se faisait point attendre. Un nouvel ennemi se levait contre les Français: c’était Bou-Maza qui, venu du Maroc, entraînait à sa suite un grand nombre de tribus;
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après avoir été battu à Ain-Meran, il menaça Orléansville, et favorisa par cette utile diversion les projets d’Abd-el- Kader; mais, après une vie d’aventures et plusieurs défaites successives, il fut obligé de se rendre (13 avril 1847) et fut interné en France.
Le fils de Mahi-Eddin n’était pas plus heureux ; il avait essayé inutilement de soulever les Kabyles ; une expédition dans l'Aurès (mai-juin 1845), la soumission des tribus voisines de Bougie, des démonstrations faites à temps dans le Jurjura avaient eu pour résultats d’affermir partout notre domination. L’infatigable émir, défait à Ben-Nahar(7 mars 1846), obligé de se retirer vers l’ouest, en désaccord avec Bou-Maza qui tenait encore la campagne, ordonna le massacre des prisonniers de la Deira le 9 mai et se vit rejeté dans le Maroc. Son influence sur l’esprit des populations excita bientôt la défiance de Muley-Abderrahman qui se déclara ouvertement contre lui, et le 23 décembre 1847, pressé de toutes parts, à bout de ressources, Abd-el-Kader se livra au générai Lamoricière à Sidi-Brahim. Envoyé en France, il y fut retenu captif. Bendu à la liberté, en 1853, par Napoléon 111, il vit aujourd’hui dans la retraite àBrousse (Turquie d’Asie).
Depuis la chute d’Abd-el-Kader, l’Algérie tout entière reconnaît nos lois; l’expédition du général Bugeaud dans la grande Kabylie (mai 1847) devait inspirer une terreur salutaire aux tribus belliqueuses de cette contrée ; on n’a plus à enregistrer que des faits isolés, tels que l’attaque malheureuse de Zaatcha (16 juillet 1849), vengée le 6 octobre; quelques opérations militaires dans les deux Chott et con- • tre les Kabyles, une razzia contre la tribu marocaine de Mzaouir en 1850, l’expédition du général Saint-Arnaud dans la Kabylie et la soumission des Flissas par le général Pélissier en 1851, etc.
Les gouverneurs généraux qui succèdent au maréchal Bugeaud, le duc d’Aumale (27 août 1847), Cavaignac (25 février 1848), Changarnier (29 avril), Marey-Monge (14 juin), Charon (9 septembre), d’Hautpoul (22 octobre 1850), Pélissier (10 mai 1851), Bandon (11 décembre 1851), se pré-
occupent surtout de l’organisation administrative du pays ; les tribus sont rendues responsables des crimes commis sur leur territoire, le tarif des amendes est fixé, d’utiles règlements assurent la conservation des forêts, et les provinces d’Alger, de Constantine et d’Oran reçoivent une délimitation définitive.
Ces trois provinces forment autant de divisions militaires; la division d’Alger comprend six subdivisions dont les chefslieux sont Alger, Blidah , Médéah, Aumale, Milianah, Orléansvilie , avec les villes de Boghar, Cherchell, Ténès, Bougie, Dellys, Coleah, etc. La province d’Oran compte cinq subdivisions : Oran, Mascara, Mostaganem, Sidi-bel- Abbès et Tlemcen, avec Arzew, Nemours, Tiaret, Saida, Misserghin, Mazagran, Daya, Lella-Maghnia, Sebdou. Enfin la province de Constantine est partagée en quatre subdivisions : Constantine, Bone, Sétif, Batna, avec Biskara, Philippeville, Ghelma, Djidjelli, la Galle, Tebessa, etc1.
L’Algérie bornée au nord par la Méditerranée, à l’ouest par l’empire de Maroc, à l’est par la régence de Tunis, s’étend au sud jusqu’à Ghardeia dans l’oasis del’Oued-Mzab par 31° 50' de latitude boréale.
La Kabylie proprement dite, toujours difficile à contenir, embrasse sur le bord de la mer un espace de cent quarante-six kilomètres entre Dellys et Bougie ; elle se prolonge du côté du continent jusqu’au Biban ou portes de Fer au sud-ouest et jusqu’à Sétif au sud-est. Là vivent les descendants de ces Musulans et Quinquégentiens qui , dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, opposèrent une si vive résistance aux Bomains. Ce pays était alors appelé mons ferratus , la montagne bardée de fer; pour les Arabes ce fut la terre ennemie el-adouâ ; ils y introduisirent l’islamisme par l’entremise pacifique des marabouts, sans jamais y fonder une domination durable ; il en fut de même des Turcs, et personne ne peut encore prévoir si nous serons plus habiles ou plus heureux2.
1. Voyez le tableau de la situation des établissements français en Algérie, publié annuellement par le ministre de la guerre.
2. Marmol Carvajal. Description générale de l'Afrique et histoire des guerres
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L’Algérie, soumise à nos armes, en contact avec la civilisation européenne, se transforme peu à peu; quelle sera l’influence de cette civilisation sur la race arabe de l’Afrique? L’avenir seul nous l’apprendra.
contre les Infidèles et les Chrétiens, 2 vol. in-folio, 1573-1599; Carette, Etudes sur la Kabylie, 2 vol. in-8. 1848. Consulter aussi Shaler, Esquisse de l’état d’Alger, 1830: Ch. Sédillot, Campagne de Constantine, 1838, etc., et l’exploration scientifique de l’Algérie, publiée sous les auspices du gouvernement.
APPENDICE
Note 1 , page 22.
Série chronologique des rois de Eira :
f. Malik, v. 195 de J. C. ;