CHAPITRE IL
LES ARABES D’AFRIQUE
EGYPTE , ÉTATS BARBARESQUES ; AFRIQUE OCCIDENTALE ET CENTRALE ; MAROC; ALGÉRIE.
Égypte) Étuis baiiiarrsi|iios ; Afrique occidentale et centrale.
Les Turcs ottomans ont pu étendre leur domination sur l’Égypte et dans les régences de Tripoli , de Tunis et d’Alger ; mais s’ils ont réussi à comprimer les populations, ils n’ont en rien altéré le caractère des tribus arabes qui sont restées, des bords du Nil à l’Atlantique, ce qu’elles étaient
i itei «nu hisse pt ter l’on c les fi a£t féenr Ires liés iode:
m ses pi I levai fiisé Se, < kk les si I Ce jluenc mais i pii bien!
Met te ha lient parait is’avan ïeffor livan jfôant pilon iercti
lésdt
LES ARABES D’AFRIQUE
îu temps de la conquête, avec les mêmes qualités et les nêmes défauts, toujours prêtes à payer l’impôt si on leur 4 aisse leur vie indépendante. On a remarqué souvent chez es Égyptiens modernes cet esprit résigné mais actif et )bservateur qui distingue à un si haut degré les Arabes, et ■1 ’on comprend que Mohammed-Ali , après ses victoires sur ; es Wahabis , ait eu l’idée d’opposer à la puissance turque m État nouveau, vivifié au contact de la civilisation euro- > léenne. Les traductions qu’il a fait faire en arabe de nos 4 ivres de science , les nombreuses éditions de Boulacq des- 1 inées à répandre de tous côtés les connaissances de l’école noderne, attestaient des vues élevées et un ardent désir de Régénérer les peuples soumis à ses lois. Malheureusement ies projets, combattus secrètement par la politique anglaise, levaient mourir avec lui ; toutefois la ligne de démarcation |ui sépare les Arabes des Ottomans a été profondément creusée, et l'on peut dire que l’Égypte aussi bien que les États parbaresques ne reconnaissent plus que l’autorité nominale
- les sultans de Constantinople.
Ce n’est pas seulement au nord de l’Afrique que l’in— luence arabe se faisait sentir ; les côtes orientales n’ont jainais cessé d’obéir à des chefs musulmans. Le Coran pénétrait au commencement du xvne siècle dans le Soudan )riental ; un descendant des Abbassides, Saleh, devenait à l| cette époque le chef politique et religieux du Ouaday dont
- es habitants se convertissaient à l’islamisme. Tout récemment encore le sultan Saboun, actuellement régnant, s’emparait du Baghirmeh en invoquant le nom de Mahomet, et I l’avançait jusqu’au lac Tchad. Les voyageurs européens qui I feff’orcent aujourd’hui de pénétrer au centre de l’Afrique en [suivant les Arabes par le Kordofan et le Darfour1, ou en I félançant de Tripoli au travers du désert , ont pu constater ice nouveau mouvement des esprits. Tandis que les Wahabis § cherchent à relever l’élan dans la foi religieuse en Arabie,
j es foullah se font les réformateurs et les missionnaires ar- ; nés de la Nigritie.
I 1. Voy. la notice que nous avons insérée dans le Journal asiatique (1847) sur fl es grandes voies de communication dans l intérieur'de l’Afrique, à l’occasion du ■ /oyage au Darfour du scheik Mohammed-el-Tounsi.
Uïaroe ; l’Algérie.
L’Afrique occidentale a aussi reçu du Maroc quelques germes de civilisation ; cet empire, resté pur de toute domination étrangère , aurait relevé avec honneur le drapeau de la nationalité arabe, si les dissensions intestines de la famille régnante n’avaient précipité sa décadence. Le prince ré- » gnant, Muley-Âbderrahman, est monté sur le trône en 1822; fsto Méquinez, Fez et Maroc, les trois résidences de l’empereur ont encore quelque splendeur ; Fez surtout que l’on consi- 1 a dère comme le dernier asile des lettres orientales et qui Pe compte de nombreuses écoles, avec une bibliothèque rem- $
plie de manuscrits précieux. On doit seulement regretter que les savants jaloux de ce trésor inestimable confié à leurs soins ne permettent à aucun Européen d’en approcher.
On peut évaluer la population du Maroc à six millions d’habitants qui se subdivisent en Berbères, Arabes, Juifs, Nègres, etc. Les Berbères sont répandus sur la chaîne montagneuse qui s’étend du sud-ouest au nord-est; plus près de la côte sont les montagnes du Rif, défendues par des tribus indépendantes dont nous connaissons à peine les noms.
Le territoire se partage en Tell et en Sahara ; le Tell a ! soixante-quinze myriamètres de longueur sur trente ou quarante de largeur, le double à peu près du Tell algérien ; sa superficie est de trois mille deux cent vingt-cinq myriamètres carrés; les Sahara des deux États sont d’une étendue à peu près égale; au sud et à l’est se trouve le petit État de fiat Sidi-Hescham fondé en 1810 et composé d’Arabes et de Chillouks. Talent en est la capitale ; elle sert d’entrepôt entre Tombouctou et Maroc.
Les montagnes sont très-clevées dans cette partie de l’Afrique; la pente générale uniforme ; les fleuves plus consi- |s$ai dérables que dans la contrée orientale ; le Mlouia, le Loukkos, l’Ouarra, le Sbou, l’Omm-er-Rbia, le Rouragraz, se dirigent au nord ; le Guir, le Ziz, l’Ouad-Draa répandent leurs eaux vers le midi; c’est un pays magnifique, et dont on ne connaît pas toutes les ressources.
Les rapports des schérifs et des souverains d’Alger, de
LES ARABES D’AFRIQUE
Tunis et de Tripoli avec les diverses puissances chrétiennes [ui ont voulu occuper des points importants sur le littoral, onder des établissements de commerce ou faire respecter sur pavillon, n’ont offert dans les premières années du IXe siècle qu’un intérêt secondaire jusqu’au moment où les rmes françaises sont venues en 1830 changer complètement i situation de l’Afrique septentrionale. Les hostilités comlencées contre le dey d’Alger en 1827 s’étaient terminées ois ans après par la prise de sa capitale, et l’on pouvait roire que les liens du gouvernement turc se trouvant brisés ’un seul coup , la France profiterait aisément des divisions ui allaient éclater de toutes parts pour porter au loin sa omination; mais la révolution de juillet 1830 devait laisser a suspens la question d’Afrique et faire prévaloir le système ’occupation restreinte; d’ailleurs si les populations turues, arabes et kabyles se montraient hostiles les unes aux itres; si des chefs audacieux, tels que Hadji-Ahmed, Benissa, Ben-Zamoun, à l’est, Mbarek, Elbarkani, Bou-Mezig, etc., à l’ouest, songeaient à satisfaire leur propre ambion au milieu du désordre général , tous se réunissaient ans un sentiment commun, la haine des chrétiens, et l’es- Dir de leur prochaine expulsion.
La régence d’AJger se composait de quatre provinces : ran, Constantine , Titery et Alger. Trois de ces provinces aient soumises à l’autorité d’un bey ou lieutenant du dey; quatrième, celle d’Alger, était administrée par l’agha des rabes dont la juridiction comprenait Blidah et la plaine Iî Hamza jusqu’aux portes de Fer. A l’ouest, la province Oran resserrée étroitement par le petit Atlas, touchait aux entières du Maroc; la province de Constantine à l’est emassait le bassin de l’Ouad-Bummel ; la province de Titery i sud bordait les rives du Schelif et se prolongeait sur les aies du grand Atlas.
Après la chute du dey* Hadji-Ahmed à Constantine sut aintenir son autorité, et ne fut pas inquiété. Les Kabyles Kabaïles restèrent indépendants ; dans les provinces 3ran et de Titery , les scheiks des tribus arabes constamînt écartés des affaires par les Turcs cherchèrent à recon-
quérir leur ancienne prépondérance; les uns recherchèrent l’alliance de l’empereur du Maroc, Muley-AbderrahmanJ qui envoya des troupes à Mascara et à Tlemcen; les autres se mirent sous la protection des Français qui avaient paru un instant à Bone et à Mers-ei-Kebir , mais sans y formel d’établissement durable.
Au mois de septembre 1830, le général Clausel arrivai à Alger et imprimait aux affaires une allure plus décidée étendre peu à peu l’intluence française en s’appuyant su;{ les chefs arabes le plus renommés , telle fat la politiqui inaugurée en Afrique et suivie à partir de cette époque ave une heureuse persévérance. Mais il y avait bien des obsta clés à vaincre ; c’est ainsi que Bou-Mezrag, tout-puissant Medeah, dans la province de Titery, après avoir fait en ap parence sa soumission, excitait secrètement les Arabes à guerre sainte et entretenait des intelligences avec le Maroc 11 fallut le combattre, et le résultat de cette première expé| dition lui fut défavorable ; fait prisonnier , il fut rempla< par Mustapha-ben-Omar qui promettait de se montrer plij fidèle.
Vers le nord-ouest, les Coulouglis ( c’est le nom qu’oj donne aux enfants des Turcs et des femmes maures ou ar; bes) chargés par le gouvernement déchu de la défense d places fortes, étaient serrés de près par les Arabes en arme et le bey Hassan implorait les secours de la France. Le g néral Clausel fit occuper Mers-el-Kebir au mois de novei bre, et Oran le 10 décembre; par suite de conventions pr visoires, cette dernière ville fut remise aux Tunisiens q ne purent s’y maintenir, et le 18 août 1831 ils étaient déi nitivement remplacés par les Français.
Le général Berthezène avait pris le commandement l’armée dès le mois de février 1831 ; mais il était à bout ressources et comptait à peine neuf mille hommes so] ses ordres. De tous côtés les Arabes s’agitaient : Mede était assiégée par le fils de Bou-Mezrag, et Mustapha- bei Omar réduit aux dernières extrémités ; la ville fut dégag le 25 juin; on ne pouvait songer cependant à y laisser u! garnison suffisante; la retraite fut ordonnée et elle se
ïédi
■COllf
feaiij
Spoi
Mfe
Uïs ABÀBtëS D'AFBIftUB.
dans des conditions très-défavorables; l’ennemi plein de confiance croyait déjà à notre prochaine expulsion de l’Algérie.
A Tlemcen et à Mostaganem , les divers partis étaient en présence ; à Mascara , devenue un centre d’action après le massacre de la milice turque, le marabout Mahi-Eddin préparait la voie à son fils Abd-el-Kader. Le général Boyer réussit à tenir les Arabes en échec de ce côté, et le cadi d’Arzew , allié des Français, fournit toutes les provisions nécessaires aux garnisons d’Oran et de Mers-el-Kebir.
Pendant ce temps, aux environs d’Alger, une vaste conjuration s’était formée ; Blidah et Coleah venaient d’y entrer ; Médéah se plaçait sous la suzeraineté de l’empereur du Maroc. Le général Berthezène, vainqueur au gué de l’Arrach et à la ferme-modèle , dissipa ce nouvel orage, et Ali-Mbarek, nommé agha des Arabes, maintint comme il s’y était engagé la tranquillité de la plaine.
Au mois de novembre 1831, le duc de Bovigo arrivait à Alger, et quelques mois plus tard les hostilités recommençaient sur une grande échelle. Le scheikh El-Farhat, ennemi du bey de Constantine, avait fait des ouvertures au général français et ses envoyés avaient été assassinés sur les terres de la tribu d’El-Ouflia; la destruction de cette tribu fut résolue; elle eut lieu le 10 avril et provoqua une coalition à laquelle la défection d’Ali-Mbarek donna quelque consistance et qui ne fut entièrement dissipée qu’en octobre 1832.
Vers la même époque, d’importants événements se passaient dans l’est; Bone, un instant occupée en 1830, s’étant soustraite à l’autorité du bey de Constantine Hadji-Ahmed, celui-ci, qui avait besoin d’un port, s’en empara après une attaque vigoureuse le 5 mars 1832, et se signala par d’affreux massacres; son triomphe ne fut pas de longue durée. Un coup de main hardi rendit les capitaines d’Armandy et Yousouf maîtres de la Casbah, et au mois de mai, Bone était au pouvoir des Français. Hadji-Ahmed fit de vains efforts pour la reprendre ; il s’était attiré la haine d’un grand nombre de tribus arabes qui se déclarèrent ouvertement contre lui et hâtèrent sa défaite.
L’année 1833 s’annonça sous d’heureux auspices; la ville d’Alger, la banlieue, le territoire situé entre l’Arrach, la Metidja, le Mazafran et la mer, étaient soumis. Le général Yoirol faisait tracer des routes militaires, organisait des camps retranchés et assurait la prépondérance française par des razzias contre les tribus qui ne se montraient pas disposées à la paix. La possession de Bone obligeait Hadji- Ahmed de reporter ses vues sur Bougie et il allait assiéger inutilement Médéah. A l’ouest, les Français occupaient Oran et une lieue de rayon autour de la place, le fort Mersel-Kebir; ils avaient les Coulouglis pour alliés à Tlemcen et à Mostaganem, et l’empereur du Maroc sentant son impuissance abandonnait ses idées d’agrandissement.
Un ennemi redoutable surgit tout à coup et ralluma le feu de la guerre sainte.
Cet ennemi était Abd-el-Kader. A la mort de son père, Mahi-Eddin, il s’était fait reconnaître chef des tribus du pays de Mascara et il excitait de tous côtés les Arabes à prendre les armes. Les succès du général Desmichels et les journées de Kaddour-Debby et de Sidi-Mahattan n’arrêtèrent point sa marche progressive; proclamé bey de la province à Tlemcen, où les Colouglis ne conservaient que le Mcchouar , il s’empara d’Arzew dont il fit décapiter le cadi, notre allié, et menaça Mostaganem. Les Français couvrent aussitôt cette dernière ville ; appuyés par les tribus des Douairs et des Zmélas, ils chassent d’Arzew le nouvel émir, le défont à Ain-Beda le 1er octobre, à Tamezouat le 3 décembre et lui imposent le 26 février 1834 un traité qui met fin aux hostilités.
A l’est, le bey de Constantine, Ahmed, voyait tous ses projets déjoués ; Bone avait de nouveau résisté à ses attaques et Bougie était tombée au pouvoir du général Trézel le 29 septembre 1833. Les Kabyles qui avait occupé cette place dès l’année 1831 et qui avaient plusieurs fois repoussé les bâtiments français de la côte, étaient punis de leurs actes de barbarie et les tribus arabes intimidées venaient offrir leur appui au vainqueur.
11 en était de même dans la plaine d’Alger où l’on répa-
LES ARABES D’AFRIQUE
rait les ponts de Bouffarick; Médéah et Blidah entretenaient ! des rapports de bonne intelligence avec le général en chef ; | le camp de Doueira était fondé, et les tribus de la Metidja n’étaient plus à craindre.
La France pouvait donc consolider en paix sa conquête ; la grande commission d’Afrique étudia les moyens d’en recueillir le fruit, et le 22 juillet 1834, une ordonnance constitua sur de nouvelles bases l’organisation politique de la régence. On créa un gouverneur général, ayant sous ses i ordres un lieutenant général commandant les troupes, et les services divers reçurent des chefs spéciaux.
Le général Drouet d’Erlon chargé de la haute direction des affaires, s’attacha surtout à réduire les dépenses d’occupation ; il forma un corps d’indigènes (spahis réguliers) et ( rétablit la charge d’agha qui avait été supprimée depuis la ^défection d’Ali-Mbarek. Le nouveau poste de Haouch- [f Chaouch, près de Bouffarick, protégea les colons.
Cependant Abd-el-Kader avait profité d’un an de paix pour se fortifier de plus en plus ; on le considérait comme le représentant de la nationalité arabe et son autorité était ^respectée partout où la France n’avait pas encore déployé la sienne ; dans les provinces d’Oran et de Titery, il comptait de nombreux alliés. Par un hasard singulier, un événe- I ment qui devait semer la division parmi les Arabes et par $ conséquent les affaiblir, vint accroître le pouvoir de l’émir. Un fanatique, Mousa-el-Darkaoui ayant entraîné sous son
■ étendard près de deux mille musulmans, surprit Médéah qui jusque-là avait repoussé les ouvertures d’Ab-el-Kader
jet vint assiéger Milianah. Le fils deMahi-Eddin se déclare (aussitôt contre El-Darkaoui, le défait complètement, entre ( en vainqueur dans Médéah, et, parvenu au but secret de son ambition, nomme des caïds jusque dans la Metidja.
De retour à Mascara, il ne cache plus ses projets et fait I de grandà préparatifs pour la prochaine campagne; il reçoit j de l’étranger des munitions de guerre par l’embouchure de ‘ la Tafna et se dispose à punir les Douairs et les Zmelas de
■ leur fidélité à la France. Le général Trézel, qui a remplacé i Oran le général Desmichels dès le mois de février 1835.
472 UVRK Vil, CîHàPITÏtE 12,
se porte en avant du territoire de ces tribus , au commet cernent de juin, et donne ainsi le signal des hostilités; après une suite de combats sans résultats importants, assailli de toutes parts par un ennemi supérieur en nombre , il opère sa retraite sur les bords de la Macta, rivière formée de la réunion du Sig et de l’Habrah , essuie des pertes considérables et regagne avec peine Arzew.
Le désastre de la Macta produit un grand mouvement chez les Arabes ; tous s’empressent de reconnaître Abd-el- Kader pour chef ; Blidah même accepte de l’émir un hakem ou gouverneur. Coleah n’est maintenu dans l’obéissance que par le nouveau camp retranché de Mahelma, en avant et à l’ouest de Doueira. Mais le moment n’en est pas moins fort critique et le maréchal Clauzel, nommé gouverneur général au mois d’aout 1835, comprend qu’il est nécessaire de frapper un coup décisif; il annonce hautement sa résolution d’aller attaquer Abd-el-Kader à Mascara, au centre même de sa puissance , fait occuper à la hauteur de Tlemcen l’île Haschgoun qui domine l’embouchure de la Tafna , et le 26 novembre, ses préparatifs terminés, se met en marche avec le duc d’Orléans.
L’émir avait cherché à organiser un corps d’infanterie régulière , mais il ne pouvait songer à la résistance ; il enleva ses richesses de sa capitale et la livra aux flammes; le 5 décembre, l’armée française y pénétrait et, après avoir détruit l’artillerie et le matériel de guerre que l’ennemi avait abandonné, elle opéra le 8 sa retraite, sans se laisser entamer.
Cette expédition devait avoir pour effet principal de détruire le prestige dont Abd-el-Kader était entouré ; aussi plusieurs tribus arabes viennent-elles faire leur soumission. Le fils de Mahi-Eddin tente de se relever par un coup d’éclat; il menace le Mechouar de Tlemcen; il est prévenu par les Français et forcé de renoncer à ses projets. Poursuivi, d’après les ordres du maréchal Clausel, il voit son infanterie mise en pleine déroute, et lui-même ne doit son salut qu’à la vitesse de son cheval.
A peine un ennemi a-t-il disparu qu’un autre se lève à
son ti la Ta \iolei veau sifs, :
regag Le
généi mais hardi tiluri envii en di s’am leux j à Bo kext ouvr D:
renc line saire Faut heur le cl repa ruait A
cont port, lai», par cher Bug, d’Ôr pou; au i L’e
LES ARABES D’AFRIQUE
son tour. Cette fois ce sont les Kabyles de la rive gauche de la Tafna et les Marocains de la frontière toujours prêts à violer le droit des gens, qui offrent à Abd-el-Kader un nouveau point d’appui ; défait dans deux engagements successifs, il se contente de harceler le corps expéditionnaire qui regagne Tlemcen et Oran.
Le défaut de ressources ne permet pas au gouverneur général d’achever l’œuvre si glorieusement commencée ; mais il recueille les fruits de cette expédition conduite avec hardiesse et fermeté. Les chefs de tribus réclament l’investiture en grand nombre. L’ordre et la paix renaissent aux environs d’Alger; des établissements agricoles sont formés en dehors des avant-postes français. Vers l’est, la situation s’améliore aussi de plus en plus; à Bougie, on profite habilement des divisions des Kabyles pour les tenir en respect ; à Bone on exploite les sentiments de haine que le bey Ahmed a excité chez les Arabes pour s’en faire d’utiles alliés et l’on ouvre peu à peu à nos armes la route de Constantine.
Dans les premiers mois de l’année 1836, Abd-el-Kader renouvelle ses aggressions, et l’agitation s’étend vers le sud. Une troisième expédition contre Médéah est jugée nécessaire pour raffermir la confiance des Arabes qui ont reconnu l’autorité française; les troupes après quelques combats heureux pénètrent dans la ville. Mais dès qu’elles ont repris le chemin d’Alger, de faux bruits se répandent, les Kabyles reparaissent en armes, et au mois de mai Ali-Mbarek est maître de Médéah.
A l’ouest, il a fallu soutenir les Douairs et les Zmelas contre les attaques des Garabas. Le général Perregaux s’est porté sur l’Habrah et la vallée du Schelif; le général d’Arlanges a été chargé d’établir un camp sur la Tafna; assailli par les tribus du Maroc, obligé de rentrer dans ses retranchements le 15 avril, il demande du renfort. Le général Bugeaud vient prendre le commandement de la division d’Oran au commencement de juin, il parcourt le pays, repousse deux fois l’ennemi, défait Abd-el-Kader le 6 juillet au combat de la Sickah et l’oblige de regagner Mascara. L’empereur du Maroc s’engage à retenir en deçà de ses
frontières les tribus qui se sont empressées de faire cause commune avec l’émir.
Libre de toute inquiétude de ce côté , le gouverneur général songe à réaliser ses projets contre le bey de Constantine , qui depuis cinq ans est resté paisible possesseur de cette ville et n’a jamais cessé de tenir l’offensive. Déjà le chef d’escadron Yousouf , nommé par le maréchal Clausel bey de la province , s’est avancé jusqu’à Dréan à six lieues au sud de Bone et s’est mis en relations avec plusieurs chefs de tribus ennemies d’Ahmed. Il occupe sur le littoral la Galle qui, de 1520 à 1799, a fait partie de nos établissements connus sous le noms de concessions d’Afrique, et qui, cédée à l’Angleterre en 1807, reprise en 1816, a été détruite en 1827 par le dey d’Alger. Ce point très-important pour la pêche du corail , se relève peu à peu de ses ruines, et les Kabyles du voisinage montrent des dispositions moins hostiles.
Le 8 novembre tout est prêt pour l’expédition. Le maréchal accompagné du duc de Nemours se met en marche à la tète de neuf mille hommes ; le 15, on arrive à Ghelma; le 21 on est sous les murs de Constantine. Mais les éléments semblent se déchaîner contre l’armée ; un hiver rigoureux, des pluies torrentielles paralysent tous les mouvements, et après d’inutiles attaques, il faut se replier sur Bone et résister à un ennemi qui, fier d’un succès si facilement acheté, cherche à rendre encore le désastre plus complet par des charges continuelles. L’héroïque courage de nos soldats assure la retraite, et l'effet de cet échec est presque insensible. Les Arabes comprennent que la France prendra sa revanche et qu’une saison plus favorable lui offrira bientôt l’occasion de venger l’honneur de ses armes.
L’année 1837 se passe en préparatifs ; on adopte les plus sages mesures pour maintenir les Arabes dans l’obéissance et pour rendre impossible le soulèvement général que rêve encore Abd-el-Kader. Le général Damrémont, troisième gouverneur général, part de Bouffarick avec sept mille hommes le 27 avril, se rend à Blidah et à Coleah, reconnaît le cours de la Chiffa, l’embouchure du Mazafran, puis se rap-
avec I
contn
Ce
ionoi recon que li favori
polilii
effort
expéi
Mis i avait positi Seybi eutli stade ques mité reton plusii tione Neme rémo bout passa lieues lesta Jroitt lu C affret lieutf idée i brècl
LES ARABES D’AFRIQUE
proche de Milianah et de la vallée supérieure du Schélif; une heureuse expédition contre les Isser- et les Amraouas montre encore une fois aux Arabes leur impuissance, et le 1 général Bugeaud opposé dans l’ouest à Abd-el-Kader, signe avec l’émir le traité de la Tafna qui rend la paix à toute la montrée.
Ce traité a été apprécié diversement; il est certain qu’il tonnait à Abd-el-Kader un prestige inattendu , qu’on lui ii reconnaissait une sorte de souveraineté sur les Arabes, et ^ue la France était en droit d’attendre des conditions plus 4 favorables après les sacrifices d’hommes et d’argent qu’elle avait faits. Mais l’on peut dire aussi qu’il était d’une bonne ‘ politique de terminer une guerre qui exigeait de continuels I sfforts pour concentrer toute son attention sur la prochaine lîxpédition de Constantine. Des camps avaient déjà été éta- Iblis à Dréan , Ghelma, Nechmeya , Hammam-Berda; on l avait atteint au mois de juillet Medjez-el-Ahmar dont la s position domine un des passages les plus dangereux de la lSeybouse. Le 12 septembre, une première reconnaissance 1 3ut lieu sur la route de Constantine ; on traversa sans ob- I stade le Bass-el-Akbah, et, après un engagement avec quelques cavaliers arabes, on atteignit la vaste plaine à l’extré- Imité de laquelle coule l’Oued-Zenati. Le 13 on était de I retour à Medjez-el-Ahmar. Du 21 au 23 on eut à soutenir J plusieurs attaques où l’ennemi déploya beaucoup de résolution et de bravoure, mais fort inutilement. Le 28, le duc de
■ Nemours arrivait au camp et le 1er octobre le général Dam- I rémont se mettait en marche ; le 3 on bivouaquait au marabout de Sidi-Tamtam, au delà de l’Oued-Zenati ; le 5, on
j passait le Bou-Mezrough, petite rivière qui coule à deux ! lieues de Constantine ; le 6, toute l’armée était réunie sous les murs de la ville , située au milieu d’une gorge formée à droite par les hauteurs de Mansourah,et à gauche par celles du Coudiat-Ati. Le siège commença : du 7 au 9, une pluie affreuse menaça l’armée d’un nouveau désastre; Ben-Aissa,
■ lieutenant d’Ahmed, défendait la place et repoussait toute i idée de capitulation ; mais le temps s’était remis et le 12 la 1 brèche était faite. Le même jour, la mort du général Dam-
rémont, aussitôt remplacé par le général Yalée, exaltait le courage des troupes, et le lendemain Constantine était prise d'assaut1. Ahmed, retiré vers le sud. fait de vaines tentatives pour rentrer dans sa capitale ; toutefois sa soumission définitive n’eut lieu qu’au mois de mai 1848.
La France avait planté son drapeau sur les trois principales villes de l’ancienne régence : Alger. Oran, Constantine; les Arabes, divisés entre eux, semblaient fatigués de la guerre; cependant on ne pouvait encore se fier à leurs dispositions pacifiques. Abd-el-Kader avait refusé de ratifier la convention du 4 juillet qui devait servir d’interprétation au traité de la Tafna , attendant une occasion favorable pour reprendre les armés ; l’activité qu’il déployait révélait ses vues ambitieuses. En décembre 1837, il était sur les frontières de la province de Constantine ; en avril 1838, à Médéah, en mai à Tagdempt; il s’élançait ensuite à cent lieues de la côte pour aller attaquer à Aîn-Madhy le marabout Tedjiui qui se rendait le 15 janvier 1839. Six mois plus tard, il se rapprochait du Maroc, pénétrait sur le territoire de Zouaoua. et, par ses intrigues, entretenait de tous côtés une sourde agitation.
Pendant cette même période, le nouveau gouverneur général avait mis le temps à profit ; il avait organisé à Constantine trois khalifats et nommé trois caïds; il avait donné
à un hakem la ville elle-même, et confié à Ben-Ghanah la charge de scheikh-el-arab. Philippeville s’était élevée; on avait ouvert une route sur Sétif par Djemilah ; au mois de mai 1839, Milah, Djiljelli, Djemilah étaient occupées. La plaine de la Medjana était soumise, et les habitants repoussaient eux-mêmes les attaques des Kabyles et des partisans d’Ahmed; enfin on avait dirigé de Bougie une reconnaissance au col de Tizi A la fin de 1839, on jugea nécessaire d opposer aux menées d Abd-el-Kader une démonstration militaire de nature à contenir les tribus et l’expédition des portes de Fer fut résolue. Parti de Sétif au mois de septem-
I. Y«>y . la relation do la Campag** d* Comtantiwe d > 1837. par 1* doeionr Ch. SodiiM. Bonn frère. Pans.
! TfBBI 11!
?ep'
te:
te
ÏK
lit
j £6 i lit 5»
i fi
fa
; iis la df ■ii