IV. JACQUES BOONEN
en ville dans un état voisin de Tindigonce. Il est arrivé que des chanoines qui avaient rendu de longs services dans l'administration de Tarchevôché, ont renoncé à leur stalle pour prendre un bénéfice d'un rang beaucoup moindre, mais qui leur fournissait au moins de quoi vivre. L'archevêque Hauchin, sans aucunes ressources (inops ipse), s'est vu parfois forcé de pourvoir à sa propre subsistance par le peu que le hasard lui ofirait : qualibuscumque etiam casu obIcUis (i). Un tel état de choses a jeté de la déconsidération sur l'église primatiale ; il nuit au culte divin et est préjudiciable au service de Sa Majesté. Puisque l'administration ecclésiastique et môme politiquq dépend en grande partie de l'église de Malines, il est inévitable que les difficultés se multiplient et se prolongent par cela seul que cette église n'a pas le sénat qui lui est nécessaire. Il est vrai que, lors de la fondation des évêchés nouveaux, le roi Philippe II voulait consolider son œuvre en donnant à Saint-Rombaut un nombre suffisant de coopérateurs de l'archevêque, soit par la sécularisation d'un monastère, soit par la translation dnn chapitre collégial, comme cela s'est fait ailleurs, soit de toute autre manière. Mais le départ de Granvelle et les troubles qui l'ont bientôt suivi, ont mis obstacle à l'exécution de ce projet. Les tentatives faites en 1594 ont échoué de même^ mais ce n'est pas une raison pour abandonner la cause du chapitre. Aujourd'hui (1623) que l'Etat et la Religion commencent à respirer, il est temps de réaliser un plan qui sauvera
(1) Mineas, IV, 480.
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la dignité de la première Eglise de Belgique sans blesser les droits de personne.
L'extension du chapitre métropolitain était réservée à l'archevêque Jacques Boonen. Ce prélat, de lavis et du consentement du doyen et des chanoines de Saint- Rombaut, publia, le 21 juillet 1643, un acte important dont voici Tanalyse sommaire (i).
Le préambule constate que l'Église de Malines, malgré sa prééminence sur les autres Églises épiscopales du pays, n'a pas encore un nombre suffisant de chanoines et de dignités. II est vrai que tous les obstacles n'ont pas complètement disparu; néanmoins le temps est venu de donner quelque extension au corps des bénéficiers. Elle est faite de la manière suivante :
l'^ La plébanie ou la cure de la paroisse de Saint- Rombaut est érigée en canonicat de l'église métropolitaine. Ce bénéfice à charge d'âmes restera néanmoins une cure véritable que les archevêques, si bon leur semble, pourront mettre au concours, de même que les autres cures.
2^ Le bénéfice ou l'office ecclésiastique, récemment fondé par le P. Jean Hugues Quarré, prêtre de l'Oratoire, est élevé au rang de canonicat de la métropole et sera toujours conféré à un prêtre ou élève de l'Oratoire de Malines. Le fondateur lui-même n'est pas tenu à la résidence personnelle, mais il se fera remplacer au chœur par un membre de sa congrégation; ses successeurs devront faire par eux-mêmes l'office choral.
3® L'une des prébendes qui ont été fondées ancien-
(1) MircBus, III, 271-273.