IV. JACqUES BOONEN
sèment; et oe par vos propres mains, et es nécessites qae tous trouvères plas a propos. Mais oe que nous désirons surtout, c'est que vous fassiez an plustot ce que serez intentioné de faire, affîn que nous puissions pre- Temrl'ennemj que laisser passer les bonnes occasions. A tant, très révérend Père en Dieu.... De Bruielles le 27 septembre 1630....
Le 23 octobre, Isabelle déclara officiellement que les coDtributioDS volontaires qu'elle était forcée de demander au clergé, ne porteraient aucun préjudice à Timmunité ecclésiastique.
Aussitôt après la réception de cette lettre, l'archevêque convoqua des délégués de tous les chapitres du diocèse, les chefs d'abbayes, les prieurs et les archiprêtres, pour le 17 janvier 1631. Il leur représenta éloquemment les maux de la patrie et le légitime désir de la gouvernante. Le résultat de la réunion fut que plus de 80,000 florins furent promis, laquelle somme devait être remise à Jean de Wachtendonck, chanoine gradué de la métropole. Pendant dix mois,les Chartreux de Bruxelles payèrent mensuellement cinquante à soixante florins. Dans les années suivantes, de larges subsides furent donnés au gouvernement par le clergé séculier et régulier. De leur côté, les États de Brabant recueillirent spontanément 1,600,000 florins, pour pourvoir à l'entretien des troupes. Isabelle avait donné le premier exemple du dévouement en portant tous ses joyaux au mont-de- piété (i).
La fidélité de l'archevêque envers son souverain éclata surtout lors du complot sourdement tramé par la France, l'Angleterre et les Provinces-Unies. Ces trois puissances, pour abattre la puissance de l'Espagne,
(1) Henné et Wauteis, Histoire de Bruxelles, II, 47-49.
travaillaient sourdement à en détacher nos dix provinces catholiques et à les ériger en république fédérative, avec une constitution semblable à celle des cantons catholiques de la Suisse (i). La conspiration, dans laquelle quelques Belges nobles se trouvaient engagés, ayant été révélée par un diplomate ang1ais(2), Isabelle s'en effraya et voulut chercher un asile en Flandre. Mais l'archevêque, convaincu que sa retraite eût été dangereuse pour la cause nationale, sut l'engager à rester à Bruxelles. Sur sa proposition, les États du Brabant jurèrent de nouveau fidélité à leur souverain légitime et à celle qui le représentait dans nos contrées.
Là Belgique se trouvait dans une situation digne de piété. Sur les représentations qu'elle recevait de toutes part, l'infante Isabelle résolut de convoquer les Etats-Généraux avec l'autorisition de son neveu, le roi Philippe IV. L'assemblée s'ouvrit à Bruxelles le 9 septembre 1632, et dura sans interruption jusqu'au mois de juillet 1634. L'objet dont elle s'occupa principalement fut la. négociation d'un traité de paix ou de trêve avec l'ennemi (3).
(1) « Inter cetera proponebatur matatio belgici regiminis, ita videlicet ttt decem provinciœ catholicse , a monarchia Hispanica segregat», per modum reîpablicce gubernarentur, adinstar pagornm cathoiiconim Helvêtis, per status singalarum provinciaram. « Meeklinia Ckritto na9eetu et erescem, t. II, p. 323.
(2) Gerbier, peintre, accrédité par le roi Charles l^r près de l'Infante à Bruxelles. Il se fit payer la révélation au prix de 20,000 écus. Voir les Bullâiitts dâ r Académie royale des seienees, 1864, 2e série, t. XVIII, p. 338.
(3) Yoir les Ades des Éiats- Généraux de 1632, dans la collection des Documents sur les anciennes assemblées nationales, publiés en 1853 par M. Gachard.