IV. JACQUES BOONEN. APPENDICE
Je ?oadroÎ8 voas ea parler au fond ; mais nous aurions besoin
de plusieurs sepmaînes^ et peut-estre mois. Tant est-ce que
j'ose dire assez descouvert, par des principes immobiles, que
qaand toutes les deux escholes, tant des Jésuites que des
Jacobins (Dominicains), disputeroient jusques au bout du
jugement, poursuivant les traces qu'ils ont commencées, ils
ne feront pas autre chose que s'engager beaucoup davantage,
Tone et l'autre estant à cent lieues de la vérité... Je fCo%e dire
à personne du monde ce que je pense, selon les principes de
saint Augustin , ^une partie des opiniofis de ce temps , et
particulièrement de celles de la grâce et de la prédestination,
de peur qu^on ne me fasse le tour à Borne qu'on a fait à Vautres,
devant que toute chose soit meure et à son temps. Et s'il ne
m'est pas permis d'en parler jamais, j'aurois un grandissime
contentement d'en estre sorty de cet estrange labyrinthe
d'opinions que la présomption de ces erreurs a introduit aux
escholes, là oà un chacun semble travailler à introduire des
nouveautés dangereuses et se faire admirer en rejetant les
anciens, qui par tant de conciles et de papes ont esté approuvez
et admirez par toute l'ancienneté. " On reconnaîtra que ce
seul passage dit tout.
Il est avéré aussi que Jansénius, déjà évéque d'Ipres, se proposa d'imprimer YAugustinus dans une typographie clandestine qu'il avait établie dans son palais épiscopal.
Vàhhé de Saint-Cyran, auteur de la prétendue réforme morale.
— Résultat fnal du Jansénisme.
Nous avons déjà parlé de Saint-Cyran, l'intime de Jansénius. Cet homme osa affirmer, en présence de saint Tincent de Paul, que l'Eglise de son temps n'était plus la vraie Eglise, que depuis six cents ans elle avait dégénéré de sa
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pureté primitive, etc. (1) . Sons prétexte d'un retour à la véritable discipline, il rêva la transformation complète des devoirs et des habitudes de la vie chrétienne. La terreat substituée à l'amont dans les rapports avec Dien, le rétablissemeirt de l'ancienne pénitence canoniqne, l'abandon des sacrements et en patticulier Péloignement du tribunal de pénitence et de la table eucharistique; telle était, en substance, la rérolution qu'il voulait imposer au monde catholique, et il commença par Port-Boyal (2). Les doctrines rigoristes de Jansénius, son froid et dur système sur la grâce, venant en aide à cette idée, Saint-Cyran s'en empara, comme d'un levier nécessaire, pour produire le mouvement qu'il méditait.
Le manifeste du parti, qui devait populariser ces maximes, fut l'ouvrage du docteur Arnauld sur (liaez : eonére) la fréquente communion. Ce livre dangereux obtint un incroyable succès, surtout parmi les grandes dames, les dévotes et même les religieuses. On ne dit rien de trop en affirmant qu'il détermina la fortune du jansénisme.
La prétendue réforme morale introduite par les novateurs devait aboutir au pur philosophisme. En théorie, rendre le christianisme aussi irrationnel et absurde que possible; en pratique, rendre l'usage des sacrements de plus en plus rare, et par conséquent lés rapports avec Dieu de plus en plos difficiles, c'est ce qui ne se fait pas impunément et sans grave péril. Nul ne peut douter aujourd'hui que le scepticisme da 18® siècle n'ait le jansénisme pour père, et que la corruption des mœurs ne soit l'œuvre de Port-Boyal plutôt que de la morale relâchée qu'il reprochait si amèrement à ses adversaires.
(1) Voir Rohrbacher, Ex9toxr9 de VÈgliie, liv. 87, § V, oa plutôt l'abbé Maynard, Saint Vincent de Paul, sa vie, son temps, etc. tom. III. livre V,
(2) C'est l'abbé de Saint-Cyran qui organisa Port- Royal des Champs qu'il peupla de ses adeptes et dont il fit comme un oamp retranché de 1 1 secte.