IV. JACqUBS BOONEN. APPENDICE
gntee oa la concupiscence, prédomine dans son &me. Les cinq propositions dérivent tontes, comme autant de conséquences, de oâtte délectation indélibérée relativement victoriense. Aussi, malgré ses protestations de sauver le libre arbitre, Jansénius n'arrive qu'à le ruiner de fond en comble, et se précipite, à la niitede Calvin, en plein fatalisme (1).
Ce n'est pas seulement à la liberté humaine qu'il s'en pre** nait. Su ressuscitant le faux principe de Bains : Dans l'Aomme Uwt]/ a point de miHeu entre la charité divine et la cupidité ffideuêe (i&) , en d'autres termes, *» tout est grâce ou péché, OBom^e surnaturelle ou œuvre damnable, u il supprimait tout Tordre moral et ouvrait la porte à cette triste philosophie qui n'eat que la négation radicale de la raison humaine. Il ne faut donc pas s'étonner des anathèmes que les jansénistes, sans en excepter Pascal, lancent à tout propos contre la dignité naturelle de l'homme. De l'aveu de l'électique Cousin, tétaient kejéêuitee alore qui défendaient la banne cause (contre les jansénistes), eeUe de la liberté humaine et du mérite des œuvres (3).
« Quand on écrase et ravale ainsi l'humanité, dirons-nous avec un savant religieux, on l'éloigné nécessairement de son unique médiateur Jésus-Christ, homme aussi, mais évidemmeut incapable de prendre une nature incomplète comme la nôtre. Voilà pourquoi les disciples de Jansénius ont été généralement antipathiques aux dévotions qui nous rapprochent de
(1) DManombrables auteurs ont exposé et réfuté ce système. Bornons- D0Q9 à citer un docteur de l'Église, saint Alphonse de Liguori, Œuvra Dogmatique*, t. IV, pag. d64, t. V, pag. é74, et Œuvres Aicétiques, t. 111, p. 159 et suivantes.
(S) Proposition 38, réprouvée parsaiut Pie V.
(3) Voltaire qualifiait les janséninUt de cousins des raiionneurt les cahiniêiêê. 11 aurait dû les appeler leurs /rèreti car les uns et les autres offrent à notre croyance des hommes esclaves de la nécessité, une doctrine inintelligible, une foi absurde, un Dieu impitoyable. (Observations da comte De Maiatre, De f Sçlise Oallicaus, i. 1, chap. IV).
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la sainte humanité da Sauvear. Le calfce si doux et si chrétien du Sacré-Cœur de Jésus leur paraissait surtout intolérable. Quant à la sainte Vierge Marie, c'est à peine si son titre de Mère de Dieu, titre solennellement défini contre Nestorius au concile d'Ephèse , trouve grâce auprès d'eux. Marie n'est certainement pas, pour les jansénistes, la Femme immaculée qui écrase la tête du serpent infernal (1). »
Jansénius fut-il de bonne foi en écrivant ces détestables thèses dans son AuguHinus ? On l'a affirmé, il est vrai, mais si l'on examine ses mystérieuses correspondances avec l'abbé de Saint- Gyran et plusieurs membres de l'Oratoire de France (1), on finit par se persuader que son orthodoxie était suspecte à lui-même. Dans son grand ouvrage, il s'objecte à lui-même les récentes décisions de Rome contre Bains, et il s'écrie : Hareo, faleor; sed quid ad Augustinum? — Il tient l'abbé susdit au courant du travail qu'il poursuit à Louvain en secret (^); se désignant lui-même sous le nom conventionnel de Sulpicius, et son Augustinus sous le nom de Pilmot ou de Séraphi, il lui annonce que Sulpicius s'occupe sérieusement de " Monsieur Adam , » c'est-à-dire de l'état du premier homme. Il prévoit l'opposition que Pilmot ou Séraphi soulèvera, surtout de la part des Jésuites qu'il appelle hardiment les elabaudeurs de V école qui ont corrompu lu théologie. (Lettre du 5 mars 1621). Il ajoute : '/ Si elle se devoit redresser au style ancien, qui est celui de la vérité, la théologie de ce temps n'auroit plus aucun visage de la théologie, pour une grande partie ; ce qui me fait admirer grandement les merveilles que Dieu a fait maintenir son Espouse d'erreurs.. •
(1) Le P. Van Aken, Étude sur le schisme janséniste en Hollande, insérée dans les Éludes religieuses des Pères de la Compagnie de Jésna, 17e année, 1873, tom. HT, pag. 353.
(2) Il existe plus d'une édition des lettres très-aatbentlques de Jan« sénias à Saint-Cyran depais 1617 jusqu'en 1635. Cette correspondance fut découverte au moment que Saint-Cyran fut arrêté par ordre du roi.