‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 151 sur 181 · VII. ALPHONSB DB BBRGHBS · texte numérisé non relu

VII. ALPHONSB DB BBRGHBS

une productii^n hypocrite, éminemment dangereuse, paiâqtt'ils avaient pour but caché d'éteihdre dans Tesprit des fidèles la confiance dans Tintercession de la Mère de Dieu. ^Université toujours orthodoxe de Majence prononça ce jugement sévère : Damnamus Monita ut scandalosa^ noxia, officinam jansenianam olentia^ et gustui LiUhero-Calvinicorum vehementer arridentia. L'Iyiquisition d'Espagne censura les Avis dès qu*ih parurent, et le Siège Apostolique les mit .en 1075 au nombre des livre» défendus. En Belgique, il s'éleva un immense cri d'indignation contre les détracteurs de Marie; un seul prélat, un Français, Mgr Gilbert deChoyseul, alors évoque de Tournai, eut la témérité de couvrir les Avis de son patronage (i).

Les novateurs en voulaient singulièrement à 1'%perdulie, au culte éminent de Marie qui fut de tout temps cher à tous les cœurs vraiment catholiques. Cette animosité avait sa source dans le système môme de Baius, développé et complété par Jansénius. fiaiUs avait osé soutenir que Marie, ayant été conçue avec la faute originelle (assertion contraire à toute la tradition) et par conséquent soumise à ce que les jansénistes appellent la nécessité de pécher^ avait souffert ici-bas et était morte en châtiment du péché originel ou ao-

(1) Voir son rapport adressé an Saint-Siège en 1678, dans les Jm$' iâeUs pomriirvir à fhiitoire êceiéiiaiiiqus de Belgique, t. IV, notamment à la page 382. Dans cette pièce, l'évéqae veut néanmoins se justifier du reproche de janaénisme., qua» ejtisiimapêrau , dit il (pag. 356), jam /mUêe ad phandumaU» aut puerorum Urficulamenla amandandum* Son ordonnance synodale sur la publication de la bulle Gnm oceaêUnèê d'Innoeent XI (11 mai 1653), fut mise à T Index par décret du 23 avril 1664. Cboyseul était d'aillenrs on esprit distingué, et de monr» aostèfes.

tael (i). D*autr6 part, son système détruisait le librearbitre de l'homme et préparait ainsi les voies au fa talisme de la prédestination janséniste. De telles aberrations ne laissaient aucune place à la puissante intercession de Marie ou à la confiance des fidèles. Les partisans de Baius et de Jansénius allèrent jusqu'à dire, avec les nestoriens du cinquième siècle, que Marie, étant conçue dans le péché d'Adam, ne pouvait pas être proprement et véritablement la Mère de Dieu, qu'on ne pouvait pas môme l'appeler la Mère de miséricorde ou le refuge des pécheurs (2). Aussi vit-on se répandre à profusion des opuscules latins, français, flamands, qui étaient ouvertement hostiles au privilège de la virginale Mère de Dieu, Virgo et Deipara (s).

Mais revenons à Tarchevéché de Malinea.

lie parti janséniste avait essayé de £sdre pénétrer ses blasphèmes jusque dans les écoles des enfants. H répondit des abécédaires où la dernière partie de la salutation angélique était changée dans son essence ou entièrement retranchée. Notre archevêque, pourquoi ne pas l'avouer ingénument, n'avait pas eu connaissance de cette manœuvre ou il l'avait même tolérée. Mieux éclairé vers la fin, il proscrivit VAve Maria janséniste par décret du 3 juin 1688 (4). L'évéque d'Anvers, Jean-Ferdinand Van Beughem, fit plus; il publia, le 9 juin 1688, un décret motivé contre les détracteurs

(1) Prop. 73 inUr Batanas,

(8) Voir Le Neitorianime renaiêiani, par le P. Ririère, 1603.

(8) Voir les Précis hishriquet da P. Broeckaert, année 1873, p. 837 et eqq. V Imago primi taculi Jaiu, t. III, entre dans de longs détails à ce sujet.

(4) Verbodi van uJker A. B. C. boeekskên raeeietuh dan Weett-O^çroei.

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du culte de Marie (5). Dans la suite, il ^s'associa à la lutte de son métropolitain Précipiano contre la nouvelle secte qui troublait la Belgique. Grâce à leur énergie et à leur vigilance, ainsi qu'à la foi profonde et au bon sens de nos populations, la tentative diaboliqjae des jansénistes échoua complètement.

Rappelons le décret archiépiscopal du 25 novembre 1675 porté contre la pratique scandaleuse du lahaisme^ alors trop commune dans les paroisses rurales de notre pays. " La plupart des doyens de notre archidiocèse, dit l'archevâque, nous ont fréquemment signalé les conventicules licencieux que des filles et de jeunes gens, parfois môme des personnes mariées, tiennent dans les cabarets et autres endroits de la campagne, pour s*y livrer à la boisson, à la licence, à la danse, à des conversations et des chansons malhonnêtes, à d'autres actes de coupable étourderie. Nous enjoignons aux curés de faire tous les efforts possibles pour extirper cet abominable abus qui cause la perte de tant d*âmes, et de faire même appel au magistrat des villages où se commettent de pareilles indécences. Si les scandales continuent, nous nous verrions forcé de recourir aux mesures de sévérité (2). « Dans les diocèses de Gand, d'Anvers et de Ruremonde, les coupables encouraient un cas réservé dans le tribunal de la pé-

(4) SfM. Bêlg. UI, p. XLVIII.

(8) Sf». B€Îff, II, 3S3. Dans les proviaoes flamandes ees réonions s'appelaient lab^â^e», datuichoUn, ipeeUeholen, tpiMningê», etc.

886 PKBMISRE PtelOD».

nitenoe(i). Lelabsûsme^ proscrit en outre- par ltt;ondinaires de Bruges* de Bois-le-Duo^ de Tournai et dsi Namur, le fut également par des placards de Charles IL

Le décret archiépiscopal du 4 juin 1680 règle les conférences mensuelles des ourés sur des matière» spirituelles et théologique8(2). La même année, la ville et le diocèse de Malines célèbrent avec pompe le neuvième centenaire ou jubilé du martyre de saint Romhaut. Ces fêtes navaient pu être célébrées en 1675, à cause de la guerre entre l-Espagne et la France (d).

Par une ordonnance du 2 avril 1682, Mgr de Berghes rappelle aux doyens qu'ils ont à veiller sur Texécution de diverses prescriptions relatives à Tinstruction religieuse des enfants, aux bans des mariages, a\lx vêpres et au salut à chanter tous les dimanches et lès jours de fêtes, etc. Il exprime en même temps le vœu que les curés érigent dans leurs paroisses respectives là confrérie de la Très-Sainte Trinité, mais surtout les confréries du Très-Saint-Sacrement de l'autel et de la Sainte- Vierge (4). Ces excellentes mesures ne peuvent avoir été que fort désagréables aux jansénistes.

En 1G83, Mgr de Berghes présida, dans son palais de Bruxelles, la réunion de ses suffragants : Réginald Cools, évêque de Ruremonde; Jean-Ferdinand Van

(1) Le premier décret que noas trouvons est celai qu'Antoine Trieel, éféqne de Ound, publia en juin 16 2S contre les éoêhs de daoMi et do J^a. Voir 5jr«. Belçr IV, 29i, ad V.

(2) Sy». Belg. 11, S84.

(3) Voir De Manck, Geéknek'SchriJUn, et notre petit on? rage : VU de iaint Rombaut, apélre de Malines , ohap. XIV (AlaliiiM. cbes Van Veleen« 1875).

(4) lùid. 3S8.

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