‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 43 sur 181 · I. LE CARDINAL OKANVBLLE · texte numérisé non relu

I. LE CARDINAL OKANVBLLE

de toatea les dignités et prébendes de l'église d'Arras ainsi qae d'antres bénéfices, et cela sans compensation aucune, puisque ceux de Matines sont déjà de ma collation ; malgré mille autres difficultés semblables qui se présentent à mon esprit et pourraient justifier mon hésitation : comme V. M. m'a signifié sa volonté d'une manière si expresse, il n'est rien de si impossible que je ne doive du moins l'entreprendre. Je n'épargnerai rien pour justifier le choix de V. M., dans la confiance que Dieu qd connaît ma bonne volonté m'aidera et suppléera ce qui me manque de forces. C'est dans cet esprit que j'ai répondu à Madame (la gouvernante générale), lorsqu'elle m'a parlé de cette affaire AU nom de Votre Majesté(l)'.

La demande et les informations ayant été envoyées à Rome, le pape Pie IV signa les bulles d'institution. Le nouvel archevêque de Malines fut même honoré de la pourpre romaine au consistoire du 26 février 1560.

L'élévation de Granvelle au cardinalat lui fut annoncée par une lettre du cardinal Borromée (saint Charles}^ neveu du pape régnant. A ce sujet, il écrivit au roi, le 9 mars suivant :

Longtemps j'ai cherché à me soustraire à cette dignité, et plnsfeurfe foîé déjà Je l'avais formellement refusée lorsqu'elle me fut offerte, parce ^'en toute vérité je m'en croyais et je m'en crois encore peu digne. Une aotre considération me retenait encore : c'est que Tacceptation d'une pareille faveur eût pu nuire aux intérêts du service de l'empereur défunt,

(1) Papigrt d^ttat^ VI, 97. On lit dans une autre lettre écrite au roi, le 13 mai 1663 : • Ils (les mécontents) disent partout que l'institution des nouveaux sièges n'a eu d'autre but que de satisfaire mon ambition ; heureusement Y. M. sait mieux que personne si j'ai convoité l'archevêché de Malines, et si je ne l'ai pas suppliée souvent de me dispenser de l'aoeepter. J'aurais cent fois mieux aimé, en effet, conserver mon évèché d'Arraa...* Papiert d'État, VI, 666. Voir aussi Carresp.de Philippe II, 1. 1. p. 207.

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de Miote Bénoire. A cette époqoe j'étais chargé, tant dans les diètes qR'en dehors» des afiûres d'Allemagne, et de plus j'aurais été dans Fimpoissanee, à moins de compromettre les intérêts de ma fortone et cens de ma famille, de tenir oonfenablement le rang qoe m'impose nne si hante dignité. Anjourd'hni que 8a Sainteté jette de non? ean les yeux sor moi, je n'ai pins à £ûre rabir les excnses qne me fournissaient les d'Allemagne*

Après avoir indiqué d'autres motifis qui ne lui permettent pas de refuser encore le cardinalat, auquel il a été peut-être élevé à la demande même du roi, il supplie S. M. de lui faire connaître son désir : " J'attendrai vos ordres sur ce point, dit-il, sans faire jusque-là aucune manifestation extérieure d'acceptation ou de refus (i). Il

Philippe II répondit :

L'ambassadeur Vargas m'a fait connaître que 8a 8ainteté, lors de la dernière création des cardinaux, vous avait honoré du chapeau ; cette nouvelle m'a causé un grand plaisir, et j'ai voulu vous témoigner par la présente, vous invitant à prévenir le Souverain-Pontife que vous acceptez cette faveur (9)... Ma satisfaction s'accroit, lorsque je réfléchis combien cette dignité vous convient sous tous les rapports. Acceptez donc, et puissent en résulter pour vous tous les avantages possibles ; car en ce qui concerne le service de Dieu, le mien propre et l'avantage de la religion, j'ai la conviction que ces divers intérêts y trouveront ansai leur compte (S).

Far une distinction exceptionnelle, le chapeau, et non simplement la barrette, fut apporté à Granvelle par un camérier de la cour pontificale, Théophile de Herhenna, Frison de naissance. Ce fut Philippe Nigri, doyen de Sainte -Gudule à Bruxelles, qui posa le cha-

(1) Papiers d'Éiai, VI, 296297.

(2) iàid. 300, Lettre du 17 mars 1561.

(3) Iàid. 309. Lettre du 2 wril 1661.

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