I. LE CARDINAL 6RANVELLE
chœur de Saint - Rombaut. Le môme jour, après vêpres, il assista au sermon prêché par le père Pépin Rosa, son suffragant désigné.
Le lendemain, il consacra dans l'église métropolitaine le docteur Pierre de Corte, dit Curtius, premier éTêque de Bruges, et le docteur Nicolas Vander Burcht, dit a Castro^ premier évêque de Middelbourg. Les assistants étaient Martin Cuperus, évêque suffragant de Cambrai et Nicolas de Spira, abbé mitre de Tabbaye de Grimbergen. Ce dernier y avait été invité la veille par une courte lettre du cardinal (i).
Il donna aussi le caractère épiscopal à six autres prélats, savoir : le docteur Martin Rythovius pour le siège d'Ipres, et le F, Bosa^ comme évêque-coadjuteur de Malines (2 novembre 1562) ; le docteur François Van De Velde, dit Sonnius, pour le siège de Bois-le- Duc (10 novembre 1562; ; Wilhelm Damasi Lindanus pour celui de Ruremonde (4 avril 1563) ; Jean Knyff pour Groningue, et Gérard Haméricouri pour Saint- Omer (12 septembre 1563). Les cérémonies du sacre eurent lieu à Sainte-Gudule de Bruxelles.
Sur le siège d'Arras, Granvelle eut pour successeur le pore François Richardot, de Tordre de Saint Augustin. Ce prélat avait été un des premiers professeurs du collège que Nicolas Perrenot avait fondé à Besançon pour l'enseignement des langues anciennes et de la ! théologie ; il concourut, depuis, à l'érection de l'université de Douai dans le diocèse d'Arras.
L'archevêque de Malines, retenu à Bruxelles à
(1) Beprodaite ^r De Munck, Oedeneksehri/ten^ page VU de l'app.
112 PKEHIBRE PERIODE.
proximité de la cour, résida peu dans la cité métropolitaine, et ne put veiller en personne aux besoins spirituels de son troupeau. C'était un grand mal, sans doute, mais un mal que les circonstances rendaient presque nécessaire. Il ne faut pas oublier d'ailleurs que la bulle des limites du nouveau diocèse n'était pas encore mise en exécution.
Il est connu de tout le monde que Granvelle ne tarda pas à encourager la jalousie et la haine de la haute aristocratie, spécialement de Guillaume, prince d'Orange, qui dès lors avait juré de détruire entièrement la domination espagnole dans les Pays-Bas (i). Le prince, gouverneur de la Hollande, de la Zélande et d'Utrecht, sut s'attacher spécialement le comte de Hornes qui avait le commandement des forces navales . et le comte d'Egmont, gouverneur de la Flandre et d'Artois. Voilà le triumvirat qui se fit un plaisir de soutenir le parti anti-cardinaliste et osa solliciter le rappel du cardinal. Pour se défaire du roi, il fallait commencer par se défaire de celui dont la présence gênait les vues des révolutionnaires.
Dans le principe, dit Strada, les grands seigneurs ne craignaient pas beaucoup la puissance de Granvelle,
(1) Il avait conçu ce dessein pendant le séjour qu'il fit en France après la paix de Càteau-CJambrésis. «Je confesse, dit-il lui-même dans son Apologie, que dès lors j'entrepris à bon escient d'aider à faire chasser ceste vermine d'Espagnols hors de ce pais, et ne me repens point de l'avoir faict. «