I. Lfl CARDINAL GRANYELLE
Le roi n'eut que des éloges pour la conduite de Granvelle à l'égard des deux docteurs, et lui recommanda de veiller soigneusement à ce que cette regrettable discussion ne se ranimât plus dans la suite (i).
Sur ces entrefaites le concile de Trente s'était rouvert, et un nonce extraordinaire, Jean- François Commendon, était venu aux Pays-Bas pour engager les évéques et les théologiens à s'y rendre. Granvelle reçut dispense pour lui-môme ; mais il y fit envoyer trois évoques du pays, à savoir : François Richardot d'Arras, Martin Rythovîus d'Ipres, et Antoine Havet de Namur, ainsi que trois docteurs de Louvain : Corneille Jansenius de Hulst, Baius et Hesselius (1563). On avait espéré que le contact de ces deux derniers avec les sommités théologiques du concile leur aurait dessillé les yeux. Malheureusement cette belle espérance fut déçue. Les matières qui avaient été traitées en leur présence n'avaient aucun rapport avec les points en litige dans leur esprit, et ils revinrent dans les mômes dispositions où ils étaient partis. » Après le retour des nôtres du saint concile de Trente, dit Ravesteyn Thiletanus, on recommença dans nos écoles théologiques les disputes relatives aux nouvelles doctrines.Nous avions espéré qu'ils seraient revenus à d'autre idées, après en avoir conféré avec les savants personnages du concile ; mais nous avons appris qu'ils n'en