‹ Histoire des archevêques de Malines [microform]Chapitre 73 sur 181 · I. LE CARDINAL GRANVELLE · texte numérisé non relu

I. LE CARDINAL GRANVELLE

tetir dévoué sans bassesse, gy^and sans orgueil; et l'autre, M. Duvernoy, protestant d'ane ferveur égalée celle de M. Groen van Prinsterer, dit que du moment que toutes les pièces du temps seront publiées, */ Ton rf cessera de reprocher à Granvelle d'avoir provoqué, ) par son ambition, son esprit haineux et de perfides

> conseils , l'insurrection des Pays-Bas et l'emploi de

> mesures sanguinaires (i). »

Au surplus, il serait injuste d'oublier qu'aucun ministre, avant lui, n'avait fait plus en faveur des lettres et des arts. De concert avec le chef-président Viglius, Granvelle travailla à faire créer l'université de Douai (2), qui devint un des ornements du diocèse d'Arras et des Pays-Bas espagnols, et s'est toujours glorifiée d'être la fille de V Aima Mater de Louvain. Il faudrait une longue liste pour citer seulement les noms des littérateurs, peintres, graveurs et dessinateurs qu'il soutint par sa munificence et dont il sut exciter ou récompenser les travaux. Les Aide, qui furent pour l'Italie ce que les Etienne furent pour la France, reçurent de lui de nombreuses marques d'encouragement. Ce fut à l'instigation, sous les auspices et en partie avec les écus du cardinal, que Christophe Plantin, Varchi-typographe royal d'Anvers, édita sa Bible Polyglotte (3), ce prodige d'impression, des psautiers, des antiphonaires à notes,

(1) Bulletins de la commmion royale d'hisloire, 1" série, tom. II, pag. 31^. 3U. Voir aussi tom. IX, pag. 256, où M. Gachard cite le témoignage de deux ambassadeurs vénitiens.

(2) En 1562. Voir V Annuaire de l*Univenité Catholique, année 1846, pag. 275-280.

(3) Imprimée entre 1568 et 1572 ?ous la surveillance d'Arias Montanos. Voir la Revue catholique de Louvain, t. X. p. 654-662,

des missels de valeur, les œuvres de Théophraste, la Somme théologique de saint Thomas, et plusieurs autres ouvrages encore très-recherchés aujourd'hui. Son savant bibliothécaire Suffride Pétri, né dans un village de Frise (entre Dokkum et Leeuwarde), les érudits Etienne Pighius, Pierre Nannius et Juste-Lip^e, le littérateur et philologue Antoine Morillon, frère du prévôt Maxirailien Morillon, l'antiquaire Fulvio Orsino, le jurisconsulte italien Alciat, le jurisconsulte belge Pierre Peckius (i), plusieurs autres lettrés, poètes et antiquaires étaient au nombre de ses protégés. Les deux Granvelle, père et fils, ont été l'un et l'autre les Mécènes de leur siècle, comme ils en ont été les plus habiles politiques. Aussi le comte de Nény disait-il en 1775 : " Les » Pays-Bas ne doivent jamais oublier ce qu'ils doivent H aux Perrenots; leur ministère est une époque dorée « pour ces provinces (2). « Ce n'est pas aux Belges, ajoute le baron de Gerlache, qu'il appartient de joindre leurs voix à celles des détracteurs du cardinal.

M. Weiss, dans la Biographie universelle^ loue également le talent et le grand caractère de Granvelle. «Les écrivains protestants, ajoute-t-il, en l'accusant « d'avoir été la cause des troubles des Pays-Bas, ont t cherché à excuser les excès et les désordres dont se If souillèrent alors les partisans de la réforme. "

(1) Natif de Zierckzée, professeur de droit à Louvain, conseiller à Malines en 1686 où il mourut en 1589. 11 est le père d'un autre Pierre Peckius, qui devint conseiller de Malines, puis chancelier de Brabant et conseiller d*État. 11 avait épousé la sœur de l'archevêque Jacques Boonen et mourut à Bruxelles en 1025.

(2) Paroles citées par Grappin, Mémoire hittorique où Von essaie de prouver que Granvelle tCeut point de pari aux (roubles des Pays-Bas dans h 16e siècle (Besançon 1787).

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