I. LE CARDINAL GRANVfiLLE. — APPENDICE
septembre 1589, après avoir pris part, avec Cuyckius, Grarius, etc. à la Censure prononcée par la Saorée-Faculté contre les doctrines des jésuites de Louvain.
Un fameux janséniste, D. Gabriel Gerberon, n'ignorait pas que Baius était le précurseur de Jansenius; il se fit un devoir de publier ses œuvres complètes : Michaelis Bail, ctleberrimi in Lovaniensi Academia theologi. Opéra, cum buUis Pontîjicum et aliis ipsius causam spectantibus,., collecta, expurgata, et pïurimiê quae hactenus delituerant Opusculis aucta , studio A, P, ikeologi, in-4®, Cologne 1616.
Le lecteur qui désire avoir une idée exacte des fausses doctrines de Baius, peut s'adresser à Suarez, Tournely, Noël- Âlexandre, etc. Il en trouvera une réfutation concise mais claire, dans saint Alphonse de Liguori, Œuvres Dogmatiques, traduction du P. Jules Jacques, tom. V, pag. 438-474. Les enseignements de saint Alphonse ont d'autant plus d'autorité que le Saint-Siège lui a décerné le titre de Docteur de TÉglise.
Tout le monde sait que le baïanisme se renouvela et s'aggrava dans le système de Jansenius et de Quesncl : Ex Baianîsmo pnUulavit Jansenismus, indeque velut coluber tortuosu^, progna^ naim serpsit Quesnellismus, dit Foppens, Biblioth, Belg.
Le D' Jacques de Bay, neveu de Michel, mort en 1614, a laissé un Traité sur TEucharistie, dédié à saint François de Sales qui le remercia par une affectueuse lefttre.
Jansonius.
Jacques. Janssoen, dit Jansonius, fut lié d'amitié avec Michel Baius dont il avait été l'auditeur, avec l'archevêque Hauchin à la prière duquel il composa une petite Rhétorique sacrée (1), avec Tarchevèque Hovius et le docteur Qravius dont il fit l'éloge funèbre, avec Corneille Jansenius qui devint
{l)Caiholici Eeclesia'sia b revis per ar fleuron digefita Insiructio, 1586. — On la trouve dans les opuscules de Steyaert, III, 345 et sqq.
17 i PREMJÈRE lÉRlODE.
évêqae d'Ipres, avec rarchevôque Jacques Boonen^ le vénérable Bellarmin, etc.
Né à Amsterdam en septembre 1547 de parents fort pieai mais peu favorisés de la fortune, Jansonius vint à Louvain (1560) où il fut porté sur la matricule du Porc. Le cours biennal de philosophie achevé, il passa à l'étude de la théologie au collège du Pape sous la présidence de Michel Baius. Nommé professeur royal d'Ecriture et chanoine de Saint-Pierre (1580), il prit le bonnet du doctorat en 1584. En 1589 il succéda à Baius dans la présidence du collège. En 1614 il devint dojen da chapitre de Saint-Pierre et trépassa le 20 juillet 1625, àTâge de 78 ans. Sa dépouille mortelle fut inhumée, à côté des restes de Baius, dans la chapelle du collège du Pape. L'épitaphe disait : Quomodo in vita dilexerunt se, ita in morte non aunô divisi,
Jansonius a-t-il été aussi attaché à la doctrine de Baius qu'à sa personne? Le savant docteur Danes {Oeneralis temporum 7iotio) et l'auteur de Vlmago primi sœculi Jansenisùarum (1® P. Huylenbroucq, nous apprennent que Jansonius goûta le baïauisme et le transmit à son disciple Jansenius ; on ajoute, à tort peut-être, qu'il n'avait aucune sympathie pour la Compagnie de Jésus qui avait combattu le nouveau système. Paquet, Mémoires, V, 1 99, dit que si Jansonius suivit quelque temps le baïanisme, il l'abandonna dans la suite et qu'on n'en découvre pas la moindre trace dans ses écrits. Toujours est-il certain (et ce détail honore sa mémoire) qu'il mérita et conserva jusqu'à l'âge le plus avancé l'affectueuse estime du cardinal Bellarmin avec lequel il avait lié connaissance à Louvain dans sa jeunesse. L'Annuaire de P Université Catholique, année 1842, pag. 143, reproduit une belle lettre de Bellarmin à Jansonius.
JEAN HâUGHIN
Devise : Prasis uJi prosis.
Devant l'ancien maître- autel de la basilique métropolitaine on voyait autrefois une pierre sépulcrale portant cette inscription latine, dont nous faisons suivre la traduction :
D 0, }I. JoANNi Hauchino, Archiepiscopo Mechliniensi II, viro ificomparabili, qui non innùtii jam obsoieêis majorum suorum imaginibu», ied propria virfute, per omnes taera militia gradus ad Jrchiepiicopaius apicem^/avanfe Numine^ ivtctus. Hase ubiquâ gessiê, uicandore, comitate, prudiMiia, pielate, vivtts exaeium oniuibus exemplum, mortuus sni ingeni deûd^rium reliqueriL Vixit annos LXfl, in archiepiscopaiu FI. Obiit anno t^êiauraiae saluiis MDLXXCIX^ ipsis Nonis Januarii,
A la mémoire de Jean IIauchin, deuxième archevêque de Maliaes. Cet homme vraiment admirable, faisant oublier les insignes de ses
ancêtres, passa par tous les degrés de la milice sacrée et se vit eii£a éleréi par ses propres mérites et la grâce de Dieu, à la dignité archiépiscopale. Dans toute sa vie, il fut l'exemple des fidèles par sa candeur, sa bonté, sa prudence et sa piété ; après sa mort, il laissa, des regrets universels. Il gouverna le diocèse durant l'espace de six ans et mourut, à Tâge de 62 ans, le 5 janvier de Tan de grâce 1589.
Si nous reproduisons cette épitaphe peu connue, c'est parc^ qu'aujourd'hui aucun monument ne rappelle aux fidèles, dans l'église de Saint-Rombaut, la mémoire du second archevêque.
Armes : d'argent à six fasces d'azur, avec la devise : Prœsis ut prosis, c'est-à-dire, gouverne, mais pour faire le bien. Nous allons retracer sommairement la vie et les travaux de Jean Hauchin.
Jean Haussinou mieux Hauchin, jffawoAmtw, entra dans la vie à Grammont en 1527 et fut baptisé dans l'église paroissiale de Saint-Barthélemi. Issu d'une branche de l'ancienne et noble famille de Berlaymont (i), mais que les malheurs du temps avaient ruinée, il dut tout à lui-même, et, comme dit son épitaphe, ce furent ses seuls mérites qui le portèrent, de degré en degré, au sommet de la hiérarchie.
Jean fit ses premières études dans sa ville natale. Porté ensuite au rôle des étudiants de Louvain dans
(1) Ulpote qui a Beralomonlio Castro slemma ducercfil ^ esl-il dit dans son oraison funèbre.