II. 7BAN HAUOHIN
de Ross au comté de Corck, que la persécution de la reine Elisabeth avait chassé de l'Irlande. Cette asser* tioû ne paraît pas exacte. Lesley a été, il est vrai, le coadjuteur in pontificalibus d'un archevêque de Rouen ; mais nous ne trouvons pas qu'il ait exercé les pontificalia dans le diocèse de Malines; igi témoignage, délivré le 13 janvier 1595 et signé de la main d'Hovius» ne fait aucune mention du fait. Rappelons néanmoins qae cet illustre évéque qui avait pris la défense de son infortunée souveraine, Marie-Stuart, trépassa à Bruxelles le 31 mai 1596 et fut inhumé dans l'abbaye Norbertine de Grimberghen.
Par lettres signées le 10 novembre 1589 au château royal d'Aranjuez, en Castille, Philippe II désigna le cardinal Alanus, résidant à Rome, pour le siège vacant. Il y a quelque intérêt à faire connaître brièvement cet homme distingué.
Guillaume Allen ou Alljn, dit Alanus, né en 1532; à Rossai, au comté de Lancastre, alla s'établir à Louvain en 1559, pour se soustraire à la persécution de la reine Elisabeth qui venait de monter sur le trône britannique, et reçut à Malines tous les ordres sacrés. Devenu prêtre, il retourna en Angleterre, mais s'enfuit de nouveau en Belgique en 1568. Reçu docteur en théologie à Douai en 1571, il fonda dans cette ville un séminaire anglais et transporta ensuite cet établissement à Rheims où il avait obtenu un canonicat. Ses savants écrits et son activité pour la défense de la foi
catholique lui valurent la pourpre cardinalice (7 août 1587) que lui déféra Sixte-Quint. ÉtabU dans la Ville éternelle, il fut Tun des conseillers de la cour romaine pour les affaires spirituelles de l'Angleterre (i).
Informé de la nomination du cardinal Alanus, le chapitre métropolitain lui adressa, le 20 décembre 1589 une lettre de congratulation. Le cardinal y répondit, le P' février 1590, dans les termes les plus touchants. Nous donnons sa lettre dans l'appendice (p. 203). Le pieux évéque d'Anvers, Liévin Torrentius, félicita également Alanus sur sa promotion (2) et le supplia d'arriver sa ns délai à Malines ; «/ car, disait-il. c'est surtout à une époque comme la nôtre que nous avons besoin d'un pareil défenseur (s).» Malheureusement les troubles des Pays-Bas, les dispo^'îtions à prendre pour rétablir la dotation de l'archevêché et amortir les dettes, la faible santé et l'âge avancé du cardinal Alanus qui avait déjà un pied dans la tombe, retardèrent son départ. Il paraît en outre que Clément VIII le retenait à Rome, parce qu'on y avait besoin de ses conseils pour les affaires de l'Église en Angleterre. Quoiqu'il en aoit Alanus mourut à Rome le 18 novembre 1594, à
(1) Le lecteur troavera de plus amples détails sur la vie et les écrits d'Alairaa dans Paquot, Mémoifâs pour servir à l'histoire littéraire de' di^'Sept Provinces des Pays-Bas, tom. XVIIL
(2) «... Valde ga?isus fui tum illius (Mechliniensis) tum nostrae quoqae Antverpiensis, quae illi subest, Ecclesiae causa ; sed multo magis, cam Roma a Tomacensi Episcopo {Fenduille) nuntiatom fuit te pro- ▼indam hanc jam suscepisse... • Lettre du 85 janvier 1590.
(3) • Merito optamus ut quam primum ûeri poterit, ad nos (CeLsitudo Tua) se conférât ; tali enim defensore his maxime temporibus egemus. • Lettre du 6 octobre 1591.