II. JfiAN HAUCHIN
ïàge de soixante-trois ans, laissant une foule d'écrits de théologie polémique.
Dès avant le décès d'Alanus, à savoir au début dâ Tan 1593, le roi d'Espagne avait laissé tomber les yeux sur Liévin Torrentius, second évoque d'Anvers. Celui-ci fut saisi d'étonnement et de perplexité en apprenant, à Bruxelles, que Sa Majesté l'avait désigné pour le siège de Malines et que les lettres royales étaient déjà arrivées (i). Le chapitre lui ayant envoyé une lettre de congratulation, Torrentius répondit en ces termes, le 1" avril 1593.
n a pla à S.. M. le Roi de me nommer, malgré mon inditçnité, à FarcheTêché de Malines. Je devrais accepter cet bonnear avec d'autant plas de joie qu'il est plus gratuit. Néanmoins, connaissant ma faiblesse, augmentée par Tàge avancé, j'ai prié S. M. de vouloir m'excuser pour on temps. J'ai encore quelques affaires à arranger pour mon Église d'Anvers et le monastère de Saint- Bernard, et j'espère que je pourrai achever cette besogne, surtout si S. M. daigne écouter favorablement une demande très- légitime que je lui ai faite, il y h deux mois (2). Entre temps je prendrai oonnaiwance dn lamentable état de votre Église et de Tabbaye d'Afflighem. L'honnêteté, en effet, me défend de laisser
(1) • Lfoco cardinalis Âlani... me desîgnavit archiepiscopum Mech- Hniensem ; obstupui plane hoc nancio et perplexus haesi ; nam et Régi pUcere et £cclesiae illi valde laboranti prodesse cupfo. • Lettre à Arias MooUnus. 30 avril 1593.
(2) Torrentius avait demandé que l'abbaye de Saint-Bernard sur l'Escaut, incorporée à l'évêché, fût rendue libre afin de la sauver de la mine qai la menaçait. Écrivant, peu de semaines avant sa mort, à son ami Arias Montanus, il dit: • Redeat ergo nobilissimum S. Bernardi mo« naaterinm ad pristinum statum , dummodo Antverpiensibus futuris epiacopis nihildesit non dico ad necesaitatem, verum etiam ad dignita* tem, quemadmodum factum videmus de ecclesia Buscoducensi et Tongerioensi monaaterio, etsi minor subesset ratio quam in eo quod uunc a me petitur. • Lettre citée dans les BulleUiu de la commUtion royaU d'histoire, 2e série, tom. VII, pag. 324.
£00 PBBMISBE PiBIODE.
inachevée l'œuvre dont je dois m'oocaper ici, et d'en entreprendre une nouvelle sans les connaître et sans délibération préalable. Afin donc de n'avoir point à revenir sur une décision, j'attendrai la réponse royale. Je ne serais point fâché, assurément, si un autre était nommé; leS hommes capables ne font pas défaut, et quant à moi, ma besogne actaelle est assez rode. Si l'on insiste davantage, et si je vois en outre que je pourrai couvrir les dépenses de celte haute dignité, je me rendrai là où je pourrai être le plus utile à la cause de Notre Seigneur Jésus-Christ et de l'Église son époase. Tant qu'il me restera un souffle de vie, je ne récuserai pas le travail ; puissent mes forces égaler ma bonne volonté !
Ce qui m'effraie beaucoup, c'est qu'il reste beaucoup de dettes, quoi* que l'archevêché soit vacant depuis quatre ans ; il j a aussi plusieurs procès, et, à mes yeux, ils ne sont pas tous des plus honnêtes, puisqu'on élude injustement les demandes des créanciers par des délais de jugement, ce que, pour ma part, je ne saurais souffrir (1), D'ailleurs à Malines, il n'y a pas encore de demeure fixe pour l'archevêque, et l'église est dépourvue d'ornements. Il faut donc, avant tout, que vous me fassiez connaître l'état réel des biens et ordonniez aux administrateurs actuels de ne rien faire d'important sans notre avis, qui ne fera pas défaut. Je n'y cherche aucun gain ni avantage. Qu'ils se souviennent que c'est à moi qu'ils auront à rendre compte au cas où j'accepte le poste. Je recommande tout cela à vos ardentes prières (2).
Le môme jour, 1«^ avril, Torrentius adressa une lettre particulière au vicaire-capitulaire Hovius, en le priant d'accélérer autant que possible les démarches à faire afin d'arriver à un résultat (3).
Sous la date du 24 avril 1593, nous trouvons quatre
(1) A la mort d'HaucUin, l'église de Matines se trouvait, par la faute des circonstances, accablée de dettes et dénuée de biens. Au tome II des Bâêpottta iice eomilia de jure pontijicio de Wamesius, on trouve une consultation de ce célèbre jurisconsulte sur une déclaration de roffieial Oudart concernant le testament d'Hauchm et les dettes de l'archevêché.
(2) Bulletins ds la commissia» royale d*hisloirâ, âe série, t. VI), lettre I. {Syn. Belg, 111, Appar«tua, p%g. xxi et xxn).
(3) Bulletins cités, lettre II, p. 3H1.
(4/ Ibid, lettres VI, VII, VIXI et IX, p. 337.341.