III. MATHIAS HOVIUS. 'ZVd
le doyen Rombaut Vergheest étaient également venus chercher un refuge dans la capitale des princes-évéques.
Durant cette sorte d'exil, le curé de Saint -Pierre fut promu par Morillon, principal vicaire-général de Granvelle, à la dignité d'archidiacre. Morillon venant d'être nommé au siège épiscopal de Tournai, il signa la lettre de nomination dans cette ville, le 28 juillet 1582, sous le sceau de Granvelle. Toutefois, comme la ville deMalines se trouvait alors au pouvoir des insurgés, Hovius ne put prendre possession de sa dignité d'archidiacre que le 6 septembre 1585, c'est-à-dire environ un mois et demi après que la ville fût rentrée sous l'obéissance du roi. Quant à la cure de Saint-Pierre, il la résigna, étant encore à Liège, le 16 août 1584, en faveur de son compatriote Jean Bernaerts, licencié en théologie.
L'archevêque Hauchin désigna l'archidiacre Hovius pour présider, en 1585, à la recollection des vénérables ossements de saint Rombaut, arrachés de la châsse en avrU 1580 (i).
Jean Hauchin s'éteignit le 5 janvier ] 589. Cinq jours après, le chapitre métropolitain confia Tadministration du diocèse à l'archidiacre Hovius, avec le secours de trois assesseurs : Nicolas Oudart, comme officiai; Jean Leclercq, doyen du chapitre de Saint-Rombaut, et le chanoine gradué Claude de Longin.
Le vicaire capitulaire rédigea et fit distribuer aux
^1 ) Voir ci-dessas, pa^. 188, et Sollerius, Jeia S, Rumoldi, pag. 14.
214 FJIEMIÈRE PÉRIODE.
confesseurs des instructions qui devaient leur servir de guide dans Tadministration du sacrement de pénitence. Elles avaient été préalablement soumises à l'examen du docteur Clarius, président du collège du Saint-Esprit à Louvain.
Le chapitre métropolitain de Saint-Rombaut ne possédait, à cette époque, que quatorze canonicats, et les prébendes y attachées avaient des revenus si minimes qu'elles ne suffisaient pas à l'entretien des ecclésiastiques qui étaient appelés à en jouir. C'est ce qui engagea le collège des chanoines à se mettre en rapport avec Charles-Philippe de Rodoan, administrateur et prélat désigné de l'abbaye du Saint-Sauveur à!Eename^ afin d'arriver à l'incorporation de ce monastère avec le chapitre de Malines. Le vicaire-général Ho vins, archidiacre, et Henri-François Van der Burch, doyen de Saint-Rombaut, furent désignés pour faire, en ce sens, une transaction convenable avec l'administrateur susnommé, sauf la ratification à faire par le Saint-Siège et Sa Majesté Catholique. On s'arrêta de part et d'autre à une convention dont nous allons reproduire les conditions principales :
P La prélature d'Eename sera constituée en prévôté séculière avec une dotation annuelle de six cents florins de Brabant; cette dignité sera conférée à l'un des chanoines de Malines, qui s'obligera à la résidence per-
(1) Dans la seconde moitié du 16e siècle, l'abbaye d'Eename fat enveloppée dans les grandes raines qae l'hérésie amoncelait alors aux Pays- Bas i/unditus Uerum eversa eo loeo est (en 1594), ni spei prompia resUturationit ulla non supersii (Miresus, IV, 480), Le prélat était nommé pari lesl'goayerneurs-généraax de nos pro7inces«
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sonnelle. La collation de cette prévôté appartiendra, pour la première fois, au prélat désigné susdit, et dans la suite, à S. M. Catholique et à ses légitimes successeurs dans nos provinces.
2^ On constituera, dans l'église métropolitaine, six nouvelles prébendes qui seront conférées, pour la première fois, aux six religieux qui restent encore actuellement dans le monastère, mais à condition que le Souverain-Pontife leur permette de prendre l'habit de prêtre séculier et qu'ils veuillent librement faire usage de la concession.
8** Si les religieux ne veulent pas se faire séculariser, on leur donnera des portions congrues qui suffisent à leur entretien, leur vie durant.
4® Tout le reste des biens et revenus de l'abbaye sera appliqué à la dotation de nouvelles dignités ou à l'augmentation de la dotation de celles qui existent, ainsi que des anciennes prébendes, et à d'autres usages nécessaires de l'église métropolitaine.
5** L'administration des propriétés, Texercice des jurisdictions et la collation des bénéfices de l'abbaye seront cédés à l'archevêque de Malines.
6"^ A la place du monastère détruit on bâtira une chapelle où l'on célébrera tous les jours la sainte messe pour le comte de Flandre qui est le premier fondateur de l'abbaye d'Eename, pour les bienfaiteurs, les prélats et les religieux trépassés.
Cette transaction fut acceptée de part et d'autre le 16 avril 1594, et soumise ensuite à l'approbation du roi, sauf toujours la ratification ultérieure à faire par le Saint-Siège (i). Quel que soit l'obstacle qui est survenu
(1) Voir Mirœus, IV, 477-481.
dans la suite, il est certain que la convention faite entre Tabbaye et le chapitre ne fut pas exécutée et que l'abbaye d'Eename^ restaurée peu après, resta debout jusqu'au moment où les niveleurs français la firent disparaître à jamais (i).
Revenons à l'histoire d'Hovius.
La nomination du cardinal Âlanus et celle de Liévin Torrentius n'ayant pas abouti, comme nous l'avons dit plus haut, le vicaire capitulaire apprit avec étonnement et fraye que Philippe II l'avait présenté au Souverain - Pontife par lettres datées de Madrid le 26 avril 1595, pour la chaire primatiale. Jean Van der Burch, alors chef du conseil privé et ancien président du Parlement de Malines, avait eu l'occasion d'apprécier le rare mérite de Mathias Hovius ; c'était lui qui l'avait signalé à Sa Majesté Catholique. Clément VIII ratifia la nomination royale par bref du 20 septembre.
Hovius fut consacré au chœur de Saint-Rombaut, le 18 février 1596, par le plus ancien sufiragant de la province, Pierre Simons , évoque d'Ipres, assisté des évéques de Gand et de Bois-le-Duc, Pierre Damantius et Gisbert Masius. L'évoque consécrateur lui remit le pcUlium archiépiscopal le 9 juin. On ne trouve pas quel jour Hovius prit possession.
Par décret du 7 août 1596, il transféra à Malines la
(1) CLarles-Philippe de Rodoan , administratenr et prélat désigné d'Eename, fut nommé et consacré éyéqiie de Middelbourg en 1600. Transféré en 1602 à Tévéché de Bruges, il demanda en 1607 au Saint- Siège qu'il fût continué provisoirement dans l'administration de l'abbaye d'Eename dont il venait de faire restaurer les bâtiments. (Voir le Syn. Belg. 1. 1, p. 353). — Nous verrons dans la Vie de Jacques Boonen, i« archevêque, comment le chapitre métropolitain fut renforcé en 1643.