MATHIAS HOVIUS
Devise : Super at patienlia /oriem.
Au sanctuaire de l'église métropolitaine, côté septentrional du maître-autel, se voit un monument funéraire représentant un évéque couché et appuyé sur sa main droite. Sur une lame en cuivre, placée au dessus de la statue, sont gravées les lignes suivantes :
En primus ille Belgii hic tplendor jacei ; Quem sacra, MartU inter et Mortis melus Far Us probatum muniii, Pieias kuic (Auipice Philippo) tertium Arehiepiacopum Dédit eue Cathedrae, députas te Belgieat Pontifiee turmat regere; eonsilio intima Alberto adesee principi. Matthias Hovius^ Suo hic relie to haerede Seminario, rirtUte /ULgens Deslt AffLIgeMll.
Tertio Kalend, Junii anno salutis MD,CXX, uStatis LXXniI, sacerdotii LIF, atehiepiseop. XIF. Celui qui fat une lumière brillante pour la Belgique, repose ici. 11 donna dea preuves de ses vertus dans diverses dignités qu'il remplit au
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miliea des horreoxB de la guerre et de U mort. Sous les anspiees dn roi Philippe, sa piété le fit désigner pour troisième aickerèqne de ce siège ; le SoaTerain-Poiitife loi confia la garde de la première Église de la Belgiqne ; Albert l'appela an sein de son oonseîL Cest le Tertoenx M^tlit^ HoTÎna. Il laissa tons ses biens à son séminaire et cessa de vivre à Afilighem le 30 mai de Tsn de grâce 1620. dans la 78e année de sa vie, la bifi de sa prêtrise, la 25e de son épiscopat.
Mathiâs Hovius avait pour blason : éC argent à trois feuilles pointues en forme cC arbrisseaux^ sur un tertre de sinople, avec la légende : Superat patieniia fortem, la patience remporte la victoire sur le puissant.
L'illustre Pontife qui est connu dans nos annales ecclésiastiques sous le nom latinisé de Mathias Hovius, était né à Malines, en 1542, d'une famille bourgeoise très-honorable. Son père, André Van den Hove, était doyen du métier des foulons (Voldersambacht) et habitait le quartier dit le Ham. Le jeune Mathias était destiné par la Providence à faire de grandes choses dans l'Eglise et à devenir le véritable organisateur du diocèse de Malines.
Sa première éducation littéraire fut dirigée par un digne prêtre hollandais, Martin Duncanus (Verdonck), curé de Wormerveer dans le Waterland (partie de la Nord-Hollande). Duncanus avait remporté la seconde palme au concours général de l'Université brabançonne en 1531 ; il fut dans la suite père ou recteur des maisons de Standonck à Malines et à Louvain.
Le collège universitaire de Standonck était surtout
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destiné aux jeunes gens peu favorisés de la fortune (i). Cest là que Mathias Hovius acheva en 1561 le cours biennal des Artiens^ comme affilié à la célèbre pédagogie du Porc. Puis il passa au collège du pape Adrien VI pour s'y appliquer aux sciences sacrées. Il y eut pour maitres Michel Baius et Jean Hesselius; parmi ses condisciples on distingue Mathias Lambrecht, qui devint évêque de Bruges, et Guillaume Ëstius, qui s'est fait un beau nom comme interprète des épîtres de saint Paul.
Tel fut le succès de ses études que, contrairement à Tusage existant, il fut autorisé à prendre la licence avant d'avoir achevé le terme des années qu'exigeaient les statuts de la sacrée Faculté. Dans Tintervalle, il avait été élevé au sacerdoce par François Sonnius» premier évoque de Bois-le-Duc. Cette cérémonie eut lieu au bourg de Gheel (Campine) où ce prélat était alors en tournée pastorale. Le jeune prêtre revint dans sa ville natale et y célébra sa première messe dans Féglise du grand-béguinage le 29 décembre 1567.
Hovias s*empressa de faire servir ses connaissances théologiques au salut des âmes. D'abord simple vicaire de l'église paroissiale de Saint-Pierre à Malines, il y devint curé en 1569. Dans cette position, il fut témoin des pillages et des sacrilèges auxquels se livrèrent les troupes du duc d'Albe (octobre 1572); lui-môme eut beaucoup à souffrir de cette soldatesque effrénée» au point de manquer presque du nécessaire. L'archidiacre Foppens le dit énergiquement dans sa Belgique
(1) Sor le charitable prêtre Jean Siandonck, natif de Malines, voir Tappendice à la vie d'Hovias, sons le no III.
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Chrétienne : Bonis omnibus spoliatus y cum inopia domi et foris œlluctari debuit.
Le 15 mars 1577, Hovius prit possession d'une stalle parmi les chanoines gradués de Téglise métropolitaine ; néanmoins il ne quitta le ministère paroissial que plus tard .
Dans l'histoire de Granvelle nous avons parlé des désordres dont la ville de Malines fut le théâtre en avril 1580, et connus sous le nom de fureur anglaise. Jean Van den Hove, frère de notre Mathias et père d'un autre Mathias qui mourut curé de Notre-Dame au-delà de la Dyle, y périt, avec plusieurs de ses concitoyens, victime de leur zèle pour la religion et de leur fidélité au roi (i) . Mathias lui-môme n'échappa au fer des orangistes qui demandaient sa mort, qu'en se tenant caché, pendant trois jours, au fond d'une armoire à l'hôtel de de Lalaing-Hoogstraeten. Sorti de cette retraite sous un vêtement de paysan, il se dirigea à travers champs sur Louvain et de là sur Liège. Dans cette dernière ville, il put utiliser ses loisirs forcés en donnant des leçons de théologie aux jeunes religieux du couvent bénédictin de Saint- Jacques. L'official Jean Leclerc et
(1) On voyait autrefois en l'église de Notre-Dame la double épitaphe suivante :
' D. 0. M. et memori» Mathiœ Van den Hove, theologi, hujas sacrae œdia curionis, qui dum ovibus suis, grassante pestifera lue, ut bonus pastor sedulo adest, eadem correptus, summo cum bonorum dolore in flore œtatis occidit prid. Id. Octob. anno Dni M.D.CIII. Et memori» Joannis Van den ffove, Mathis patris, ci vis ao mercatoris Machlinienais , qui avitam religionem ac patriam adversus ingruentes sectarios fortiter propugnans, ab iis cum plurimis concivibus suis trucidatus est V Id. Aprila. Dni M.D.XXG. D. Mathias Van den Hove, Archiep. Mechl. hujns frater, illîus patruus, mœstus P. C.«