‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 103 sur 498 · PLÉIADE DE LA NOGAREDE · texte numérisé non relu

PLÉIADE DE LA NOGAREDE

nel Gleyzes, charmante nouvelle dont le théâtre est dans la Montagne noire, et qui parut en 1799, ainsi que les Agrestes, publiées en l'an IX. Nous y avons trouvé, comme dans Thalysie, des sentiments nobles et purs, des idées élevées. Il y a beaucoup du ton de Chateaubriand, fleuri, sonore, mélancolique. Aussi nous souscrivons au jugement qui a été porté sur ses œuvres : « Ces ouvrages de sa jeunesse révèlent à la fois le penseur, l'homme de bien et le grand écrivain. Il y a dans les Agrestes, dit la Revue britannique (1846), tant d'imagination et d'harmonie d'un bout à l'autre, que l'on croirait lire les plus belles pages de Chateaubriand.»

V. — Après le végétarien de Mazères, il faut esquisser la pléiade de la Nogarède. Nous y trouvons un officier de l'armée, un autre colonel Gleizes (du corps du génie), c'est Auguste Gleyzes, né en 1781 et frère de l'auteur de Thalysie, mais plus jeune que lui de sept à huit ans.

Les Gleizes avaient reçu l'éducation du travail ; c'est pourquoi nous les réunissons tous ici, parce qu'ils prêchent la grande morale du travail lui-même.

Auguste Gleyzes sortit du collège de Sorrèze pour entrer à l'école polytechnique, en 1799 ; les distractions de Paris ne lui firent jamais perdre de vue ni l'importance, ni le but de ses études spéciales. Il alla, en 1802, à l'école d'application de Metz, d'où il sortit avec le grade d'officier du génie. Dès lors, il prouva par quarante années de travaux, d'études, de science appliquée, dans les travaux publics — 1806 à 1839 — que toute sa théorie du droit social était le travail, et que cette éducation lui venait de sa famille. Officier du génie, il servit — de 1806 à 1815, sous l'Empire — fut employé aux travaux nécessités par les grandes

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guerres sur les cotes de la Méditerranée ', aux fortifications de Strasbourg et de Kehl '\ à l'armée du Khin 3, à l'armée d'Allemagne4, à l'armée d'Espagne, au fort de Passages 5, dans la campagne de Russie6, dans la campagne de France7.

V Histoire des Ariégeois doit conserver la mémoire des hommes utiles qui ont servi la France par une vie honorable, travailleuse, qui devient une morale d'exemple. On a relevé un défaut du caractère français, qui ne se rattache pas précisément à l'humilité 8. « Lorsque nous nous trouvons ignorer une chose, nous estimons plus commode de la supposer que de l'apprendre. Ce n'est pas parce qu'on ignore les lois du beau dans la littérature et les arts, qu'on s'abstiendra jamais parmi nous de se prononcer sur la valeur d'une œuvre plastique ou musicale, de comparer le caractère ou la valeur des écoles, d'en prédire la décadence ou le succès. On aura beau ne rien savoir des principes les plus élémentaires du droit naturel, on ne laissera pas d'avoir ses théories pénales, ses projets de réforme, tout un ensemble de dispositions souvent contradictoires, dont on perd de vue l'opposition

1. Il était employé,en 1806, aux travaux delà direction de Montpellier, puis chargé d'établir sur les côtes de la Méditerranée les batteries destinées à repousser l'invasion des Anglais.

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