VICTOR ANGLIVIEL DE LA BEAUMELLE
sciences. Les événements furent tels qu'il dut, à différentes époques, alterner. Sa mère était une Lavaysse ou Lasbaysse, de Pamiers. Appelé à l'âge de vingt ans par la réquisition aux armées de la République, il fit les campagnes de 1793 et 1794, d'abord comme simple dragon, puis en qualité d'officier du génie. Sa santé l'ayant obligé, peu de temps après, à quitter le service, il rentra dans son pays natal, et enseigna la physique et la chimie à l'école centrale de Saint-Girons. Mais, lors de la suppression des écoles centrales, il reprit la carrière militaire et entra, en 1808, au service du roi Joseph. Capitaine du génie, ensuite chef de bataillon, il fit les campagnes d'Espagne, et, lors de la campagne de 1815, servit sous le général Gérard,
Nouvelles vicissitudes. Mis en non-activité, Victor-Moïse de La Beaumelle put reprendre ses chères études, la culture des sciences. Ainsi, placé en dehors du service militaire, il utilisa les loisirs que lui créaient la retraite et sa nouvelle existence, pour collaborer, dans le château de laNogarède, avec son beau-frère J. -Joseph Gleyzes, au développement de son système sur l'alimentation végétale. Il fut saisi surtout d'un goût particulier, ardent, pour la littérature espagnole.
îl obtint une situation au Brésil. Cette situation fît-elle naître son goût pour la littérature espagnole? Est-ce, au contraire, sa science et ses propensions littéraires qui lui firent rechercher cette situation? Nous ne savons.
La Beaumelle, marchant sur les traces de son docte père, avait acquis une renommée comme publiciste. Il a laissé, en manuscrits, des ouvrages d'une étendue considérable sur l'histoire de la péninsule et sur la statistique du Brésil, et il a livré à la publicité les travaux suivants : De l'excellence de la guerre avec l'Espagne (1 823), brochure de 80 pages ; — Coup d'oeil sur la guerre d'Espagne de 1808 à 1814 (1823), broch. in-8° de 124 pages ; — De l'empire du Bré-
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sil considéré dans ses rapports politiques et commerciaux ; Paris, 1823 ; broch. in-8°, de 260 pages; — Arithmétique maternelle; Toulouse, 1 84 1 ; in-12 (ouvrage posthume) — traductions dramatiques de Caldéron, Lope de Yega, etc., insérées dans les Chefs-d'œuvre des théâtres étrangers; Paris, 1822.
Toutefois, si La Beaumelle se rendit au Brésil, c'est qu'il passa au service de don Pedro, empereur du Brésil, en qualité de colonel du génie. Après l'abdication de l'empereur, et lors de la réaction qui se fit sentir contre les étrangers, lepubliciste ariégeois se vit dépouillé de son emploi. Il mourut peu de temps après à Bio- Janeiro, le 29 mai 1831.
On demandera à quel titre nous rangeons Moïse La Beaumelle parmi les moralistes. C'est d'abord parce qu'il collabora à la rédaction et aux études du système végétarien, proposé par son beau-frère Gleyzes, car l'ouvrage Thalysie parut d'abord en 1821, moins développé, avec le titre de Système physique et moral de la rwture. Assurément, La Beaumelle n'adoptait pas quelques excentricités et exagérations échappées à J.-J. Gleyzes1, mais il préludait, en 1821, à l'enthousiasme que montrèrent, après 1840, MM. Cabantous2, Blot-Lequesne3 et Eugène Stourm4.
1. Gleyzes définissait l'homme « l'ouvrier de la mort, le père du cadavre. » — On a dit que Gleyzes préparait lui-même ses aliments, afin qu'aucune substance impure n'altérât leur parfum si exquis d'innocence. Ne serait-ce pas là une charge? Alphonse Esquiros fit un article malicieux, dans la Revue des Deux Mondes, sur le système végétarien. La Beaumelle ne poussait point les choses à l'extrême.
2. M. Cabantous, l'éloquent doyen de la faculté des lettres de Toulouse, fit en 1840 une leçon sympathique, pleine d'entrain, à sa manière originale, sur Thalysie.