‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 114 sur 498 · ZELE POUR LE DEPARTEMENT · texte numérisé non relu

ZELE POUR LE DEPARTEMENT

urgence absolue1. Outre la viabilité, M. de Saint- André s'attacha h la question des forets et du reboisement des montagnes de l'Ariège, qu'on a trop dépouillées2.

M. de Saint-André succéda à M. de Roussillou comme viguier d'Andorre. Nous avons dit que ce magistrat représente dans le petit Etat d'Andorre les droits cosuzerains de la France, droits partagés avec l'évêque d'Urgel. Un auteur affirme que MM. de Roussillou et de Saint-André ont donné au rôle de ce magistrat une importance, un relief que cette fonction n'avait même pas sous les comtes de Foix, anciens suzerains de la vallée. L'on est redevable à M. de Roussillou de la connaissance qu'on a de cette république, de sa constitution, de ses usages, etc., et à M. de Saint-André de la stricte application des droits des viguiers français. Exactitude dans leurs fonctions, bonté, douceur, tolérance dans l'emploi des mesures sévères, voilà ce qui a rendu leurs noms très populaires dans la vallée.

Rigoureux pour les délits de droit commun, pour les délits attentatoires aux droits et aux libertés individuelles, M. de Saint-André faisait la part des entraînements et des excitations au temps des crises politiques. Autant il remettait à sa place l'homme qui n'a pas d'autre raison d'être

1. Ce fut sur ses instances réitérées que fut construit l'embranchement de la route départementale n° 8 de Tarascon à Auzat, et la belle route départementale qui passe par le col de Port entre Massât et Saurat, devenue praticable aux voitures, et qui relie les parties hautes du comté ilr Foix avec le haut Couserans. Les archives de la préfecture témoignent du zèle que mit Saint-André à défendre les intérêts du département.

2. Saint-André fut un des premiers de tous les conseillers généraux, -es collègues, à faire remarquer les conséquences d'une destruction entière des forets. A part la question du chauffage des habitants, celle aussi des intérêts spéciaux des populations pastorales qui font l'élevage du bétail celle enfin de l'alimentation des forges, M. de Saint-André indiqua des moyens de remédiera l'état des montagnes du comté de Foix, dont plusieurs sont nues et desséchées.

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pillard que le motif de se donner moins de peine, en ravissant par la violence les produits du travail d'autrui ; autant il exigeait qu'aucun particulier ne vécût aux dépens de personne, tout homme devant être un travailleur qui produit lui-môme; autant aussi, d'un autre côté, il devenait souple et indulgent quand un citoyen honnête avait cédé, dans le domaine politique, à un coup de tête. Après la révolution de 1830, les discordes civiles qui troublèrent la paix publique obligèrent le gouvernement à user de rigueur envers ceux qui s'étaient insurgés contre les pouvoirs établis. La plupart d'entre eux s'exilèrent et allèrent à l'étranger pour éviter la sévérité des lois. Le droit d'asile existe dans la vallée d'Andorre depuis un temps immémorial, et il a toujours été respecté. Quelques chefs des insurgés de Paris vinrent s'y réfugier, et, malgré les ordres que reçut le viguier de les faire extrader, M. de Saint-André, d'accord avec le président-syndic de la vallée, ferma les yeux sur leur présence et les laissa séjourner paisiblement dans la contrée.

XI. — On doit à M. de Saint- André la rédaction d'un projet assez original et qui fut soumis au conseil souverain de la république. On sait que la petite république de Saint-Marin a créé un ordre de chevalerie qui a été et est encore fort recherché. M. de Saint-André voulait que la république d'Andorre eût aussi son ordre de chevalerie. Il rédigea les statuts, — dont nous avons pu nous procurer une copie, — par lesquels on fondait cet ordre sous le titre d'Ordre de la chevalerie de Charlemacjne. Voici les dix articles de ces statuts, dont l'original doit se trouver dans les archives du gouvernement, à Andorre.

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