L'ÉRUDITION ET LA PIÉTÉ
bons déjeuners pour douze blancs ; mais nous croyons savoir que l'auteur des Fantaisies rustiques associe ces deux manières d'être : tout d'abord un esprit fin ; pas de longs souffles, pas de vastes développements d'idées, mais du sens, de la poésie du cœur, de la naïveté. Avec cela, les allures d'un homme de foi et de zèle et, naturellement, un robuste marcheur aussi *.
Lorsque M. Séré a satisfait aux obligations du saint ministère, il se tourne vers le facultatif; il est si actif qu'il collabore, comme correspondant, à la Ruche, à Y Etoile de Pamiers, à Y Ami du peuple, au Messager de Toulouse, au Moniteur de CAriège, etc. Ses signatures sont originales : Jean Ficelle, V Abeille ariègeoise, Jean le Moissonneur, Jean de Janvier, Y Auteur des « Lettres campagnardes, » Jeanounet del Crabié, etc.
Enfin nous n'achevons pas d'écrire ces lignes, que notre infatigable publiciste de Loubières termine un livre important, dans lequel l'ingéniosité et la bonne érudition sont mises au service d'une dévotion si populaire et si chère aux
1. On prête à M. Martial Séré cette devise : « L'exercice est mon bonheur... le travail, ma passion... mon pays, ma famille, mon rêve et mon tout. »
En fait, nous avons appris que M. Séré, que nous n'avons jamais eu l'honneur de voir, réside dans le vieux château de ses pères, un peu tombé de son antique splendeur, au sein de sa famille, à l'ombre d'une chapelle de sainte Germaine, restaurée par ses soins.
11 est chargé, comme ecclésiastique, d'un assez rude service. De sa maison natale, il dessert l'annexe de Villeneuve, paroisse de Saint-Jeande- Verges ; et de là, franchissant à pic, à travers bois, une grosse montagne, suivant des sentiers impraticables, il passe dans la paroisse de Gudas, canton de Varilhes, où se trouve un vieux titulaire, né en 1797, dont il est l'auxiliaire. Ainsi notre lettré est en même temps un marcheur à la Jean-Jacques; il a un parcours obligatoire de 22 kilomètres environ. Son travail du dimanche, comme prêtre, comprend trois catéchismes à faire, deux messes à dire, deux prônes, conférences, vêpres , etc., sans compter tes ira vaux de semaine, quand il y a des services ou des malades. A côté des écrits poétiques, les obligations, les austères réalités du saint ministère et du dévouement évangélique doivent trouver leur tour.
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catholiques, le Mois de Marie1 des Litanies aux sanctuaires de France, précieux volume qui sait allier des recherches historiques étendues aux tons suaves d'une piété qui charme et qui engage2. Déjà, quelques mois auparavant, M. Séré avait fait paraître un petit volume in-18, très utile pour les jeunes adolescents, intitulé Petit Manuel de civilité des écoles3, et qui renferme de sages conseils pratiques concernant les règles générales du maintien et les principales actions et relations de la journée. Toutefois, on agite encore la question de savoir si, dans son Mois de Marie, le moraliste de Loubières a résolu d'une manière absolue le problème de la possibilité de concilier, dans un même ouvrage, l'érudition, l'onction et la piété ?
L'ancien évêque de Perpignan, qui a un nom dans la haute littérature, Mgr Gerbet, cet écrivain fleuri et philosophique en même temps, avait réussi dans cet ordre de composition mixte. C'est beaucoup à M. Séré de l'avoir tenté à son tour, et le nombre de hauts suffrages que son œuvre a provoqués4, le succès matériel que son livre