‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 181 sur 498 · POESIES DE M. R. LAFAGETTE · texte numérisé non relu

POESIES DE M. R. LAFAGETTE

hallucinée ou son exaltée explorant l'horizon, ne pouvant supporter aucun esclavage,

Hurlant, la nuit, aux milliards de mondes Dont l'immortel éclat nargue l'humanité.

Un critique, recherchant l'esprit général des poésies publiées jusqu'ici par M. Lafagette, les résumait en deux sentiments très intenses, l'antipathie à l'endroit du prêtre et l'amour délirant de la femme1. Il faut compter un troisième sentiment : c'est, dans les poésies du barde de Foix, une disposition morale qui le rend sauvage à l'endroit de l'espèce humaine en général; il est écœuré de notre civilisation et semble aspirer, avec Jean-Jacques Rousseau, vers la vie libre des déserts2. La plupart des pages des Pics et Vallées trahissent cette aspiration ; voyez le paragraphe des Bruyères : « Les consciences étant pourries (par un système politique) , n'est-il pas permis au poète des roches immuables de jeter un cri de douleur devant le spectacle des palinodies humaines et de la gangrène universelle1 ? » Qui de nous ne gémit quelquefois, comme M. Lafagette, sur quelques incurables et iniques travers de l'homme considéré en société? Qui ne se laisse « dominer par de trop misanthropiques pensées4 »? Qui n'a point, passagèrement, «cette moro-

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