‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 186 sur 498 · CONFÉRENCES DE M. SAINT-FELIX · texte numérisé non relu

CONFÉRENCES DE M. SAINT-FELIX

de droit1, poésies légères, romances, Muettes, duos, chansons et noëls2.

1. Le mémoire sur le droit, relatif ;ï la commune, au maire, au conseil municipal (un volume in-8°) fut distingué par une académie de législation. Comme romans, nouvelles, etc., on cite les Floréales (un volume), la Fille du Léopard anglais, la Comédie des hommes et des chiffres, Louise de Beaulieu (un volume), Ernesta, la pièce de V aubergiste, le Troc de Modigliana, avec un mot de préface de Gambetta, et qui roule sur une question historique, relative à la famille d'Orléans. Ce roman, reproduit par la France et par F Avenir de l'Ariège, nous semble un pendant des Naiïndorff. Il s'agit d'une substitution. Le mot de Gambetta, dans la préface, est : Neminem lœdere et suum cuique tribuere. Nous n'avons lu qu'un fragment de cette œuvre; cela nous a suffi pour entrevoir les richesses de, l'imagination de M. Saint-Félix, et son tale'nt exercé pour agencer des scènes romanesques, faire évoluer les caractères qu'il étudie, et promener le lecteur soit à travers les épisodes historiques auxquels il veut l'initier, soit dans ces situations que crée l'imagination du poète et du psychologue.

Mais nous avons lu en entier l'écrit qui a donné l'idée du travail de notre romancier, et dont la quatrième édition paraissait en 1839, sous le titre de Maria Stella, ou échange criminel d'une demoiselle du plus haut rang contre un garçon de la co?iditio?i la plus vile; brochure de 143 pages in-8°.

Maria Stella, née le 16 avril 1773, à Modigliana, petite ville au sommet des Apennins (grand-duché de Toscane), se croit la fille de Laurenzo Chiappini, geôlier au palais prétorial de Modigliana, et de Vincenzia Viligenti, femme de Chiappini. Mais le livre en question, sous forme d'autobiographie, prétend qu'il y eut, en 1773, échange d'enfants ; que, pendant la grossesse de Vincenzia, on était convenu, moyennant argent, que s'il y avait un garçon, on le céderait au comte et à la comtesse de Joinville, nom sous lequel, dit le livre, Louis-Philippe d'Orléans, plus tard Egalité, et sa femme Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, voyageaient en Italie, et qu'effectivement les princes troquèrent leur fille contre un garçon du geôlier.

Dans la suite, Maria Stella, devenue lady Newborough, et plus tard, en 1810, baronne Sternberg, apprend sa véritable origine, et fait mille démarches en Italie et en France, pour obtenir la rectification de son acte de naissance, et sa réintégration dans les droits que lui donnerait cette naissance, si elle était réellement établie.

Y a-t-il eu échange réellement? Y a-t-il identité entre ce comte de Joinville et le duc d'Orléans, Philippe-Égalité? Peut-on prouver que le duc de Chartres, devenu ensuite duc d'Orléans et surnommé Egalité, ni sa femme ne quittèrent Paris ou la cour en 1773? Au contraire, peut-on établir qu'ils voyagèrent, cette année, en Italie ? Est-il à craindre qu'il n'y ait, dans ce récit, qu'une intrigue recouvrant une ambition?... Nous ne déciderons pas ces questions. Mais voilà les données sur lesquelles M. T. Saint-Félix a composé son roman.

2. La musique de ces poèmes et chansons a été écrite par Hanrion, Syl-

248 L'ARlÈGE, IVe PARTIE (suite et /in), CHAP. III.

Si la collectivité ariégoise offre, dans les applications de son activité intellectuelle et morale, une grande variété d'objets, d'aspects, de points de mire, il en est de même quelquefois des individus, considérés dans la multiplicité successive de leurs manières. La loi des gradations, le progrès de la vie et des études se combinant avec les aptitudes, le talent, le génie et les destinées diverses, l'un de nos moralistes sera sentencieux et procédera par quelques émissions de pensées plus ou moins profondes, l'autre emploiera la forme du roman ; celui-ci, des récits historiques , celui-là , des pièces de théâtre , pendant qu'un troisième se servira de l'enseignement direct, en mettant son esprit en contact immédiat avec d'autres esprits plus jeunes par le professorat et l'éducation. Quelques-uns établiront des thèses philosophiques sur les grandes questions de morale, sur les intérêts sociaux sauvegardés ou menacés par les passions ou les directions imprimées à chaque époque. D'autres aussi préféreront la méthode épistolaire, et c'est jour par jour que leurs idées, leurs observations sur les hommes, sur les choses, leurs jugements sur les théories et les doctrines en faveur, passeront dans une longue correspondance et dans des confidences intimes que l'amitié recueillera pour en faire jouir jusqu'aux neveux et aux petits-fils ; tel M. Labouïsse-Rochefort, dont nous donnerons ailleurs l'intéressante correspondance. D'autres enfin ont recours à la conférence, au monologue, où les idées et les impressions s'échangent entre l'orateur et les auditeurs.

XXII. — Nous n'avons point assez de documents sous la main pour juger ce qui est la dominante des œuvres litté-

vain Saint-Etienne, d'Ilack, Legendre, Camille Saint-Saëns, Clapissôn, Musard, Gastinel, Adam, etc.

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