MADEMOISELLE ROSE MAURY
passer, dans leurs types, la banalité et la médiocrité des pensées et des sentiments? Jusqu'à quel degré ontils saisi les bons mouvements du cœur, trouvé du nouveau sur des choses et sur des êtres que tout le monde croit connaître dans leurs replis profonds, et réformé des jugements qui n'étaient que des préjugés...? C'est au lecteur à apprécier.
XXV. — Mais dans le domaine où l'on doit faire montre de la faculté esthétique, après avoir parlé de ceux qui exercent cette faculté heureuse darrs le roman ou dans la critique, disons aussi qu'il en est qui font de l'art par le dessin y Y illustration > cortège et achèvement des œuvres, des pensées et des sentiments. Nous nommerons ici mademoiselle Rose Maury. Nous sommes tenu à la réserve sur les personnalités vivantes, cherchant encore leur voie, n'ayant pas encore conquis la plénitude de développement nécessaire avant de passer sous le portique de l'histoire. Toutefois, il nous est impossible, bien que nous soyons personnellement sans informations directes sur le talent de mademoiselle Rose Maury, de ne pas reproduire dans nos pages les faits textuellement énoncés dans les feuilles publiques. Déjà le Courriel" de Tarn-et-Garonne avait révélé les dispositions exceptionnelles pour le dessin, qui s'annonçaient chez mademoiselle Rose Maury, encore tout enfant. Mais voici comment YÉtoile de l'Ariège (1er décembre 1883) nous fait connaître la progression du talent de la jeune artiste :
«L'on n'a pas oublié les charmants recueils illustrés par Rose Maury à \2 ans, disposition naturelle qui la désignait pour l'illustration dans un avenir prochain. On se souvient aussi que, cinq ans plus tard, avant de partir pour Paris, où elle allait compléter ses études, elle composa, sur une
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grande toile, la Sainte Vierge bénissant le monde, tableau donné à l'église d'Avignonet (Haute-Garonne).
« Arrivée à Paris en 1870, Rose entra à l'école nationale spéciale de dessin, et enleva les premiers prix aux divers concours; Tannée suivante, en 1877, elle terminait sa seconde année, en remportant onze nominations, huit premiers prix et la médaille d'or donnée par le ministre des beaux-arts.
« Sortie de l'école, mademoiselle Maury s'est surtout attachée à l'illustration ; mais Ton compte si peu de femmes dans cette branche de l'art, qu'un préjugé existe contre elles, à ce point qu'avant d'acquérir le nom qu'elle se fait aujourd'hui, la jeune artiste a dû, pendant quelque temps, errer comme une àme en peine, protégée seulement par son crayon fécond, pour percer à travers les groupes d'artistes illustrateurs qui partout défendaient leurs postes.
a Mais les meilleures maisons d'illustration et les grands journaux illustrés ont heureusement à leur tête des hommes distingués, qui savent mettre de côté toute question de personnalité pour accueillir le talent, d'où qu'il émane, de sorte que la jeune artiste a dessiné pour les grandes librairies Hetzel, Pion, Delagrave et antres et pour divers journaux illustrés, et, ne doutant plus d'elle désormais, elle a réclamé et obtenu une place au Journal amusant, où Ton n'est admis à dessiner, à côté des artistes qui y collaborent, que quand on est sûr de son crayon et qu'on dessine en maître. »
Avec de tels débuts, on doit espérer beaucoup du jeune et précieux talent de mademoiselle Rose Maury, qui se révèle avec l'organisation d'une artiste bien douée. L'Ariège applaudira aux succès qui ne peuvent manquer de venir quand, avec des habitudes laborieuses, on sait garder une attitude digne et honnête, entre les principes et l'idéal