AVANT-PROPOS. XXVII
en sortir que sur les instances de son médecin qui lui assura que tout danger était passé.
C'était assurément de l'énergie morale, conforme à tout ce que Ton connaissait de cette robuste nature. On ajoute une particularité, que nous ne nions pas, mais sur laquelle nous n'avons pas de preuves positives. On a dit que, sur sa table de nuit, il avait placé deux pistolets chargés, tout prêt à se brûler la cervelle-au premier symptôme qui se déclarerait. Et cependant il croyait à l'au-delà, aux éternités de l'autre vie. Lui aussi avait conservé, comme Legrand du Saulle, la contagion spiritualiste de Mgr Darboy, depuis que la préfecture de l'un et l'évêché de l'autre s'étaient touchés à Nancy.
Nous reviendrions volontiers, s'il était nécessaire, dans cet avant-propos, sur M. Aristide Pescalre, dont nous parlons dans le corps du volume, mais dont nous n'avons pas assez mis en lumière les belles ressources du côté de l'esthétique. Laissant à part ses manières de voir accidentelles, un peu sévères peutêtre, quant aux madones du Pérugin, et son opinion sur l'incompatibilité prétendue de la puissance ecclésiastique et des nécessités de l'ordre républicain, il faudrait faire ressortir ce qu'il y a dans ce vif esprit de science acquise et variée, de sentiment de l'art et aussi de talent d'écrire. Ce ne sont point les plumes qui manquent dans le monde, ni une certaine routine de style ; mais les plumes originales sont rares. M. A. Pescaire ne nous laisse jamais froid, parce que, par une sorte de contraste, il se montre, dans ses travaux intellectuels, à la fois réaliste et élégant, phi-