AVANT-PROPOS. XXV
VI n
Dans le volume des Hommes scientifiques, des Philosophes de l'Ariège, nous avons placé le docteur Bordes-Pages ; et, dans ce tome II des Archéologues qui renferme les moralistes, nous avons mis 31. Gleyzes, l'auteur de la Thalysie. Avons-nous la prétention d'avoir tout dit sur le compte de ces deux doctes Ariégeois? — Assurément non. Nous savons que M. Bordes-Pages garde dans ses cartons des ouvrages inédits, auxquels il médite chaque jour de mettre la dernière main, et qui, d'après l'impression d'hommes compétents, porteraient son nom à une plus grande élévation que celle déjà atteinte. Mais il est malaisé d'avoir communication de certaines œuvres qu'achèvent leurs auteurs. Comment, ensuite, noter les honorables relations que M. le Dr Bordes-Pages entamait, dès ses jeunes années, avec les célébrités de la science et de l'éloquence politique, avec M. de Montalembert, par exemple, qui, en 1847 et autres années, échangea des lettres avec le philosophe de Seix ? Son nom ne recevra-t-il point un nouveau lustre par le percement des Pyrénées, quand s'ouvrira le tunnel dont il a poursuivi l'exécution avec une constance si patriotique?
Aurons-nous assez insisté sur le moraliste de Mazères, M. Gleyses ? Certainement, nous avons exposé au long ses œuvres originales. Nous aurions dû ajouter que les trois volumes de son ouvrage la
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Thalysie ont eu le double honneur d'être traduits en plusieurs langues et d'être baptisés en Angleterre et en Allemagne la bible du végétarisme. Les savants suisses en parlent avec enthousiasme, et appellent la Thalysie »< un ouvrage magistral qui immortalisera le nom de Gleyzes » . (Voir la brochure du professeur Ed. Haoux. parue à Lausanne, juillet 1886, sous le titre : Les deux zoophagies, les trois intempérances et Je régime végétarien, page 12.)
Le nom du baron de Saint-Paul , qui fut, sous l'Empire, le bras droit de M. Rouher, se présente devant notre plume, non point que nous ayons rien négligé sur cet Ariégeois, mais pour ajouter une anecdote historique qui confirme l'opinion connue de la force de son caractère. La rage étant à l'ordre du jour depuis les travaux de M. Pasteur, les journaux ont rappelé une circonstance personnelle à l'ancien préfet ariégeois de l'Empire.
Dans une partie de chasse, il fut mordu par un de ses chiens. Sans s'assurer s'il était ou non enragé, les gardes tuèrent l'animal et l'enfouirent profondément. M. de Saint-Paul, convaincu que ce chien, qui lui était fort attaché, ne pouvait l'avoir mordu que dans un accès de rage, prit la résolution héroïque de se séquestrer du monde tant que durerait la période d'incubation. Il se barricada dans sa chambre à coucher et n'eut plus de rapports avec sa famille et ses serviteurs que par la fenêtre. C'est par là qu'on lui faisait parvenir ses repas et sa correspondance.
Pendant quarante jours, M. de Saint-Paul resta confiné dans sa prison volontaire. Il ne consentit à