Quntif et Echard, t. II, p. 8, col. 2, note
2. MaMllon, à propos de Saint-Bernard. - M. Lecoq de la iVIarche, La thairt française au moyen dge,V. 221.- M. Eaurê^u, Histoire littéraire de
wT t ' P' 388' ~" Bour?ain' La chaire au douzième siècle, p. 169.
à. Ui. Jourdain, Mémoires de l'Académie des Inscriptions, t.XXWlll, 96.
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la langue, et lorsque saint Thomas de Cantorbéry parle des chevaliers et des seigneurs qui venaient partager son repas, il a soin de dire que « ces chevaliers et seigneurs mangeaient séparément des savants et des moines, de peur qu'ils ne fussent importunés de la lecture latine qu'ils n'auraient pas entendue et qui durait pendant tout le repas du prélat ' » .
Pourquoi, d'ailleurs, chercher l'éloquence ecclésiastique dans ces siècles où notre langue n'était pas fixée, où le latin se déformait, où les règles de l'art n'étaient point tracées? Sans doute, les orateurs sacrés eurent toujours un terrain qui leur offrait les matériaux , l'Ecriture sainte, les Pères, les images, les exemples, les comparaisons, les apologues, la connaissance des vices et des qualités de l'époque. Mais l'art de tirer de ces choses une composition variée, progressive, saisissante, là était la difficulté. Pas d'auditoires cultivés autour des prédicateurs ; un peuple ignorant, naïf et railleur ; des seigneurs souvent après , qui , d'après Geoffroy de Troyes, « lapidaient les lèvres du ministre sacré, lançant contre lui des jugements
amers2».
Les prédicateurs avaient beau tenir de la nature des talents réels, la verve, l'onction, l'essor, l'impétuosité, et y joindre, avec la grâce de Dieu, le feu de l'apôtre et le zèle du missionnaire, ils n'en sacrifiaient pas moins au mauvais goût régnant, à des habitudes établies, soi-disant héritées de la scolastique aux formules routinières qui étouffaient le génie, entravaient les lois de l'éloquence. Dans la transition du seizième au dix-septième siècle seulement, les règles de l'art et du goût allaient reparaître avec quelques prédicateurs, qui furent les avant-coureurs des Bourda-