XXXVI AVANT-PROPOS
tures, ces sculptures, ces spécimens de l'art antique trouvés à Pompéi et à Herculanum. A la bonne heure ! voilà un Ariégeois qui s'adresse à l'Italie, au pays classique des souvenirs, au complément de toute étude archéologique, si ce n'est point, comme le savant et spirituel M. Hoissicr, de l'Académie, pour retrouver la maison de campagne d'Horace et les lieux où Virgile a placé les principales scènes de Y Enéide, du moins pour pénétrer plus avant dans les grandes œuvres de l'art.
On se figure la modalité intellectuelle de l'Ariège toute rugueuse et noueuse comme les vieux chênes, les vieux châtaigniers de nos montagnes. Honneur à vous, monsieur H. Marcailhoud'Aymeric. qui, vous attachant à un voyage d'art et d'évocations antiques, dissipez les préjugés d'incompatibilité entre les finesses de l'esthétique et la nature de l'esprit pyrénéen ! M. H. d'Aymeric a voyagé pour penser et sentir par lui-même en matière d'art; il a bien fait; il pouvait examiner si l'avantage que l'individualité apporte à la politique, à la science, se représenterait dans l'esthétique des arts. Il parcourt Naples, il s'exerce à la description et il s'affirme dans sa critique à la fois modeste et personnelle. Il parle avec compétence des bronzes, mosaïques, sculptures, art ancien, verres antiques ; il décrit l'intérieur du théâtre San-Carlo, le rival de la Scala de Milan ; il passe aux églises, qu'il étudie et fait connaître , sa narration est rapide. En mer comme sur terre, il observe et redit ses impressions solennelles devant l'infini du ciel et des flots. Revenu à terre, il a des pages charmantes sur les environs de