AVANT-PROPOS. XXXVII
Naples, sur le tombeau de Virgile, sur la ville de Pompéi, ensevelie depuis dix -huit cents ans, où il nous fait vivre, en ranimant cette cité surprise dans ses affaires et ses voluptés. Jl nous conduit à la bourse, au tribunal, au forum, aux thermes, aux temples de Jupiter, de Mercure, à l'amphithéâtre qui contenait 20,000 spectateurs; il nous fait remarquer un squelette qui tient encore, depuis dix-huit cents ans, des clefs à la main avec un rouleau de dix pièces d'or à l'effigie des empereurs Néron, Vitellius., Vespasien. Titus.
Assurément, le voyageur ariégeois n'a pas prétendu découvrir ou révéler Pompéi. La littérature et Fart, les livres, les dessins et les photographies nous ont tous familiarisés à ce que l'on a retrouvé de monuments et de chefs-d'œuvre de l'art exhumés de ces ruines, depuis des années. Qui ne connaît d'avance « la maison du boulanger » , celle du « marchand de vin » et du « marchand d'huile », ia maison de Pansa, celle de Salluste, celle du « poète tragique » et le reste ? — Mais qu'importe ? Est-ce que la cité ensevelie sous les cendres du Vésuve ne se développe pas chaque jour? Quiconque la visite deux fois à douze ou quinze mois d'intervalle est frappé, dit-on, de voir « comme ses limites s'élargissent ». Pourquoi M. Marcailhou d'Aymeric n'irait-il pas constater ce qu'amènent les fouilles nouvelles, les maisons pavées en mosaïques que les coups de pioches et de pelles dégagent ? Pourquoi n'irait-il pas chercher de nouveaux murs décorés de fresques en couleurs passées, masques rieurs, faunes, amours, oiseaux,
AXXVIM AVANT-PROPOS.
poissons et fruits? N'afiïrme-t-on pas que le tiers à peine de Pompéi est actuellement exhumé?
Mais, dans M. H. Marcailhou d'Aymeric. ce n'est pas seulement l'observateur et l'artiste que nous devons signaler, il y a aussi le patriote dans l'historien, l'excursionniste dans le domaine du temps.
On a voulu distinguer trois manières d'écrire l'histoire : celle d'Hérodote et Polybe, qui groupent les événements autour d'un fait saillant, devenu pour eux un point de repère auquel ils rapportent les hommes et les choses ; celle des Latins, de Tite-Live, Salluste, César, Tacite, qui consiste à suivre simplement la chaîne chronologique et à raconter les faits dans l'ordre des temps; celle de Pline et de Strabon, inaugurant la méthode géographique, faisant l'énumération des divers pays connus de leur temps et mêlant à la description de chacun d'eux l'histoire du peuple qui l'habite. (Voir Paul Mougeolle, les Problèmes de r histoire.) M. d'Aymeric n'avait point à rechercher dans sa Monographie de la ville d Ax, quelle serait sa méthode d'écrire l'histoire. Chacun, d'instinct, ayant à composer l'histoire d'une tribu, d'un pays, d'une époque, d'une personnalité ou d'un groupe, procède comme l'a l'ait M. d'Aymeric, analysant successivement les relations des faits entre