‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 252 sur 498 · Le Ier janvier · texte numérisé non relu

Le Ier janvier

2. Voir le Conservateur de VAriège, première semaine de janvier 1886 • semaine cruelle pour les Ariégeois. On perdait le curé de Saint-Girons' l'abbé Périsse. Madame Saint-Jean de Pointis expirait au château de Lacombe, aux environs de Tarascon, plongeant dans le deuil des familles de 1 Ariege et de la Haute-Garonne, les familles de Pointis et d'Omézou — La ville de Pamiers perdait, de son côté, madame de Pons d'Arnave bien connue des pauvres. - Quelques semaines après celle-là, la ville de Saint- Girons voyait mourir la vicomtesse Maximilien de Bellissen - Durban (26 ans), et la ville d'Ax perdait l'abbé de Pradal.

372 L'ARIÈGE, IVe PARTIE (suite et fin), CHAP. VI.

l'illustre Romiguière, de Toulouse. 2° Nous devons dire ce qu'on possède de l'œuvre de cet orateur, qui appartient à cette première génération d'avocats nés à peu près avec le siècle, et qui virent grandir leur renommée dans les jours de la Restauration, tels que MM. Rerryer, Marie, Hennequin, Crémieux, Chaix d'Est-Ange, etc. Ne semble-t-il pas que les deux barreaux de Paris et de Toulouse, rivaux d'antiquité et de gloire, aient voulu marcher d'un pas égal dans cette efflorescence de la nouvelle éloquence contemporaine?

Dès les premiers jours, Casimir Du Gabé sembla fait, par son organisation et par ses goûts, pour les luttes du barreau, pour les grandes causes, pour les grands procès. Avait-il quelque chose dans le sang et dans sa belle constitution qui l'appelât à la vie militante et à ces discussions d'aiïaires et d'événements que la politique passionne? Il faut le croire. « La famille Du Gabé comptait parmi les anciennes familles de l'Ariège. Elle s'était acquis, à la cour des comtes de Foix, une véritable illustration, en envoyant, sur tous les champs de bataille où il plaisait à cette princière maison de porter ses armes, de vaillants et héroïques défenseurs, toujours prêts, suivant une invariable tradition, à vivre et à mourir pour elle. »

Et ce qui constitue une originalité dans l'ordre de choses qui font l'histoire de l'esprit humain, c'est la façon alerte, chevaleresque, dont Charles-Casimir Du Gabé mena sa carrière d'avocat, la façon dont il sut lui-même créer sa voie, conquérir sa célébrité, sans passer par les fourches caudines de Paris ; car il protestait contre l'autocratie exclusive du Nord, et voulait la décentralisation intellectuelle. Reçu licencié en 1821 , après avoir fait son cours de droit à Toulouse, il parut pour la première fois à la barre en 1821, non sans frapper l'attention de l'illustre Romi-

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