Aglaé Chaurelle, nom de la jeune fille assassinée
2. Du Gabé avait ce tempérament] du Midi, qui fait d'ordinaire les grands orateurs; aussi, sa nature bien équilibrée pouvait quelquefois donner le change. C'est que cette nature, a dit un des avocats qui le voyaient de près, cette nature qui aurait porté un observateur superficiel à prendre Du Gabé pour un homme froid et flegmatique, cette nature était mise en œuvre par un cœur chaud et par une sensibilité dont l'esprit des
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Naturellement, la ville de Toulouse ne négligea aucun des moyens d'honorer un Àriégeois qui lui apportait le tribut d'une brillante illustration personnelle. 11 était de l'Académie des Jeux floraux, de l'Académie de Législation, de la Société de jurisprudence, de la Société des bonnes études, grand'croix de l'ordre du Saint-Sépulcre, chevalier de Charles III d'Espagne, pour services rendus aux chrétiens d'Orient, et d'un autre ordre de Tunis. Il fit partie du conseil municipal de Toulouse, du conseil général de l'Ariège, etc.
Du Gabé mourut en avocat, les armes à la main, en défendant le journal le Conservateur contre M. Laborde, avocat de Foix. Il eut à plaider à 78 ans, et sa verve ironique, sa logique, sa véhémence n'avaient point vieilli. Notre grand avocat des assises du barreau de Paris, M. Lachaud, ayant été appelé à Foix pour plaider , dut entendre au palais la parole de Du Gabé, et en remarquant cette manière exercée, magistralement habile, pondérée et pénétrante, il confessait que les Pyrénées n'avaient pas à envier des avocats à la capitale, que l'Ariège avait des maîtres.
Les plus parlants témoignages se joignirent à celui de M. Lachaud. Écoutons un membre du conseil des avocats de Toulouse : « De même qu'à son début Du Gabé n'avait eu qu'à se montrer au palais pour gagner Romiguière, il lui suffit de se montrer à la Chambre des députés pour y conquérir à tout jamais encore un confrère qui n'était autre, s'il vous plaît, que Berryer. Est-il bien étonnant, après cela, qu'il soit devenu l'idole de la jeunesse1? » — Ecoutons encore un juge fort compétent
bienséances et un haut savoir-vivre pouvaient seuls amortir les mouvements.
Cet homme était essentiellement l'ait pour lutter, mais pour lutter à armes courtoises et avec un adversaire digne de Lui.