PREMIERS ENTHOUSIASMES
Un autre historien de ce grotesque incident en parle dans
les termes qui suivent : « Les successeurs des capitouls
mirent le verrou à la porte de Clémence Isaure, afin de
mettre un bâillon à la voix du nouveau mainteneur. On
avait compté sans les enthousiasmes et les audaces de la
jeunesse, qu'on rencontre à toutes les oppositions et à toutes
les guerres intérieures. Les portes de la salle des Illustres
furent violemment ouvertes, et Ja séance d'installation
ressembla à une victoire. Les barbares n'étaient pas, comme
à Rome, ceux qui entraient au Capitole, c'étaient ceux qui
voulaient le fermer 1. »
Ce fut l'œuvre de quatre ou cinq cents jeunes gens, idolâtres du nouvel académicien. Envahir l'hôtel du Capitole,' se rendre maîtres du palais municipal, fermer les portes de la salle d'installation, chasser les pompiers de cette salle et la garnir de nouveau des meubles et des fauteuils dont on l'avait vidée, et qu'on alla reprendre, en partie, jusque dans le cabinet de M. le maire, tout cela, d'après le chroniqueur que nous suivons, fut l'affaire d'un instant.
VI. — Voilà d'abord pour notre galerie de figures ariégeoises; il fallait s'expliquer sur l'individualité intellectuelle de Casimir Du Gabé et définir son grand talent. — Maintenant venons à son œuvre et à la trace qu'elle laissera.
Après avoir rappelé que l'Ariège doit revendiquer le nom de Charles-Casimir Du Gabé comme une des illustrations des barreaux modernes, hâtons-nous d'assurer que l'on peut sauver encore du naufrage une bonne portion de ses œuvres littéraires et oratoires, destinées à servir de modèle, et qu'ellesfont à leur auteur un honorable et beau cortège!