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:î8G L'ARIÈGE, iyc PARTIE {suite et fin), CHAP. VI.
Élevé au collège de Sorèze et voulant d'abord suivre la carrière militaire, des considérations de famille le firent se tourner, dès sa jeunesse, vers d'autres combats, ceux du barreau. Cependant, il fut de bonne heure appelé à l'Académie des Jeux floraux, de Toulouse, et sa réception participa un peu de ces ardeurs qui agitent quelquefois es vives populations des Pyrénées; elle témoignait aussi de la popularité dont jouissait Du Gabé, dès 1830, dans les rangs de la jeunesse du Midi.
Du Gabé fut nommé en 1834 mainteneur des Jeux floraux, et il est original de rappeler comment et par quels moyens on parvint à l'installer, et à lui faire prononcer son discours de mainteneur. Nous empruntons à un homme de la cité palladienne le récit de cet épisode singulier, petite tempête dans une fête de l'esprit. « En 1834, comme aujourd'hui, les mainteneurs des Jeux floraux étaient gens comme il faut et gens d'esprit, mais les édiles d'alors étaient beaucoup moins tolérants que ceux d'aujourd'hui pour les opinions politiques qu'ils ne partageaient pas.
« La date de 1834 dit assez que les édiles de ce temps-là n'étaient pas principalement imbus des opinions et des doctrines qu'on prêtait, avec quelque apparence de raison, à la plupart des membres de la Société de Clémence ïsaure.
« Du Gabé, étant non seulement le coréligionaire politique, mais le porte-drapeau de ces derniers, devait être naturellement fort mal vu par les maîtres de l'hôtel de ville, qui ne trouvèrent rien de mieux, pour se venger de lui, que de fermer la salle d'installation au nez des mainteneurs.
a II fallait donc renoncer à l'installation du nouveau mainteneur ou l'ajourner indéfiniment '. »
l.M. Barateau, Eloge funèbre.