‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 266 sur 498 · DISCOURS A LA CHAMBRE DES DEPUTES · texte numérisé non relu

DISCOURS A LA CHAMBRE DES DEPUTES

1843; Du Gabé touchait la politique étrangère et le droit de visite , sur lequel le pays demandait à revenir, parce que le commerce se plaignait du tort immense qu'il ressentait de cette énorme exception au droit commun. — Rapport fait au nom de la commission chargée de l'examen du projet de loi sur le tarif des commissaires-priseurs (séance du 17 avril 1843). — Discours dans la discussion relative à la prise en considération d'une proposition de M. de Rémusat. Du Gabé y prit occasion de s'expliquer sur des insinuations qui l'engageaient personnellement et touchaient à sa probité politique ; c'est là qu'il dit ces paroles : « Je n'ai jamais cru que quelqu'un pût nous croire inféodés à qui que ce soit, qu'il existât pour nous des situations toujours faites, des nécessités fatales. Non, rien de ce côté ne laisse le droit de penser ou de dire que nous soyons l'appoint formé de toutes les oppositions, l'appui certain de toutes les ambitions impatientes... Cela n'est pas, cela ne sera jamais. Si je pouvais croire que telle fût la pensée de ceux qui m'ont élu, je leur rendrais mon mandat ; nous ne nous serions pas compris. »

Tels sont la plupart des discours politiques de Du Gabé qui ajoutent à son œuvre oratoire. Toutefois, n'eût-il pas pu se passer de se jeter dans ce monde orageux? Il est vrai que Cormenin fit l'éloge du député de Foix ; crayonnant toutes les fortes têtes de la Chambre, il distingua Du Gabé, et, après avoir peint un orateur de manières élégantes, ayant de la netteté, de la logique et de la grâce, il ajouta : « Du Gabé est plus véhément, plus fort et soutient les mêmes opinions avec une largeur non sans mesure. » On doit reconnaître également que, si la politique ne fut qu'un écueil pour Du Gabé, la politique proprement dite ne fut cependant pour lui qu'un rapide et transitoire intermède. Notre grand avocat fît partie de

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la députation de l'Ariège pendant treize on quatorze années, prenant une part active aux discussions d'intérêt français, et ne négligeant pas les intérêts de son département. L'année 1848 le vit se retirer de l'arène politique, où il avait paru assez pour laisser entrevoir au public ses grands .talents de parole et les fécondes ressources de sa souple intelligence, et pour sentir lui-même de combien d'épines est mêlé le périlleux et laborieux honneur de représenter son pays dans les assemblées de la nation, où il faut souvent soutenir un rôle difficile entre le gouvernement et les populations dont on est le mandataire.

N'eût-il pas mieux valu que Du Gabé ne mît point le pied dans ce domaine scabreux? Cela n'aurait-il point protégé cette existence qu'on a appelée « ondoyante et diverse », peut-être à cause d'une flexibilité apparente? Du reste, voici le mea culpa de Du Gabé rentrant au barreau, après 1848, quand sa vie politique était finie; on y retrouve son retour de tendresse pour sa robe d'avocat. Il ne s'en cacha point dans un banquet qui lui fut donné par le barreau de Tarbes : « J'ai commis, comme tout le monde, bien des erreurs dans le cours de ma vie, mais la seule que je me sois amèrement reprochée, c'est de m'être trop longtemps séparé du barreau pour me mêler aux orages de la vie politique. Je l'ai surtout senli lorsque, rentrant dans son sein, je m'y suis vu accueilli comme l'enfant prodigue. »

De graves esprits tenteront de justifier ce qu'on appelle révolution de Du Gabé dans la période de 1842 à 1847, en se plaçant au point de vue de la dynastie d'Orléans et se fondant sur la consistance que prenait, croyaient-ils, dans le pays, l'établissement émané de 1830 : des institutions libérales, de magnifiques perspectives à l'horizon, la France riche et puissante, la sécurité au dedans, l'armée, la flotte,

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