RETOUR AU BARREAU
le nom français ayant acquis du prestige chez l'étranger, c'était du moins l'opinion des apologistes... On demande si toutes ces grandes choses, fermement entreprises et sagement accomplies, n'autorisaient pas peut-être même les plus hostiles à ralentir leurs attaques contre le gouvernement de Juillet, et à lui accorder au moins une trêve, si ce n'est à lui offrir la paix. On posa en effet ainsi la question : Du Gabé pouvait-il, sans rien abandonner de ses principes, se persuader à lui-même que l'heure était venue de reconnaître le bien qui s'accomplissait,- et de renoncer à des alliances organisées pour détruire?
Sans entrer dans les discussions que soulèvent les deux écoles de l'immobilité et des mouvements progressifs, il est certain que l'attitude nouvelle du député de l'Ariège ne fut ni comprise, ni acceptée par ses amis. Elle lui valut de tous côtés de violentes accusations, des attaques de toute sorte, ce qui amena la fameuse déclaration de sa dignité froissée, dans la séance du 21 février 1844. Mais, d'autre part, que répondre à ses commettants, lorsque ceux-ci lui rappelaient qu'ils- l'avaient nommé avec un mandat d'opposition, pour empêcher le nouveau gouvernement de prendre racine et de se justifier?
VIII. — 3° Il est une dernière classe de débris précieux de l'œuvre scientifique, littéraire et oratoire du grand avocat ariégeois, c'est un ensemble de discours, des rapports pour des séances académiques, des expositions et défenses de certaines entreprises d'intérêt général, concernant la région qui s'étend le long des Pyrénées, des plaidoiries, des requêtes magistrales, pour sauvegarder des institutions ou de saintes causes menacées par des hostilités que suscitaient les passions du moment.
Citons le Procès -verbal de l'installation solennelle de
394 L'ARIÈGE, IVe PARTIE [tuite et fin), CHAP. VI.
la Société des bonnes études, installation faite à Toulouse le 24 avril 1823, et qui remplit 22 pages imprimées in-folio. Du Gabé, secrétaire général de cette Société, quoique bien jeune encore, y donne connaissance des travaux préparatoires, et reproduit tout ce qui a été fait et dit dans cette séance d'installation, où se trouvèrent le cardinal de Clermont-Tonnerre, le lieutenant-général commandant la division, le premier président de la cour royale, le procureur général, le préfet du département, etc., etc., séance qui se termina aux cris de : Vive le roi ! Vive le duc d'Àngouléme !
On possède le Rapport que fit Du Gabé nu conseil municipal de Toulouse au sujet du canal des Pyrénées, projeté par M. Galabert. Ce rapport imprimé est rédigé avec cette sagesse, cette lucidité d'exposition, qui inclinent l'esprit vers les conclusions du rapporteur. Les avantages du canal projeté des Pyrénées étaient étudiés dans leur ensemble, tant sous le rapport commercial et industriel, que sous le rapport du service militaire de la frontière du midi de la France.
Citons encore la Semonce, prononcée le il février 1855, à l'Académie des Jeux floraux, dont. Du Gabé était l'un des quarante mainteneurs. Parmi les conseils académiques, lins et délicats , que le mainteneur y a édictés « pour se conformer aux volontés de dame Clémence Isaure », nous avons remarqué la belle part que faisait Du Gabé à l'influence de la famille et de l'amour maternel dans les annales de la littérature ; il rendait justice au Livre de la famille, par un de mes amis, M. Dargaud, dont j'admire le talent poétique, mais dont je n'accepte pas sans réserve toutes les idées. Du reste, Du Gabé avait l'amour et le culte des lettres ; il était visible qu'il fréquentait tous les beaux esprits de tous les temps.