L'Ariégeois «lu mercredi 8 Janvier
L'ARIEGE, IVe PARTIE suile et Jin), CHAI'. VI.
De là les plus chauds dithyrambes et des attaques à fond. Le Républicain du Sud-Ouest ouvrit le concert :
Qui, nous le déclarons, et le département tout entier le répète avec nous : à côté, parmi..., au-dessus de tous les noms de l'Ariège, celui de M, Lahorde domine incontestablement dans le coeur de tous ceux qui aiment le pays et qui ont consacré leur vie à la défense de la République. Ne nous rendons pas solidaires d'une noire ingratitude, Ilappelons-nous !
Qui était à la tête des courageux lutteurs rous l'empire ? I. aborde. Au Qualre-Seplemltre, qui dirigeait le mouvement à Foix. chef-lieu de l'Àriè.-c.' Laborde. Dais tous les moments de crise, quel est le citoyen vers lequel se tournent inslinctivemeht les yeux et que nous trouvons toujours à son poste ? Laborde Lu est- il un parmi nous plus pur, plus dévoué, plus intelligent, et, avec tout cela, plus désintéressé ? Au point de vue politique cl privé, M. Laborde est l'incarnation de la probité. M. Laborde est un de mes élonnements , et je n'ai pas l'élonnement facile. Celui-là je vous le livre avec confiance, vous pouvez le tourner et le retourner, le passer à la loupe : c'est un diamant dont rien ne \ieul ternir la limpidité, c'est-à-dire qu'il doit finir par devenir agaçanl pour certains et qu'il fait comprendre le dépit de ce raffiné qui inscrivit sur son écaille Aristide pour la déportation, fatigué qu'il était de l'entendre appeler le Juste.
Citoyen, patriote, penseur profond, philosophe aimable, orateur incontesté, il a dédaigné tout ce qui, dans ce inonde, constitue le bonheur suprême et fait casser le cou à tant d'ambitieux. A la fleur de son âge, il a dépouillé volontairement la pourpre sénatoriale avec une désinvolture qui doit plonger dans le sixième ahurissement les malheureux que le démon ûc^ grandeurs harponne de ses doigts crochus...
Un jour, dans une partie de chasse, sur un de ces pics pyrénéens chantés par nos poètes, un de ses amis lui demandait s'il n'avait jamais regretté sa démission. Juste à ce moment retentit ce bruit de frémissement métallique qui chatouille si agréablement l'oreille du chasseur et dénonce le vol du perdreau... M. Laborde, qui est un excellent tireur, fait feu, abat sa pièce, et la retirant de la gueule de son chien qui, en animal bien dressé, la lui présentait selon les bonnes règles cynégétiques: « Tiens, répondit-il à son ami, l'hermine et la chaise curule ne valent pas ce lagopède. »
Au Sénat, où il ne fit (pue passer, M. Laborde a laissé une impression profonde. J'en trouve la preuve dans ces paroles que j'extrais textuellement du Moniteur. M. le président du Sénat, annonçant la mort de M. Anglade, dit :
« De la Chambre des députés, il (M. Anglade) est venu au Sénat lorsque notre collègue, M. Laborde, a malheureusement été obligé, pour des raisons de santé, de donner sa démission. »
Dioclétien dut un jour délaisser ses murènes... Et, si les heures d'épreu- \es devaient revenir, le sénateur démissionnaire, chasseur de lagopèdes, verrait se grouper autour de lui, plus nombreux et plus dévoués, tous les bons républicains de notre pays. La grande voix ariégeoise acclamerait celui qui a été toujours notre ami et qui ne cessera jamais d'être noire chef.
« M. Laborde un « embarras m ? Allons donc ! Le citoyen Laborde... c'est notre lubanun ' !