‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 299 sur 498 · SOULE ET WEBSTER · texte numérisé non relu

SOULE ET WEBSTER

Fundy avaient une entrée trop large pour être considérées comme des mers particulières ; en outre, la baie de Fundy était bordée, en partie, par l'État du Maine, circonstance qui suffisait pour mettre à néant les prétentions de l'Angleterre.

Tel était d'abord le point technique de la controverse que M. Soulé devait aborder. Il priait M. Webster de relire la convention de 1818, et de ne pas supposer trop légèrement que les négociations américaines de cette époque avaient sacrifié, sans s'en rendre compte, les droits et la liberté des pêcheurs des États-Unis. Et cela fait, l'orateur de la Louisiane reprenait l'offensive ; il demandait pourquoi l'Angleterre venait soutenir une pure et simple question de pêcherie avec 150 canons chargés, montés et armés sur 19 vaisseaux, à l'entrée et dans le voisinage des baies de Chaleurs et de Fundy ; pourquoi la Grande-Bretagne prétendait mettre de côté toutes les restrictions du traité de 1818, qu'elle trouvait contraire à ses intérêts ; pourquoi, faisant une interprétation insoutenable des conditions qui limitaient sa juridiction maritime, elle voulait mesurer arbitrairement ces limites, de pointe à pointe (des promontoires), de sorte que les navires américains seraient ainsi exclus des baies de Chaleurs, de Miramaché, de Fundy, du détroit de Northumberland ', etc.

■ Nous citerons, sans la traduire, une page de ce discours pour ceux qui lisent l'anglais ; ils verront avec quelle aisance P. Soulé parlait cette langue. Bien mieux, on sentira quels échos avaient dans son âme la fierté et le patriotisme américain, surtout si l'on considère que, dans la première partie de sa discussion, P. Soulé avait repro-

1. Dans ces parages la pêche du maquereau, etc., était très abondante. On allait infliger d'immenses pertes aux populations de la Nouvelle-Andeterre. &

452 L'ARIÈGE, IVe PARTIE {suite et fin), CHAP. VII.

duit devant le Sénat de longs extraits d'un vieux livre sur l'énergie, l'opiniâtreté avec laquelle les Hollandais revendiquèrent, au temps de Jacques Ier, les droits de pêche dont jouissait la Hollande dans les mers britanniques , comme on disait alors. P. Soulé avait insisté sur la vaillance, sur la constance invincible avec laquelle les Hollandais , aux premières années du dixseptième siècle, affirmèrent leur droit de parcourir l'océan tout entier, et d'aller pêcher jusque dans les eaux qui entourent immédiatement les îles britanniques ellesmêmes. Pierre Soulé le prend de haut; il dénonce les nations dont la fortune est d'avoir grandi et prospéré à l'ombre de droits injustes , et qui finissent presque toujours, en usant de ces droits, par s'enivrer de leurs faciles succès, par devenir téméraires, entreprenantes, toujours prêtes à se jeter dans des abîmes de difficultés à la poursuite dun objet favori, avec l'extravagante pensée qu'il est dans leur pouvoir d'atteindre à tous leurs désirs. Il raille ces nations, avec leurs illusions omnipotentes, se figurant que tout ce qui tombe en leur pouvoir leur appartient légitimement. Et, comme il n'entend pas revêtir son idée de voiles timides, il proclame que l'Angleterre en est là.

ïhere is llial, wil.h nations whose fort une it is to hâve thrived and prqppered nnder Ihe assumption and exercise of rights whicli were not Iheirs. that they grow infatuated willi Iheir too-easily-eained successes, and become rash, and daring, and reckless ; ever ready to jump over abysses of difiiculty in pursnit of a cherished object, and in Ihe extravagant conceil that whatever they wisli to atlain it is in their power to grasp, and that whatever they grasp is legitimately theirs. Such in Enffhnd. She knows where lies the secret and the great fontain of yonr power. She loallies to see those naval nurseries of yours, alnio^t sluck to lier shore, Ihose hives of whizzing seamen pitched upon Ihe waters of what she would bave you call htr seau, and lier (juifs, and fier baijs, as so many advanced posts watching over Ihe deep, lhat none may dare to daim its maslery and hold il in Ihraladon.She cannol but look witli extrême jealousy and concern on 1 lie giowing prosperity oT Ibis country. She may think that it were well for lier, if she could bar ils progress, while it lias not yet reached ils acme. Who

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