‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 372 sur 498 · VICTOR HUGO ET XAVIER DURRIEU · texte numérisé non relu

VICTOR HUGO ET XAVIER DURRIEU

martre et Bonne-Nouvelle, c'était une indescriptible tuerie ; les massacrés tombaient en foule, éperdus; et Hugo rapporte qu'au milieu de cet assourdissement inexprimable, Xavier Durrieu le croisa comme il traversait le boulevard mitraillé. Durrieu lui dit : « Ah ! vous voilà ! Je viens de rencontrer *** qui vous cherche \ »

Chacun eut son dénouement personnel, comme il eut sa variété d'incidents et d'aventures, comme il eut son drame. Victor Hugo n'a pas achevé celui de Durrieu, quoique cependant il lui rende justice. Lorsque l'historien du 2 décembre expose l'attitude des représentants pendant les jours de lutte, il rappelle que chacun, dans les réunions, gardait son maintien d'habitude ; c'était le calme de tous les jours, mêlé à la fermeté des crises suprêmes. 11 raconte que « l'on se prodiguait pour la résistance au coup d'Etat, tantôt dans les délibérations, tantôt parmi le peuple, prouvant que, pour être orateur, il faut avoir toutes les qualités de combat. De Flotte, infatigable, était toujours prêt à parcourir tout Paris. Xavier Durrieu était brave, Dulac intrépide2. » Mais Xavier Durrieu a écrit lui-même l'histoire des événements du coup d'Etat du 2 décembre, et ses pages complètent celles de Victor Hugo. Victor Hugo est plus pittoresque, Xavier Durrieu plus sobre et plus incisif; on sent une véritable lame de Tolède dès les premières lignes. Nous ne croyons pas qu'Emile de Girardin, ni Louis Veuillot aient sous leur plume plus de mordant, plus de vitriol que n'en a employé le publiciste ariégeois, dans les portraits qui remplissent les pages 8 et 9. Sus au général Magnan ! sus au général Saint -Arnaud ! sus à Fialin de Persignyî sus à de Morny ! ont-ils dû crier sous les brûlures de ce fer rouge !

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