‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 379 sur 498 · Lettre de M. E. Le · texte numérisé non relu

Lettre de M. E. Le

3. Nous voyons dans plusieurs lettres combien Xavier Durrieu et les autres attachaient de l'importance au voyage de M. Emile Pereire en Espagne, au point de vue du succès des affaires.

L'aristocratie espagnole cultive des relations amicales avec l'ex-constituant ariégeois. Nous trouvons dans les papiers de Durrieu des lettres du marquis de M***. Un jour, celui-ci « souffrait du ventre », il s'excuse de manquer une entrevue : certes, il est permis à un marquis espagnol de souffrir ainsi. — Les notabilités diverses de Madrid, les diplomates, les financiers, les hommes importants de la politique, comme Emilio Castelar, échangent avec lui des causeries et des correspondances. — Il est lié, hors d'Espagne, avec Victor Hugo, avec la famille du duc Decazes, avec le futur ministre Duclerc, le marquis d'Aunou, etc., etc.

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ment l'espagnol, paraissait un homme complètement différent de celui d'autrefois ; il y avait eu évolution, c'était un homme nouveau.

On a quelquefois deux manières dans sa vie. La première manière de Xavier Durrieu fut la période d'opposition et d'attaque ; c'est sa vie avant l'exil. Après l'exil vint la seconde ; ceux qui l'ont fréquenté en Espagne ont rendu témoignage de la maturité et de la pondération acquises par cette riche et infatigable organisation. L'activité ne désempara jamais en lui ; mais la modification consista à passer de l'attaque à la reconstruction. Tout se ressentit, en Xavier Durrieu, des allures de la seconde manière. Toute son activité se condensa en affirmation, et l'affirmation est la mère des sérénités, de celles du cœur comme de celles de l'intelligence. Xavier Durrieu produisait, sur ceux qui avaient des rapports avec lui en Espagne, un véritable effet d'éblouissement. Il était séduisant d'esprit, de lucidité, de savoir; il avait une manière d'exposer les affaires qui était entraînante.

XXI. — Nous ne voulons pas dire que Xavier Durrieu eût changé envers ses anciens amis, une fois arrivé à la période de prospérité et d'éclat. Car c'est peut-être le plus beau côté de cette nature, essentiellement bonne et dévouée ; jamais, au plus fort des faveurs de la fortune, il n'eût une tiédeur envers ses vieilles amitiés, ni une infidélité à ses anciennes promesses. Quiconque a mis le pied dans l'engrenage des hautes affaires financières, sait combien l'individu est débordé, jusqu'à ne plus s'appartenir. Toutefois, Xavier Durrieu, grand personnage de Madrid, n'eut garde de jamais interrompre ses relations affectueuses et sa correspondance avec la famille de Victor Hugo. On peut en juger par trois lettres pleines de camaraderie, adres-

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