JOURNALISTES DEPUIS LE SECOND EMPIRE
dans Y Ariégeois.— Ses articles sous le titre de Galerie espagnole. — Il a lait l'histoire „'u château féodal dont il est possesseur. — Créateur d'un centre industriel. — Un groupe formant une autre phalange de journalistes : les Ferbeyre, Sîlvio Paoli, Victor Théron, Albert Vauthier, Marcaillou- Lépine, Cambus, Léon Dumarc, de Malroux, Paul Duché, Jules (Grégoire, Kychcnne Tiburce, Cypriani, Pellissier, S. Alquier. —M. Paul Bordes.
— Rédacteur en chef de Y Ariégeois.— Ses publications historiques et archéologiques. — Synthèse de cet esprit pondéré. — M. Philippe Bedel, de Pabat.
— Ses articles dans ï 'Avenir de VAriège.— Il se plait aux luttes théologiques. —M. Maisse, sous-intendant militaire. — Zèle pour les idées républicaines.
1. — Nous voici au journalisme ariégeois, tel qu'il s'est révélé depuis la fin de l'Empire jusqu'à ces derniers jours, c'est-à-dire dans l'espace de vingt années environ. Il s'agit de ses représentants à Paris, à Foix, à Pamiers, à Toulouse, à Saint-Girons, en Amérique, au Chili et ailleurs.
Après avoir nommé ceux des Ariégeois qui ont tracé la voie dans le journalisme, nous arrivons à leur postérité qui est nombreuse. Nous comptons plus de cinquante journalistes de l'Ariège, dont plus de trente vivants (1886) et une dizaine encore militants, nous voulons dire attachés à ces polémiques quotidiennes dont la presse s'alimente. Voici en bloc et sans classification d'opinions (car on trouvera ici le feu et l'eau) les noms de ceux qui, par intermittence ou périodiquement, ont traité ou traitent encore, dans les journaux ' de la métropole ou de la province , les affaires publiques, et dont la majorité est dans
1. Nous pouvons énumérer la plupart des journaux qui ont paru ou paraissent encore dans le pays de Foix : le Réveil du Saint-Gironnais, le Conservateur, le Réveil de VAriège, le Progrès de VAriège, le Petit Fuxéen, VAriège républicaine, le Petit Ariégeois, Pamiers républicain, 1 Ariégeois, Y Avenir de VAriège, le Journal de VAriège, Y Étoile de Pamiers, la Semaine catholique, VAriège hebdomadaire devenue Y Écho pgrénéen, le Bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de lAnège, les Annales de VAriège, la République, la Démocratie le Journal de Saint-Girons, le Bulletin de Foix, le Midi métallurgique, le Journal de Foix, 1 Indépendant de VAriège, la Montagne, la Démocratie de VA nege devenue la Démocratie illustrée, VAve?iir de VUnion ariégeoise, etc. VI* 39
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les partis avancés : MM. Napoléon Gallois, Camille de Martres, Cyrille Lafitte, Armand Silvestre , Jules Bariol, Élie Montagne, Jules de Lahoudès, Emile Darnaud, Abel Blazy, Edouard Descola, Aristide Pescaire, Escande-Voitan, Victor Pilhes, Philippe Bedel, Louis Laffont de Sentenac, Raoul Lafagette, Baille, Hippolyte Joffrès, Firmin Bonnans, l'abbé Firmin Rauzy, Jules Bayle, Théophile Silvestre, Georges Pellissier, Gaston Massip, Yictorin Vidal, Julien Dumas, Théophile Delcassé, S. Alquié, Jules Grégoire, Marcaillou-Lépine, Paul Duché, E. Lingua de Saint- Blanquat, Silvio Paoli, Abel Auriol, Victor Théron, R. Cambus, Jules Peuvergne, Maisse, Gilette, T. Saint-Félix, Paul Bordes, Albert Vauthier, Eychenne Tiburce, J.-B. Amiel de TAriège , Etienne Galy, Léon Ferbeyre, Léon Dumarc, l'abbé Périsse, Toussaint Nigoul '.
Tout nous commande de marcher rapidement, dans ces nouveaux chapitres, à travers les noms des personnages, parce que ceux que nous aurons à étudier sont encore sur la brèche, ou en sortent à peine, ou ne sont journalistes que provisoirement. Comment nous hasarder à parler, avec de longs développements critiques, sur les divers Ariégeois qui, à l'heure présente, prêtent leur plume au journalisme? Ne voit-on pas, hélas! ce cruel antagonisme des idées et des opinions qui (sans parler d'injures, de diffamation et de calomnie) s'abandonne quelquefois, envers les contradicteurs, aux violences de langage que l'on sait ? Nous passerons donc vite, rapportant, d'après les écrits parus dans la presse périodique, la part notable, distinguée, que tel ou tel écrivain, originaire du pays de Foix , apporte dans l'œuvre générale de la revendication des droits divers et
1. De tous les Ariégeois qui son! désignés dans ce chapitre, terminé en 1886, quelques-uns sont morts; la plupart *ont jeunes et commencent leur carrière de publicistes; enfin plusieurs la finissent.
NAPOLÉON GALLOIS. q\\
complexes des individus et des groupes, du passé et du présent, entre les principes et les possibilités pratiques, les doctrines transcendantes et les réalités concrètes. Le dix-neuvième siècle se croit tolérant, il l'est peut-être ; mais on a beau dire, il nous reste des progrès à faire sous ce rapport. 11 vaut mieux avouer que nous sommes peu tolérants en France, malgré les enseignements qu'un Ariégeois célèbre, Bayle, s'efforça de nous inculquer à la fin du dixseptième siècle. Pour l'intolérance en France, a dit M. Naquet avec une malice israélite, nous sommes tous catholiques. Et comment, alors, nous exprimer sur les uns et sur les autres, au milieu des querelles de clocher? Lorsque l'individu se passionne pour les questions personnelles, on est porté à penser que sa préoccupation des grands intérêts du pays est près de s'attiédir, si elle n'est éteinte.
II. — Commençons par quelqu'un qui n'est plus. Napoléon Gallois', journaliste dès l'âge de 19 ans, fils de Léonard Gallois (publiciste et historien français, né à Monaco, de parents français), fut un écrivain varié et fécond comme son père. Il travailla au Réformateur en 1834, puis au Journal du Peuple et à la Réforme, fut rédacteur du Courrier de la Sarthe, puis du Ronhomme Manceau de 1845 à J849. Il fit ensuite une correspondance politique, et rédigeait le Démocrate vendéen depuis 1850 lorsque ce journal fut supprimé après le 2 décembre i 85 f . Collaborateur du Dictionnaire de la Conversation, auteur de quelques pièces de théâtre, il a publié: un Petit Dictionnaire de nos
1. Né à Font, le 29 avril 1815. - Sa fille, Caroline Gallois, malheureuse, devenue presque aveugle, exprima en 1882 ses regrets de la mort de Ganbaldi, ami et presque compatriote de son grand -père, Léonard Gallois, colonel des armées (civiles?) de l'Ariège et de la France sous Napoléon Ier.
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grandes girouettes (sans nom d'auteur) ; Paris, 1842 ; in-I8. — Les Corsaires français sous la République ; Paris, 1847, 2 vol. in-8°. — Almanach du Bonhomme M an ceau ; le Mans; 1849.— Vie politique de Ledru-Rollin; Paris, 1849 ; in-18. — Théâtres et artistes dramatiques de Paris, donnant l'histoire de chaque théâtre et la biographie de son personnel artistique. Paris 1854-18o6, in-4°, avec portraits (Dictionnaire bibliographique Didot, t. XIX.)
Disons que M. Gallois se jeta dans la guerre de plume, où l'on se dépense jour par jour en sacrifiant les heures que demanderaient des études approfondies. Son Petit Dictionnaire de nos grandes girouettes peint tout l'homme. De la malice, des recherches minutieuses sur les biographies contemporaines, du talent pour trouver partout des informations, des observations spirituelles, des remarques quelquefois gênantes à l'endroit de personnages dont il trace le profil, voilà Napoléon Gallois. Il appartient à cette classe d'esprits qui habite la région de la mitoyenneté intellectuelle : petite phosphorescence qui s'évapore et disparaît totalement, après un moment très court de lueur.
Sa thèse, qui consistait à prouver que presque tous les hommes politiques en France, tous les fonctionnaires, tous les ministres, magistrats, etc., ne sont que des girouettes, était entachée de cette généralité qui s'appelle parler pour ne rien dire. Il a pu faire du bien à quelques hypocondriaques dont l'estomac et la rate avaient besoin d'être vivifiés et restaurés par quelque discours de médisance politique ; mais s'il a déridé quelques esprits moroses, durant les dix premières années du règne de Louis-Philippe, à quoi sert aujourd'hui son volume de 420 pages?
Contre qui n'aiguisa-t-il pas des épigrammes? Adam, maire de Boulogne ; Agier, président de chambre; le général Ambrugeac; Amilhau, président de cour royale;