PUBLICISTES DÉJÀ ÉTUDIÉS
T. Saint-Félix, Jules de Lahondès ', Raoul Lafagette 2, Théophile Silvestre3, Edouard Descola4, Gilette5, Yictorin Vidal 6, le député Massip7, qui ne sont pas des inconnus.
1. M. Jules de Lahondès écrivait des pages pleines de bon sens sur les conséquences désastreuses de certains engouements actuels en matière d'éducation. (Voir le Conservateur du 21 juillet 1872, après un discours de Gambetta.)
2. M. Lafagette, quia collaboré dans les journaux de Paris, serait aisément un journaliste de combat pour les grandes guerres, car il déteste « les polémiques de personnalités, de potins et de ragots ». Il cite luimême les journaux dans lesquels il a écrit, sans parler de ses articles donnés à la presse républicaine ariégeoise. Voici ces journaux : la Voix du peuple de Marseille, les Droits de V homme de Montpellier, YÉmanciputioji de Toulouse. A Paris, ce sont \a. Marseillaise, la Patrie en danger, le Rappel, la Jeune France, Y Homme libre dont il était rédacteur-fondateur, avec son ami Louis Blanc. — Du reste il n'était pas tendre pour Gambetta, qui dépassa, selon lui, l'Empire en cynisme autoritaire ». {Y! Avenir de VAriège du 29 avril 1883).
3. On s'est souvenu, au Nain jaune, journal de Paris, de l'humeur, de l'esprit de Théophile Silvestre, de ses boutades à l'emporte-pièce. Il rencontrait Duchène, Barbey d'Aurevilly. — Dans une de ses lettres datée de Valmondois, près lTsle-Adam, 27 janvier 1874, on le voit intrigué de savoir quelle était une soi-disant lady *** qui avait signé un certain article de la Revue de Paris, et il voulait réfuter cet article de l'année 1863 ou 1865. Il dit à son correspondant, qui avait eu un accès de goutte : « Vous avez la maladie des gens heureux ; moi, je n'ai rien. Ce n'est pas toujours ce qui me charme ».
4. Nous sommes persuadé que M. E. Descola doit faire ses réserves en matière de journalisme. Il trouve sans doute épineuse une profession où l'on se brouille par métier avec des hommes faits pour vivre en harmonie avec nous.
5. M. Gilette, de Canté, fut longtemps attaché à la Gazette de Finance du temps de M. de Genoude.
6. M. V, Vidal a écrit dans divers journaux de l'Ariège, dans les journaux de Toulouse, dans les revues de Paris (le Correspondant, etc.).
7. Nous rangeons M. Gaston Massip parmi les journalistes, à cause du discours manuscrit qu'il lut à la Chambre, concernant la construction de l'église du Sacré-Cœur, à Montmartre. Quelques-uns disent qu'il a manqué là une belle occasion de se taire. Sa thèse, appelée par quelquesuns la théorie du vol par voie législative, est loin d'avoir eu l'approbation de tous les anticléricaux. S'appuyant sur des pages deM.Morin (l'ancien conseiller municipal), M. Massip concluait à prendre cet immeuble ainsi que les millions versés par les souscripteurs, sans accorder aucune indemnité. Lorsqu'il dit s'autoriser de M. Morin, un interrupteur s'écria : « Ce pourrait être Robert Macaire ! » Cependant M. Massip, expliquant et motivant son dire comme rapporteur de la commission, fit preuve, au dire d'aucuns, d'ingéniosité. Ne voulant pas tolérer le Sacré-Cœur, il demandait
620 L'ARIÈGE, IVe PARTIE {suite et fin), CHAP. X.
Sans nul doute, ils ont accepté plus d'une fois, et dans une mesure diverse, l'office de propager la vérité et d'extirper l'erreur, en prêtant leur plume à la presse quotidienne. Toutefois la nécessité de conserver la place, et la pensée de leur avoir payé autre part le tribut qui leur est dû nous autorisent à les passer sous silence en cet endroit. Ils n'ont fait que leur devoir, lorsqu'ils avaient l'honneur de tenir la plume du journaliste ou combattaient les écarts de l'opinion, les tendances dangereuses des masses, les fausses doctrines sur l'industrie et l'économie politique, les inconvénients de la tutelle et du protectorat mal compris , ceux aussi de la concurrence et du laisserfaire effréné, en un mot tout ce qui est nuisance sociale, comme parlent les économistes. Si nous avions eu à relever les traits de leur physionomie de publicistes, nous les aurions félicités d'avoir, généralement, empêché le journal de propager la fausseté, la calomnie, la diffamation et le mauvais ton.
Lorsque nous nous tournons vers la presse départementale, il faut nous attendre à voir souvent les colonnes de journaux nourries de mesquines querelles et de rivalités locales. Néanmoins, les journalistes dont nous passons les noms en revue semblent avoir rarement touché à cet écueil. En faisant ressortir ce point qui est matière à éloge, nous aurions "rappelé, comme historien, les qualités et les aptitudes requises dans le journaliste moderne ; nous aurions mesuré jusqu'à quel degré nos xiriégeois possèdent le don d'univer-
qu'on tolérât à sa place un toupie à la libre pensée, croyant d'ailleurs qu'avec des textes de légiste L'honneur et la bourse étaient sauvegardes. Nous nous abstiendrons de réflexions.
On cite des lettres curieuses de M. Massip insérées dans les journaux. On a trouvé très piquants les tableaux que ce radical a faits des intransigeants de province (lettre du 20 novembre 1881). 11 a des mots heureux : « Ce que j'écris s'adresse à tous les hommes raisonnables qui, comme moi, n'ont que des pieds et pas des ailes ».