Article de S. Alquié
672 L'ARIÈGE, IVe PARTIE (ênile et Jin), CHAI'. X.
de se dévouer aux intérêts généraux menacés? Seraiton dominé par la préoccupation qui poursuivait l'auteur de Y Assommoir sur le compte des « plumitifs, » qu'il regarde comme plus puissants que les hommes d'action, ou du moins comme exerçant une influence plus profonde et plus durable sur l'opinion ?
Il nous reste encore des noms à consigner dans ce chapitre, car notre liste n'est pas close encore. Les Maisse, sous-intendant militaire en retraite, Paul Bordes, Paul Duché, Théophile Delcassé, l'abbé Rauzy, Philippe Bedel, J.-B. Amiel, R. Cambus, l'abbé Périsse, Etienne Galy, Abel Blazy, Julien Dumas, Élie Montagne, de Malroux, ont mis la main au journalisme avec conscience, mais non sans talent. Par eux l'Àriège montre, en ce qui la concerne, que, si l'opinion mène le gouvernement, le journaliste, jusqu'à un certain point, mène l'opinion, principalement quand le lecteur se livre d'une manière continue et exclusive à un seul et même journal.
Nous commencerons par ceux qui ne sont que journalistes d'occasion, par intermittence, à une époque de leur vie, et aborderons ensuite ceux qui appartiennent au journalisme d'une manière permanente et par profession.
XIV. — M. Paul Bordes1, deFoix, a été quelques années rédacteur en chef de l'Ariégeois, et il se faisait remarquer par la gravité de ses articles, par le ton courtois et modéré de sa polémique.
1. M. Hordes, qui avait d'abord été dans l'enseignement, a occupé, plusieurs années, If poste de vérificateur des poids et mesures. Après cela, nous le trouvons publiciste ;'i Foix, donnant dans VÂriégeois t\i'± articles nourris de science, écrits dans un style soigné, rempli de charme. M. Bordes est membre correspondant îles Sociétés archéologiques île Béziers et du Midi de la France, de La Société d'agriculture, arts et sciences de Montauban, et de l'Académie des poètes de Paris.