I .\vi AVANT-PROPOS
grand poète en 1831, Lamartine, écrivant, à son retour d'Orient : « La France aura de la haine, de la rancune, de la persécution alternative, jusqu'à ce qu'elle se tourne vers le seul espoir de toute amélioration politique, Dieu, sa loi, et la raison, sa loi innée. » Ajoutons, puisqu'on parle tant, à cette heure, des écrivains russes Tolstoï et Dostoiéwski, comme poètes et historiens de l'élan du Nord vers la liberté, ajoutons que le poète d'Albiès sera un peu le Tolstoï ariégeois qu'enflamme de courroux ce qui semble un essai d'asservissement systématiquement poursuivi contre les catholiques.
Pour ce qui est du point de vue départemental , un juge compétent s'est suffisamment exprimé sur les Poésies romantiques , religieuses et satiriques de M. Rauzy; nous n'avons qu'à reproduire cette appréciation émanée d'un académicien des Jeux Floraux :
« Le clergé ariégeois, a dit M. J. de la Hondès, conserve le goût de la culture de l'esprit et se console des malheurs du temps avec la science ou avec la muse. Tel modeste curé de campagne découvre l'existence encore mystérieuse de générations inconnues; un autre discerne avec une sagacité érudite les origines presque aussi obscures de notre histoire monastique; un troisième étudie les problèmes sociaux contemporains et particulièrement cette question si chère et, de nos jours, si douloureuse pour le prêtre, l'éducation de la jeunesse. Puis, après les naturalistes, viennent ceux qui ont choisi la meilleure part, peut-être, la fleur immortelle de poésie.
« M. l'abbé Rauzy est de ceux-là, bien que la
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polémique et la philosophie aient aussi sollicité son zèle apostolique. Il nous offre aujourd'hui un volume de vers qu'on lit sans effort comme ils ont été écrits, et la facilité n'est pas un mérite qui soit à la portée de tous.
« N'est-ce pas un travail vraiment pénible que de lire les vers de quelques-uns des décadents contemporains ? La variété de l'inspiration est un charme de plus. Tantôt c'est une plainte douloureuse sur les e'preuves du pays natal, modulée en strophes de quatre alexandrins, rythme dans lequel le poète est particulièrement heureux ; puis un petit poème sur cette étrange aventure de la Folle de Montcalm, qui se prête d'autant mieux à être chantée qu'elle semble déjà une légende, bien qu'elle ne date que du commencement du siècle; une ballade inspirée par le souvenir de cette sœur de Louis XI, Madeleine de France, qui vint donner le jour dans nos contrées à la reine Catherine de Navarre., l'une des figures les plus énergiques de notre histoire; enfin., quelques poésies intimes dans lesquelles on pourrait relever des vers plein de sentiment comme celui qui s'adresse aux amis :
Ne vous oubliez pas; l'oubli seul est l'absence.
h Nous préférons cependant les poésies religieuses qui forment la seconde série du volume. Comment s'en étonner? N'est-ce pas près de nous que nous trouvons notre idéal? Les vers ont plus d'ampleur et de sonorité. La. Messe est un beau poème noblement accompagné par Mon plus beau Jour, celui de la pre-