AYANT-PROPOS. LXV
aujourd'hui entourés de tant de prestidigitateurs sinistres, virtuoses du sophisme, de tant de rusés rompus à la stratégie des assertions éblouissantes qu'on voit battre en brèche les glorieuses origines de l'âme humaine, accueillir avec joie et triomphe les résultats prétendus du transformisme, au lieu de les subir (s'il y a par hasard conviction sérieuse chez eux) avec une tristesse navrante ? Pourquoi, sur la destinée et la fin de l'homme, nos raffinés des lettres se font-ils les Paganini du néant % et pourquoi, à propos de notre origine, cette rage de placer une tête et un corps de singe ou d'anthropopitèque dans nos berceaux? Un darwinisme gémissant se ferait excuser peut-être; un transformisme qui rit et qui gouaille... que peut en penser et en dire la vieille dignité humaine ? Merci, monsieur Rauzy, de vos deux odes la Messe et Mon plus beau Jour : il y a là de ces sentiments si bien exprimés, de ces tendresses d'une suavité tout intérieure, de ces échappées de vue qui dédommagent de nos modernes laideurs scientifiques ! Il y a, avec une profonde émotion lyrique, beaucoup de foi et beaucoup de cœur b. Je n'ai pas à vous suivre quand vous gourmandez avec courage « les mécanismes existants » , les machineries existantes du lentement, mais sûrement, mais je ne puis méconnaître une similitude entre votre rôle en 1886 et celui d'un
a. Formule qu'emploie un penseur, qui écrit des romans et des drames très applaudis, pour désigner la mobilité fugace d'idées de M. Renan sur les grands problèmes.
6. Gounod n'est pas plus tendre, musicalement parlant, dans son admirable cantique Le Ciel a visité la terre.