L'ARIEGE ET LA PRESSE
— Ses articles 'laits la tteotu des Sciences ecck aiastiqur.-i. — l>ans le Conservateur de l'Ariège. — Portée et solidité de cette intelligence. — Homme judicieux, fermement attaché à L'orthodoxie. — Sa mort en 188(5. — Grande perte pour lo diocèse de Pamiers et pour la ville de Saint-Girons. — Travailleur évangélique des plus vénérés. — Deux noms vont fermer noblement la liste de nos publicistes ariégeois, — D'abord Armand Silvestre. — Poète et prosateur. — Admiré par George Sand. — Ses œuvres en prose. — Sa gaieté et sa mélancolie. — Le Rabelais de l'Ariège. — En second lieu, un homme qui n'a pas écrit. — Anouilh, l'orgueil du barreau de Saint-Girons. — Magnifique alliance du talent et de la modestie. — Ses triomphes éclatants au début de ses études classiques. — Il a concilié dans sa carrière l'obscurité avec la supériorité intellectuelle et morale. — Sa mort a été un deuil public, une perte immense. — Sa vie aura été une protestation contre le débordement des ambitions universelles. — Sa vigueur de raison et sa science juridique l'ont fait appeler le Dufawe •de l'Ariège. — Fin du tome II des Archéologues,
I. — Nous devons achever rénumération des hommes de l'Ariège qui ont accepté, à diverses époques, les graves attributions touchant de si près à la liberté de la pensée. Dès 1839, un éminent critique i exprimait le vœu qu'on fit une histoire des journaux; il demandait qu'on se hâtât. « On est déjà, disait-il, à la décadence et au basempire des journaux. Bayle nous en marque l'âge d'or si court, le vrai siècle de Louis XIV ; il réclamait déjà luimême une histoire des gazettes. » En 1859, ce vœu obtenait sa réalisation ; mais l'auteur de Y Histoire politique et littéraire de la presse en France'1 s'arrêta aux journalistes du premier Empire. Combien, s'il fût venu jusqu'à ces derniers temps, ses colonnes et ses volumes eussent été grossis par le seul département de l'Ariège, par la quantité de soldats qu'il a fournis à la presse, combattants de toute nuance et de toute allure, forts athlètes et faibles lutteurs, libéraux et petits despotes littéraires, politiques et philosophiques !
M. Etienne Galy, originaire de Seix, est un journaliste
1. Sainte-Beuve, Revue des Deux-Monde* du 15 décembre 1839. ■2. M. Eugène Hatin.
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aririiruis dont les talents se déploient au Chili, dans « cette jeune et brillante république dont la vitalité et le génie se sont développés ces temps derniers avec tant d'éclat ». Il nous semble que, par ce compatriote, l'Ariège est dignement représentée dans les pays transatlantiques, car M. Gaiy est devenu à Valparaiso le directeur d'un journal considérable, la Colonie française, journal qui comprend six feuilles, et qui est l'organe de deux mille Français environ établis dans cette république.
Nous aimons, pour bien des raisons, à voir cet Ariége<>i> donner l'exemple de ce mouvement de nos compatriotes aux pays étrangers, pour y faire rayonner et y rappeler le prestige du nom français. On a beaucoup parlé d'un trait de notre caractère national, la timidité en affaires, la répugnance à s'établir au loin. N'est-il pas nécessaire qu'à côté de ces émigrants allemands, anglais, belges qui portent aux extrémités de la terre la prépondérance de leur pays, il y ait dans nos départements des hommes qui sachent s'arracher à la superstition du chez-soi, à la routine de la vie casanière? Négociants, industriels, géologues, journalistes, voilà que plusieurs Ariégeois vont porter la génie européen, soit dans l'extrême Orient, comme M. Brau de Saint-Pol Lias, soit sur le territoire américain, comme M. Etienne Galy. Ils prouvent qu'il y a, chez nos compatriotes, des hommes qui n'ont pas moins de courage que les Anglais pour tenter fortune en des parages lointains; et que non seulement nous pouvons viser à de grandes situations commerciales, mais que nous avons aussi l'ambition de conquérir du crédit chez l'étranger, par les ressources du talent et de l'intelligence. Voici les renseignements que nous trouvons sur M. E. Galy, d'abord administrateur, puis directeur du journal chilien la Colonie française :