M. MONTAGNE ET THÉODORE HOOK
se plie allègrement à la critique musicale, dramatique ; — Une prophétie de Nostradamus, malice sur les d'Orléans; — Dernière incarnation de M. Baile, préfet : attention au mouvement ! article plein de verve et de malice; — La part trop... Baile (changement du préfet); — Les politiciens de haute volée, une satire.
Les comptes rendus, des séances du conseil municipal de Toulouse et de celles du conseil général, forment une sorte de spécialité de M. Élie Montagne, comme Albert Millaud a celle des comptes rendus de la Chambre dans le Figaro. Après avoir parcouru, par exemple, le récit des séances du conseil municipal de Toulouse des 21 avril et 27 mai 1885, où il s'agissait de Y aliénation de la caisse alimentaire, on remarque combien le journaliste ariégeois sait rendre d'une manière vivante la physionomie mobile des réunions. Lorsqu'il résume une de ces séances, il lui arrive de traduire ces mots solennels : Et nunc erudimini, commentés jadis par Bossuet, et de dire en patois : Âlsanctus fattendi (je t'attends au Sanctus). Pour nous, en lisant le rédacteur en chef du Petit Républicain, nous nous surprenons à rêver quelquefois de ce bel esprit de Londres, de ce vaudevilliste faiseur de chansons et de calembours, qui a tant égayé la nation anglaise, nous voulons dire le boute-entrain Théodore Hook , le rédacteur en chef du John Bull.
Nous avons fait allusion à un article sur M. ***, nous en citerons quelques extraits, persuadés que M. *** est au-dessus de ces traits, mais non sans regretter que le journaliste dépense quelquefois à rendre les autres ridicules un talent qui serait plus charitablement employé.
On disait hier, devant la Porte du Divan, que M. Louis Ferai avait déjà préparé pour demain lundi une deuxième « improvisachion », lorsque le citoven L*** lui a notifié qu'en sa qualité de président de la commission départementale et d'ex-major de la Commune, il se réservait le privilège de souhaiter coram populo la bienvenue à 31. Glaize.
712 L'ARIETTE, IVe PARTIE (suite et fin), CHAP. XI.
Complétons nos informations, en ajoutant qu'un banquet de six couverts aura lieu lundi soir chez le père Lacoste, le Valellius justement populaire du quartier Saint-Etienne.
Les convives sont : le nouveau préfet, MM. *** (L.), Ferai (aîné), Ferai (cadet). Leygue (Raymond) et Dispan (de Floran)... ça dits!
Le menu a été composé par, U. "**. L. jouit d'une légendaire réputation
de lin gourmet, depuis le jour mémorable où, assis devant une casteihouriche d'huîtres mise àsacet à sec i, il lança au plafond d'un cabinet particulier du restaurant Saearon celte apostrophe à la Mirabeau : « Apportez ces écailles au peuple souverain ! »
Nous allions céder à la tentation de reproduire par le menu la carte du souper, mais nous avons pensé (pu: le brave père Lacoste ne nous pardonnerail pas cette tentante indiscrétion.
Qu'il nous suffise de rappeler (pie nous avons eu sous les yeux un précieux autographe de M. ***. Le collectionneur qui le possède dans son portefeuille ne s'en dessaisirait pas pour un hillet de la Banque de France, car il se propose de le déposer aux archives de l'Académie des Jeux Floraux ! Oui, des Jeux Floraux !
M. ***, qui a été par intermittences membre-né du cénacle d'isaure, en sa qualité de maire de Toulouse, serait-il devenu poète, après être né orateur? Nous posons la question à l'Intermédiaire des Chercheurs. Nous comptons sur le flair et la sagacité de notre ami Jean-Bernard pour avoir la solution de ce problème désormais historique. On sait que Jean-Bernard a fureté dans les archives poudreuses du passé et qu'il a exhumé les péchés de jeunesse de bon nombre de nos graves hommes d'Etat. Dans une brillante conférence qu'il fit à la salle des Capucines, Jean- Bernard révéla nrln cl orbi que MM. Humbert, llébrard et autres austères pères conscrits avaient été atteints de métromanie. Qui oserait affirmer que le sénateur sous-scellés n'a pas, lui aussi, chatouillé la Muse?
Jean-Bernard peut désormais inscrire le nom de L. *** sur le livre d'or du Parnasse politico-poétique contemporain !
Le bagage poétique de M. *** (le seid que nous connaissions jusqu'à présent), ne se compose que d'un distique ! Mais ce distique, pas plus long que deux asticots, vaut à lui seul un poème!
Le Petit Républicain aura eu l'honneur d'éditer le premier les essais poétiques de L. ***. Je lésai copiés sur le verso du menu d'un banquet mensuel de la commission départementale, Martial Baile étant préfet. M. ** qui faisait les fonctions de caporal d'ordinaire, rédigea un jour comme suit le bon à cuisiner qu'il adressa à l'amphitryon :
Monsieur le fricoteur, Nous sommes six mangeurs :
Le distique est signé et parafé ***.
Si, contre toute attente, M. ***, pris d'un accès de modestie peu en harmonie avec son caractère de franc et jovial Gascon, s'avisait de désavouer la paternité de ses deux vers, nous le prévenons que nous sommes eu mesure de lui tirer ces deux vers du nez ou, mieux encore, de lui mettre son auguste nez dans ses vers.
Poeta is est quem scriptura demonstrat.
Le *** poète ne saurait se retrancher derrière le *** avocat et nous opposer par analogie l'exception tirée du ("ode civil qui interdit la recherche de la paternité.