‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 447 sur 498 · HOMMAGE A L · texte numérisé non relu

HOMMAGE A L

Dans ce bronze on coula L. *** en immortel !

Passant, sais-tu pourquoi? Pour aller chez Vatel,

Un jour que sa fringale était inassouvie,

Il enfourcha Pégase une fois en sa vie !

Sans le savoir L. *** avait pondu deux vers,

Isaure a couronné son front de lauriers verts !

Que ne peut-il jouir de sa gloire posthume!

Atropos a tranché ses jours pleins d'amertume.

Vivant, il eût pu mettre en sauce le laurier!

Le tournebroche fut son attribut guerrier.

Un jour ce grand martyr des discordes civiles,

Enchainè dans les fers, traversa plusieurs villes.

Quand on l'eut écrouè dans la geôle de Pau,

Savez-vous les tourments que l'homme au grand chapeau

Dut endurer avant d'aller sur les sellettes?

Tandis qu'il savourait des salmis d'alouettes,

Près de lui son copain, frère et ami Jacob,

N'avait pour tout régal que le brouet de Job !

Or le bourgeois traité comme un vrai eoq en pâte

One à frère Jacob n'offrit la moindre patte.

Ceci soit consigné pour les gens ombrageux

Qui verraient en L. *** un démoc partagenx!

Comme un jambon fumé le laurier le couronne,

Sa gloire rejaillit sur la Haute-Garonne !

XT. — Partout c'est l'homme de l'esprit et du trait mordant. Comme la France a été gratifiée en janvier (1 886) d'un nouveau ministère, et que le ministre de la marine, homme fort distingué, l'apôtre de la torpille et des torpilleurs, se nomme l'amiral Aube, notre rédacteur n'y tient pas et, dans un article où il se plaint de l'attitude qu'aurait eue à la préfecture, au premier jour de l'an, M. de Montpezat, rece-

714 I/AFIIÈGE, IVe PARTIE {suite el fin), CHAI'. XL

veiirdes finances, il ne peul résister à jouer sur l'idée d'atipore, il s'exprime de la sorte : « Nous souhaitons que le nouveau ministère dont Y Aube commence à poindre, se signale par un acte d'énergie à l'égard des fonctionnaires qui traitent comme de vulgaires pékins les représentants du pouvoir central. » Jusque dans ses attaques, dans ses malices contre le clergé, M. Montagne montre qu'il a — non pas la mesure, la réserve — mais la note gaie, la note comique. Si le rédacteur du Petit Républicain, loin de chercher à plaire aux catholiques, saisit toute occasion de les ennuyer, c'est son affaire !, sauf à laisser regretter qu'il dépasse plus d'une fois les limites. Sans doute M. Montagne tient à prouver par son exemple que la belle humeur française n'a pas disparu, mais le respect ne s'imposait-il pas au moment de raconter comment avaient eu lieu les réceptions du premier de l'an chez son Eminence le cardinal de Toulouse? Après un mot des réceptions du recteur et du préfet, sur lesquelles il glisse rapidement, M. Montagne, abordant la réception de l'archevêque, em-

1. 11 serait regrettable que M. Montagne, qui a de l'esprit jusqu'au bout des ongles, tournai à l;i monomanie sur les choses religieuses. Des tirades trop souvent réitérées finissent par laisser supposer qu'on a l'imagination hantée par des spectres (gouvernement des curés), ou qu'on suit eu mouton un courant établi d'une manière factice. Lorsque lePetit Républicain adresse aux vaincus d'aujourd'hui, aux habits noirs, le mot de « sinistres croassements », nous ne l'approuvons pas pins que nous n'approuvons dans le camp contraire, qu'on réplique aux vainqueurs d'hier par le mot de « plats et serviles perroquets de l'opportunisme ». Pourquoi s'empresser de publierun prétendu télégramme de Léon XIII au comte de Paris, après les élections du 1 octobre 1885, sans se donner le temps de remarquer l'invraisemblance qui sautait à tous les yeux? N'était-ce pas mettre les lecteurs sérieux dans lapénible alternative de contester ou la clairvoyance ou la bonne foi du Petit Républicain? Pourquoi ce1 article Le* Candidats du pape el celui à Jacques Bonhomme; le Bulletin de vote ou la Fourche, etc. ? Et cet autre V Agence céleste, l 'Immaculée-Conception ? Pourquoi les articles empruntés aux journaux dé Paris par le Petit Républicain, avec un choix intentionnel, port eut -ils souvent la nuance d'attaque aux idées religieuses, comme dans les questions de la crémation, de l'origine de la femme selon Camille Flammarion, etc., etc.?..

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