‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 48 sur 498 · MARC-ANTOINE DE FOIX-FABAS · texte numérisé non relu

MARC-ANTOINE DE FOIX-FABAS

rendus des travaux de nos archéologues, à dresser des catalogues des anciennes familles, des statistiques des antiquités, des objets d'art, des vieux monuments que l'Ariège renferme. Nous devons, en même temps, trouver une place pour les hommes du pays de Foix qui ont fait valoir la terre natale par des talents appliqués aux diverses branches des sciences morales et sociales, afin de rendre complètes nos listes des Ariégeois qui ont agi par la voie scientifique. N'avons- nous pas à mettre au jour la section de la pédagogie ou de ceux qui se sont voués à l'instruction publique ; la section des orateurs profanes ou sacrés, des Ariégeois qui ont brillé dans l'éloquence politique, judiciaire ou ecclésiastique; la section des écrivains de morale ou d'études sociales ; la section de ceux qui ont employé le roman ou les pièces de théâtre comme moyen d'enseignement ; celle des critiques d'art et des conférenciers, celle enfin des journalistes ou publicistes?

Abordons, tout d'abord, ceux qui ont brillé dans la haute pédagogie, et procédons avec ordre à l'égard de nos éducateurs et promoteurs de culture intellectuelle. Autour d'un nom qui les domine tous, celui de Joseph Lakanal, nous grouperons les noms de ceux qui ont eu « la foi en l'éducation, en sa puissance civilisatrice et moralisatrice, » et surtout de ceux qui, descendant des hauteurs du monde théorique, se sont dévoués en mettant pratiquement la main à l'œuvre, pour élever patiemment les nouvelles générations.

Sans remonter aux temps qui précédèrent la réunion du comté de Foix à la couronne de France, pour ne pas secouer la poussière des vieux monastères de l'Ariège, où brillèrent jadis plus d'un précepteur plébéien, nous rencontrons d'abord Marc- Antoine de Foix-Fabas , qui représente les éducateurs des princes et des rois. Viendront à sa suite les

4 L'ARIÈGE, IVe PARTIE [suite et fin), CHAP. I«*.

éducateurs du clergé, de la bourgeoisie et des classes populaires, les éducateurs d'autrefois et les éducateurs d'aujourd'hui.

Entré au noviciat de la compagnie de Jésus en 1643, à Toulouse, et devant fournir une carrière fructueuse et honorable, Marc-Antoine de Foix ' fut homme de lettres, théologien, prédicateur, professeur, recteur, provincial, donnant dans ces postes successifs sa mesure d'esprit sagace et bien équilibré. Presque contemporain de La Rochefoucauld, mais étranger à ses exagérations sur la question de Tégoïsme humain et de l'amour-propre, Marc-Antoine de Foix ne se proposa point de laisser, comme l'auteur des Maximes, de petits chefs-d'œuvre aux esprits délicats. Toutefois, pour un homme de lettres, ses ambitions furent à la fois hautes et simples. Il écrivit un livre sur Y Art d'élever un prince2, un autre sur Y Art de prêcher la parole de Dieu 3 ; il donna aussi un traité sur les faits dogmatiques*.

On a vanté son Art de prêcher la parole de Dieu comme l'ouvrage d'un homme instruit de la littérature sacrée et profane 5. Mais c'est surtout son Art d'élever un prince qui eut un « succès rapide » et de bon aloi. Loin de se perdre en des aperçus extraordinaires, l'écrivain de Fabas n'avait garde de négliger les choses communes et simples. Il allait

1. 11 naquit au château do Fabas, diocèse de Couserans, le 1er mars 1627.

2. Un volume petit in-8° de 290 pages, qu'on attribua d'abord au marquis de Vardes. C'est un livre imprimé en beaux caractères en 1688, avec plusieurs gravures et une épitre au duc de Bourgogne. Le vrai titre est Y Art de former V esprit et le cœur d'un prince.

3. Un volume in-12 de 500 pages; Paris, 1687. Il est dédié à Mgr Hyacinthe Serroni, premier archevêque d'Albi, et se termine par une excellente table analytique, qui occupe douze pages.

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