ESQUISSE ET HISTOIRE
Au nombre des livres de mon excellent et docte père , il y en avait un que mon frère et moi nous avons souvent feuilleté dans notre enfance, et qui doit être fort rare. Il en fit don à un ami, à cause de moi. J’ai depuis, bien vu, bien feuilleté des livres : jamais autre exemplaire n’est venu sous mes yeux. C’était un petit in-folio oblong, relié en beau parchemin, que le temps avait jauni, presque doré. Chaque page était couverte d’une vieille gravure à l’eau forte, représentant une ville d’Allemagne avec une figure allégorique placée sur le premier plan ; au-dessous était un dicton, allemand d’un côté, latin de l’autre, autant que je puis me le rappeler. Mon frère, avec sa plume, qu’il savait tenir à peine, cherchait très-patiemment à imiter ces vieilles gravures, et je crois que c’est à cet exercice d’enfant qu’il a dû la facilité de dessin par laquelle il s’est distingué.
Une de ces allégories , posée je ne sais plus devant quelle bonne ville, consistait dans une figure de bouc, bien barbue , que je crois voir encore : au-dessous on lisait ce dilemme :
. Lequel de la Barbe ou de l'Homme est le plus ancien ^