LE SYSTÈME
I. — État du crédit en France, à la mort de Louis XIV. — Premières opérations financières de la régence.
Louis XIV laissait la France dans le plus triste état que l'on puisse imaginer. Un publiciste financier d'une grande érudition esquisse ainsi la situation du Trésor à la mort de ce roi qu'il serait inopportun d'appeler grand en ce moment :
« Louis XIV laissait à son successeur, à un enfant de cinq ans^ ces tristes fruits de sa dernière guerre : 86.009.310 livres en rentes dont le remboursement aurait coûté plus de deux milliards * ; 542.063.078 livres en charges et offices divers et en augmentations de gages; 596.696.959 livres en billets divers; 137.222.259 livres en dépenses anticipées sur les revenus des années suivantes; et environ 185 millions de dettes diverses doat le paiement n'avait pas encore été assigné; en total une dette de plus de 3.460.000,000 \ »
Ce n'était rien encore que cela ; avec de l'ordre et du temps on eût fini par en sortir ; mais il y avait chaque
' Rentes perpétuelles ou viagères, intérêts de cautionnements.
2 É. Levasseur. Recherches historiques sur le système de Law. Paris, 1854, pages il et 12. et Appendice A. Nous avons grandement profité des travaux de ce savant historien.
k HISTOIRE DES BANQUES EN FRANCE.
année un déficit écrasant. Le budget annuel, tel que nous le présente M. Levasseur pour Tune des dernières années du règne deLouis XIV (1707) donne les résultats suivants: